Chapitre 2: Je déteste internet ou internet me déteste, je sais pas trop.
Je me demande au moins une fois par semaine "non mais comment j'ai réussi à me foutre dans cette situation". Faut pas croire, je réfléchi très souvent avant d'agir - ce qui rend tout le truc encore plus improbable. Mais cette fois, c'était pas le cas. J'me suis juste dis que je ne risquait rien après tout: je l'ai juste rajouté sur l'un de ces réseaux sociaux qui nous rendent totalement asociaux. Me disant que c'est un genre de "premier pas 2.0" et que ça lui donnerai une excuse de début de conversation... Mais lui, m'a juste rendu la pareil en me rajoutant. Non mais... non, ça fout tout en l'air là! Qui fait ça sérieux... Merde quoi: maintenant on est deux cons qui se suivent sans rien dire. Deux psychopathes.
J'ignore quand j’ai perdu ma capacité à être romantique. Je ne crois pas au coup de foudre, au destin et à tout ce bazar. Il me faut deux trucs pour me faire croire que ça peut, éventuellement, marcher: une bonne alchimie et un bon timing. Et là, côté timing c'est totalement ridicule, on arrive à 3 semaines après s'être croisait à une fête et presque deux de passivité (numérique)... Côté action, c'est digne d'un épisode de Dawson Creek. Qu'est-ce qui m'a pris... J'aurais du y aller franchement. Un genre de texto en mode morse: "toi (stop) moi (stop) un verre (stop) pub?".
Pour continuer du côté des clichés, la situation me prenait tellement la tête que j'en ai parlé à mon BFF gay après quelques verres. Ce qui a vaguement donnait un truc du genre: "non mais je fais quoi du coup là?! Ça rend fou." "c'est moi hein? Je suis sûr que c'est moi, je me prends toujours la tête pour rien." "Quoi? lui envoyer moi un message maintenant? OK mais je dis dire quoi, son instagram c’est un alibi de mec en gueule de bois" “c'est tellement nul cette histoire putain..."."Oui, juste un demi de Smithwicks. Merci."
Conclusion, lui qui me dit qu'il est sûrement timide, probablement parce qu'il est jeune. Okay très bien donc je vais laisser du temps à Bambi et continuer à me lamenter de mon karma nase en matière de rencontres amoureuses. J'avais pourtant rien demandé à personne moi, j'avais même décider de supprimer la veille cette application qui te fait croire que rencontrer quelqu'un c'est comme faire ses courses. Réduisant au passage l'idée que "c'est pas que la beauté physique qui compte" en poussière, atomisée, écrasée sous un bon tas de choix bien superficiels. Si on avait des doutes avant... là...
Du coup j'étais a cette soirée pour Halloween, le genre de soirée où tu sais pas si tu dois t'investir vraiment pour ton costume ou si, sur un malentendu, ça peu passer... J'avais misé sur l’option petit b) avec une tenue originale mais que je sais au fond, j'aurais très bien pu mettre le mardi suivant. Donc je sais pas si c'est mon style qui fait halloween toute l'année ou si cette tenue ne l'était pas assez... Pour ce qu'il en est de la fête, je connaissais franchement personne. La soirée était organisée par le pote de ma coloc que j'avais croisé trois fois. Dans cette situation tu sais pas si tu peux dire que tu connais la personne ou pas, mais c'est pas non plus un inconnu... Dans le doute j'ai pas arrêté d'avouer que j'étais "la coloc d'une amie du gars en question". C'était chiant. C'était long. Et après quelques verres c'était pas clair.
J'avais repéré ce gars. Grand, beaux yeux et gentil sourire. Sauf que j'avais rien dis, parce que je savais que c'était un ami de l'ami de ma coloc (je vous l'avais dis, c'est chiant) et que forcément ils avaient le même âge. C'est à dire: jeune. Pas trop jeune "puni par la loi", juste que j’ai officiellement rejoins la deuxième moitié de la vingtaine quand lui... c’est juste pas le cas. Et 4 ans, selon la situation, ça fais beaucoup. Du coup j'ai fermé ma gueule.
Ma coloc m'a avoué une heure plus tard "je le trouve mignon le gars là. Au fond." Et merde... "Grave il est chou". Bah ouai, je vais pas lui mentir et j'ai déjà trop bu pour pouvoir faire genre "Qui?? Ah bon?! J'avais pas remarqué". De toute façon il est trop jeune. Les heures ont défilé, on a établie un camps dans la cuisine: on a beau aller dans une soirée où on connaît pas grand monde en faisant semblant que ça va aller, c'est pas pour ça qu'on va être au milieu du dance floor comme si on était à la maison. En plus c'est proche du frigo, le blanc sera toujours frais. Ça fait 10 ans que je me retrouve dans les cuisines d’inconnus... Faut croire que je suis la pote qu'on ramène toujours chez les autres. Bref. La cuisine c'est parfait: c'est petit, tu croisera tout le monde mais pas tous à la fois. Et je sais pas comment mais on s'est retrouver a parler à ces gars. Cools. Drôles. J'ai pas essayé de draguer qui que se soit ce soir là. J'ai juste été moi, saoule, dans une tenue bizarre. C'est tout. J'ai continué de parler avec Bambi, il m'a fait rire, je l'ai fais rire, j'ai fini mon verre et jai suivi ma coloc quand elle a voulu partir.
Le lendemain elle m'a avoué avoir parler à son pote pour savoir si elle avait ses chances et que d'après sources sûr j'avais tapé dans l'oeil de Bambi. Et voilà. Voilà comment je me retrouve dans cette situation. Ma coloc me donnant une sorte d'autorisation pour tenter un truc et moi, le cul par terre me demandant quoi faire. Et du coup j'ai fais de la merde... L'informatique nous aidera pas les gars... "Siri comment sort-on d'une mini situation potentiellement foireuse"... "Siri help: je suis coincé entre 0 et 1"... "Siri oubli ça, je vais aller prendre une douche, ça va passer".