C’est le seul livre que j’ai lu de David Vann. Il a reçu des éloges et des récompenses, alors je suis prête à parier que ses autres livres sont d’un calibre aussi élevé que celui-ci. A Mile Down : The True Story of a Disastrous Career at Sea m’a instantanément accrochée. La magie de l’écriture est à la fois bourrée de détails et clairement organisée, de sorte que vous puissiez prendre autant de détails qu’il vous en donnera, car vous savez qu’il les a mis en ordre logique et attrayant. En ce qui concerne le fait que soit une histoire vrai, vous sentez absolument que tout s’est passé comme il l’a dit, avec autant d’enthousiasme pour l’exactitude, mais cela ne veut pas dire que cela devrait être le cas. Peut-être une histoire fictive d’une carrière désastreuse en mer aurait-elle été plus sage d’écrire.
Les mémoires de Vanne couvrent l’aventure, la tragédie, la renaissance, l’amour, l’amitié, la compétition, la déception, l’espoir, l’exaspération, la crédulité, la confiance, l’impuissance, le destin, la réflexion, la persévérance, la regret, la folie et la débrouillardise. Je pourrais probablement énumérer18 autres thèmes, il en est tellement rempli. Un thème omniprésent en particulier doit être nommé, et je ne le fais pas pour de mauvaises intentions, mais simplement pour diffuser mes impressions. Son livre est teinté de façon désagréable de chicane, et je pense qu’il le sait. Même si la lecture m’a plu, je ne peux pas me permettre de penser à une histoire louche et au malaise de l’écrivain, ce que je trouve assez évident.
Depuis le début, dans toute sa complexité passionnante, je suis stupéfait par sa liste de fautes de construction de bateaux signalées par son partenaire commercial, Seref. Pourtant, Vann se lance, assumant ainsi la plein propriété des fautes, même cachées que nous savions tous étaient tenus de montrer la face. Port après port, il s’accroche à l’épave d’un navire et écrit l’histoire pour que nous puissions l’entendre comme une série d’événements malheureux, alors qu’il ressorte clairement de son compte rendu approfondi qu’il a non seulement compris dans quoi il s’embarquait, mais soi-disant capable de remords et d’amélioration, sauf qu’il ne le prouve jamais simplement en termes de navigabilité, ce qui est très fondamentale pour la réalisation de tous les rêves sur l’océane bleu.
Je crois en la poursuite du scandaleux et du mythe, comme le prouvent mes pas (et mes faux pas) pour refonder mon propre chemin de vie. J’aime une histoire comme celle-ci, mais je le vois de l’extérieur, fière de ses réalisations mais penaud de la bulle de savon qu’il a fournie à l’argent, à la confiance, aux vies, aux biens, au temps et au talent. Ici, je vais le dire : je pense que lui et sa femme ont coulé délibérément ce bateau. Ils ont concocté l’histoire avant ou après, mais ce n’est pas parce c’est un bestseller que son arnaque n’est pas moins grave.
Je contemple les mots ci-dessus après avoir eu du mal à les écrire la nuit précédente et d’être venus insatisfaits de mes conclusions. Puis, après une lecture fortuite d’un essai d’Ariel Saramandi dans lequel elle met en lumière les accusations de harcèlement sexuel contre le poète décédé Derek Walcott, que j’ai déjà rencontré lors d’une série conférences animées par mon alma mater. J’étais impressionné par son art et, de plus, j’aimais beaucoup notre conversation brève mais dénuée de sens dans la file d’attente des dédicaces. Mais vous ne pouvez pas enchâsser l’humanité, pas plus que vous ne pouvez la condamner. Vous prenez des mesures, vous observer, vous apprenez, vous parler. Elle écrit : « Can you separate the artist from his art? Art, when it is recognized, when it is bequeathed awards … elevates the artist, deifies them even, in this celebrity culture. The artist obtains privileged positions, events, deals, money, tenure. They exert even greater influence and power, as long as they continue to produce, as long as their talent remains intact or grows. This status enables the artist to continue producing art. The work and the person are indissoluble in this respect. The trampling and abuse of others along the way to artistic stardom (or once such stardom is obtained) is also indissoluble from the work of art. »
Bien écrire est une chose, écrire la vérité une autre et écrire avec honorablement en est une autre. Je me réserve le droit d’annuler mes sentiments agréables d’origine sur le livre, et de dire que j’ai été dupé. Je vois que l’auteur est actuellement professeur d’anglais et d’écriture créative dans une université anglaise. Je crois en la rédemption et lui souhaite du succès dans le meilleur sens du terme.