Les 3 chansons qui m'obsÚdent et que j'écoute en boucle depuis une semaine :
- The.Elevator, Changeline
- Manchild, Sabrina Carpenter
- Dracula (Jennie Remix), Tame Impala et Jennie

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Les 3 chansons qui m'obsÚdent et que j'écoute en boucle depuis une semaine :
- The.Elevator, Changeline
- Manchild, Sabrina Carpenter
- Dracula (Jennie Remix), Tame Impala et Jennie
Jour 11 - Une liste qui n'est pas une liste de courses
- PĂątes
- Sauce Tomate
- PQ
- Dentifrice
- Légumes (qu'importe)
- Tofu fumé (le bleu)
- Dire Ă Sergio que son sourire me fait manquer un battement
- Litchis
- Dessert végé
Je crois que j'ai enfin trouvé une bonne méthode pour hacker mon cerveau !
Le principe, c'est de tirer au sort une tĂąche Ă effectuer. Ăa a l'air de bien marcher pour moi et pour plusieurs raisons :
- y a un cÎté un peu stimulant et rigolo à fouiller dans un pot parmi des papiers et à tirer au sort le truc qui va occuper ma soirée : ça c'est pour le shot de dopamine
- y a aussi le fait de pas avoir la sensation d'ĂȘtre noyĂ© sous un nombre ingĂ©rable de trucs Ă faire : je pioche 1 truc, je fais ce truc et basta. Et si je suis motivĂ© j'enchaĂźne avec autre chose, mais dĂ©jĂ 1 truc dans la soirĂ©e c'est bien
- dans le mĂȘme genre, bah c'est pas moi qui choisis ce que j'ai Ă faire. C'est pas un choix que je fais, c'est un truc que je m'imposes, du coup je sais pas comment expliquer mais moi ça m'enlĂšve une Ă©norme charge mentale
- y a un cĂŽtĂ© satisfaisant de se dire qu'Ă un moment le pot sera vide et que j'aurai tout fait (mĂȘme si le principe c'est de l'alimenter quand mĂȘme, mais chhhht !)
- j'ai un peu complĂ©tĂ© le truc avec des papiers qui ne sont pas des tĂąches mais des rĂ©compenses, ou des temps pour moi (lecture, vernis Ă ongle, sortie roller, etc...) : ça permet d'avoir ce petit frisson en plus de se dire que je vais peut ĂȘtre me faire kiffer alors que j'Ă©tais parti pour un truc chiant
VoilĂ . C'est le premier soir, j'ai piochĂ© : "envoyer des messages Ă des ami·e·s" Ăa m'a fait pleurer. Je me suis dit juste avant de mettre ma main que c'Ă©tait le papier sur lequel je voulais le moins tomber, celui que je voulais le plus procrastiner et qui semblait me demander le plus d'efforts. Et c'est incroyable que ça ait si bien marchĂ© du coup. Je me sens assez seul, mais je m'autorise pas Ă contacter des gens pour leur demander de leurs nouvelles ou qu'on se voie, alors que ça me ferait trop du bien, j'ai besoin de recrĂ©er du lien. Le fait de mettre ça sur un papier qui me dit que lĂ , maintenant, c'est ça et rien d'autre que j'ai Ă faire, ça m'a tellement soulagĂ©, ça m'a tellement permis de me concentrer sur ça. Ouf en vrai.
Et dernier truc. D'habitude je rentre et je m'allonge sur mon lit (parce que mon canapĂ© est aussi mon lit) et ça aide pas non plus ça, c'est beaucoup trop confortable et sĂ©curisant pour en sortir donc c'est lĂ souvent que je reste des heures sur mon tĂ©l. LĂ je me suis assis sur un marche-pied un peu haut qui trainait, et c'Ă©tait inconfortable, du coup j'ai pas eu envie de m'Ă©terniser et ça m'a poussĂ© Ă me lever pour faire autre chose. Vraiment c'Ă©tait un soulagement ce tout petit truc de petit papier piochĂ© au hasard đ„°
Jour 10 - Le dernier humain sur terre
Waffa se prépare pour son rituel d'élévation. Elle a hùte, elle a peur. La derniÚre fois, on en avait envoyé quinze comme elle. Cette année, avec elle, ça fera sept. Le peuple souterrain de la zone 22 a connu une épidémie sans précédent qui a fait des dégùts : beaucoup d'enfants promis·e·s à la surface sont mort·e·s avant de pouvoir tenter leur chance.
