Chapitre 16: “Doc ça me reprend”
On parle souvent de l'importance de faire confiance aux autres, à notre famille, nos amis proches, la personne qui partage votre lit. Mais comment faire pour se faire confiance? Après tout, on est la première personne qui partage notre vie.
J'ai toujours souffert d'une piètre confiance en moi. Mais je n'avais jamais réalisé à quel point c'était un problème. Jamais réalisé que je doute de tout ce que je fais. Doute de chaque compliment que je reçois. Doute de chaque mots que je prononce. Doute de chaque silence... Doute de ses silences... De se qu’il voit, de se qui pense sur moi...
Et ça commence à me faire peur. J’ai peur de décider de fuir à nouveau, de partir avant d'être trop attachée. D’avoir l’impression d’être enlisée dans le sable de mes peurs, de mes angoisses et de mes blessures encore mal cicatrisées. De tout gâcher, sur un coup de tête, car je suis pas sur que je peux assumer le moindre sentiment. Et évidement faire quelque chose de con, de très très con. Un truc qui blessera plusieurs personnes...
J’ai l’impression d’être face à un test. Qu’un jury va noter si je prends les bonnes ou les mauvaises décisions et si je fais ça en un temps jugé correct. Oui, “on en reviens à cette peur d’être jugé” dit mon psy imaginaire. Un mec vieux avec une grosse moustache blanche, un costard marron à carreaux et une pipe dans les bois foncés au bec. Il réajuste ses lunettes en demi-lunes, plisse un peu les yeux et pause son carnet de note sur ses genoux. “On en est encore là Ines? Vraiment? Mais on avait décider de tourner la page pourtant. Je me rappel t’avoir fait réaliser que tu es capables de beaucoup. Alors il faut arrêter avec ce syndrome de l'imposteur hein! Okay c’est 80 euros, à la semaine prochaine”.
Alors il est peut être temps que je me laisse une chance et d’économiser un psy. Que je réalise que je suis pas la pire. Que je suis imparfaite mais parfois jolie. Que j'ai le droit à ma part de bonheur après tout ça. Après tout ce temps. Après toutes ces coupures. Après toutes ces claques silencieuses et mes maux du à leurs mots... Il est peut être temps de commencer à me faire un peu confiance. De me tendre la main, pour attraper la sienne. Me permettre de ne plus écouter toutes ces pensées obscures qui tournent dans ma tête. Juste être, l'espace d'un instant, la partie de moi qui me manque souvent. Être un peu plus douce pour sois. M'accorder la capacité de respirer.