Waffa a vu des gĂ©nĂ©rations s'Ă©lever vers la surface. Une annĂ©e, elle avait dĂ©sobĂ©i et enfreint les rĂšgles que la communautĂ© impose Ă celleux qui, comme elle, avaient Ă©tĂ© choisi·e·s parmi les sien·ne·s pour avoir l'honneur d'ĂȘtre envoyé·e·s dans l'ancien monde du dessus. C'Ă©tait un privilĂšge accordĂ© Ă peu de monde : Waffa avait eu de la chance. Une annĂ©e donc, elle s'Ă©tait faufilĂ©e parmi la foule, le visage voilĂ© par un tissu lĂ©ger et les marques de ses mains dissimulĂ©es sous des manches longues : personne ne devait savoir qu'un·e Ă©lĂ©vateurice se trouvait hors du Sanctuaire le jour de la redescente. La machinerie cĂ©leste s'Ă©tait activĂ©e alors qu'elle avait rĂ©ussi Ă atteindre les barriĂšres les plus proches. Le processus de redescente prenait un temps infini : le peuple, avec les annĂ©es, s'Ă©tait enterrĂ© toujours plus profond dans les entrailles de la planĂšte. Lorsque la passerelle fut enfin visible, la foule rĂ©unie poussa des cris et entonna des chants sacrĂ©s : des paroles d'accueil et de bĂ©nĂ©diction. Waffa vit la passerelle se poser au sol. De lĂ oĂč elle Ă©tait, elle ne distingua qu'une seule silhouette. Une dizaine d'adultes se prĂ©cipita pour porter le corps qui s'Ă©tait affaissĂ© sur lui-mĂȘme. La jeune fille, Ă mesure que le cortĂšge s'approchait, sentit ses tripes se serrer. Elle retint de ses mains un hurlement soudain, lorsqu'une fois Ă son niveau, le jeune corps d'Ă©lĂ©vateurice lui apparut dans toute sa rĂ©alitĂ© : un amas de chair brĂ»lĂ©e, que chaque mouvement involontaire de celleux qui le portaient faisait gĂ©mir de douleur. Leurs deux regards se croisĂšrent, et le temps s'Ă©tira pour que ces deux-lĂ , dans le court battement que dura leur rencontre, se reconnaissent dans les souffrances et les peurs de l'autres. Au mĂȘme moment, un vieil homme reconnut sur les mains que Waffa avait dĂ©couvertes, la marque des Ă©lĂ©vateurices. Au premier cri de surprise qu'il poussa, elle avait fui en courant avant qu'il ne donne l'alerte. La rumeur avait circulĂ© q'un·e Ă©lĂ©vateurice avait assistĂ© au rituel de redescente, sans que Waffa ne soit jamais inquiĂ©tĂ©e. Depuis, ses nuits sont hantĂ©es par le visage boursouflĂ© de brĂ»lures qu'elle a croisĂ© et qui lui rĂ©pĂšte, en songe : "n'y vas pas, n'y vas pas..."
Waffa est prĂȘte dĂ©sormais. C'est le grand jour : celui de son Ă©lĂ©vation, de leur Ă©lĂ©vation. Iels sont sept, toustes se connaissent et ont grandi ensemble dans le Sanctuaire, prĂ©praré·e·s toute leur jeune vie pour ce moment unique. Dans leur tunique de cĂ©rĂ©monie, les Ă©lĂ©vateurices de la 78e gĂ©nĂ©ration se dirigent d'un pas coordonnĂ© vers la passerelle. Le peuple de la zone 22 s'est rĂ©uni tout entier pour ce moment rare et sacrĂ© de leur vie souterraine. En tout, la cĂ©rĂ©monie d'Ă©lĂ©vation dure prĂšs de trois sabliers : les Ă©tapes de prĂ©paration Ă l'Ă©lĂ©vation, nombreuses et trĂšs protocolaires, se font sur le temps long.
Les sept Ă©lĂ©vateurices de la 78e, que chaque habitant·e de la zone 22 vĂ©nĂšre comme des entitĂ©s divines, sont prĂȘt·e·s. Waffa, au milieu des autres, entend la voix de ses songes lui dire de ne pas y aller. Elle le sait : elle ne peut Ă©chapper Ă sa destinĂ©e. La passerelle s'ouvre, les sept entrent. Une priĂšre de silence est observĂ©e. Enfin, la passerelle s'Ă©lĂšve.
Waffa ferme les yeux. Elle n'entend que le moteur de la machinerie céleste emporter la passerelle, et les chants d'adieu lointains de ses semblables. BientÎt, c'est le vide qui dévore chacun·e d'elleux.
L'Ă©lĂ©vation est si longue que le noir qui l'habille dans les trĂ©fonds du sol plonge chacun·e dans une transe mĂ©ditative. Waffa n'a reçu qu'une seule image de la surface, dans laquelle son esprit embrumĂ© se rĂ©fugie : celle, relayĂ©e depuis des gĂ©nĂ©rations, d'un paysage fait de vert et de bleu, parsemĂ© de quelques touches de couleurs chatoyantes Ă diffĂ©rents endroits. C'est le paradis qui les attend, mais mĂȘme ivre de cet idĂ©al, Waffa garde en elle le visage boursouflĂ© qui lui souffle que rien de beau ne se trouve lĂ -haut, que cet horizon qu'iels tentent de rejoindre, gĂ©nĂ©ration d'Ă©lĂ©vateurices aprĂšs aprĂšs gĂ©nĂ©ration d'Ă©lĂ©vateurices, n'est qu'un souvenir Ă demi-effacĂ©, une certitude que le temps aura Ă©rodĂ©.
C'est une secousse qui sort les sept de leur torpeur : iels sont arrivé·e·s. Chacun·e connait son rĂŽle, c'est un savoir qui se transmet depuis longtemps : bloquer le mĂ©canisme qui retient la passerelle en surface, remonter les marches du Palais du Haut, pousser les lourdes portes de l'adversitĂ©, et... Et se mettre en quĂȘte du doux paysage. Car c'est lĂ , disent les Ă©crits, que se trouvera - et avec ellui la promesse d'une vie nouvelle - lae derniĂšre humain·e sur Terre.
Waffa et ses compagnon·ne·s poussent les lourdes portes. Ce que chacun·e dĂ©couvre derriĂšre elles dĂ©passe la limite de ce qui peut ĂȘtre imaginĂ©...
Jour 9 - Couler
Ăa coule mais ça ne s'arrĂȘte plus, comme une fuite quelque part. Mais oĂč ?
Ăa fait un mois que ThĂ©o pleure sans s'arrĂȘter. Enfin si, ça s'arrĂȘte, mais disons que ça reprend trĂšs vite, avec une force qui semble vouloir rattraper les pleurs qui ont Ă©tĂ© ratĂ©s.
ThĂ©o s'est mis Ă pleurer chez lui, un soir, alors qu'il Ă©coutait un morceau de musique : ça a durĂ© toute la nuit. Il s'est levĂ© le matin avec des yeux boursouflĂ©s, s'est remis Ă pleurer en voyant sa tĂȘte dans le miroir, puis dans le silence de sa voiture. ArrivĂ© au boulot, il a serrĂ© les dents quelque heures, et puis le flot incessant de larmes Ă l'intĂ©rieur est devenu impossible Ă retenir : ThĂ©o s'est mis Ă chouiner de maniĂšre sonore dans l'open space : des pleurs d'enfant, des pleurs qui soulĂšvent le corps. Pour fuir le silence trĂšs gĂȘnant qui en a rĂ©sultĂ© et les 20 paires d'yeux rivĂ©es sur lui, ThĂ©o s'est prĂ©cipitĂ© aux toilettes. Il pleurait toujours quand sa manager a toquĂ© Ă la porte.
"Théo ? Euuh... Tout va bien ?"
Elle n'eut pour seule réponse qu'un long sanglot.
"Bon Ă©coute ThĂ©o, je crois que t'as besoin de prendre du temps pour toi. Rentre chez toi, repose toi, et si ça t'est plus confortable je te laisse finir la semaine en tĂ©lĂ©travail. Ăa te va ?"
AprÚs un bruit de chasse d'eau, c'est un Théo reniflant qui sort des toilettes et qui acquiesce, penaud mais reconnaissant.
Le tĂ©lĂ©travail n'a pas tenu : les larmes ont continuĂ© de couler, et ThĂ©o devait se rendre Ă l'Ă©vidence : il ne pouvait plus travailler. AprĂšs une visio avec sa manager, ils ont convenu tous les deux d'une petite semaine de vacances, pour que ThĂ©o puisse se retaper un peu et revenir en forme. La semaine est passĂ© comme un jour, les larmes se sont calmĂ©es sans pour autant s'arrĂȘter, et le dimanche soir, au moment de programmer son rĂ©veil, ThĂ©o s'est Ă nouveau Ă©croulĂ©.
"Dites-moi, qu'est-ce qui vous amĂšne ?"
Théo ne sait pas quoi dire à sa généraliste. Il pleure, ça oui, mais les mots ne viennent pas. Entre deux reniflades, il parvient à se faire comprendre, tant bien que mal : il n'en peut plus.
"Bon Ă©coutez, je vais vous arrĂȘter une semaine, je vous prescris des anxiolytiques pour quand les crises sont trop fortes, et on se revoit lundi prochain pour faire le point, ok ?"
Trois mois plus tard Théo, qui pleure toujours mais moins souvent, est dans la salle d'attente d'une psychologue que sa généraliste lui a recommandé. Il attend, et il sent qu'il va pleurer s'il attend encore comme ça trop longtemps. D'un coup la porte s'ouvre :
"Allez-y entrez"
Théo s'engouffre dans le cabinet.
"Je vous Ă©coute", dit la psychologue aprĂšs s'ĂȘtre prĂ©sentĂ©e. Alors ThĂ©o, aprĂšs un temps de silence paniquĂ©, fond en larmes, se liquĂ©fie sur le sol du cabinet. Ăa prend tellement de place, ça prend si longtemps que la psy lui dit : "Bon, c'est terminĂ©. Ăa vous fera 70âŹ"
Théo, chez lui, ne pleure plus : il est en colÚre. Quelle nulle cette psy : 70⏠pour n'avoir fait que pleurer ! C'est pas comme s'il pleut déjà dans avoir à payer. La prochaine séance elle verrait !
"Je vous écoute"
La colĂšre, que ThĂ©o nourrit depuis une semaine et qu'il comptait lui recracher au visage, se dĂ©gonfle dans son ventre comme un ballon de baudruche. DĂ©muni, ThĂ©o sent les larmes monter. Et aprĂšs 45mn de hoquets incessants : "Bon, c'est terminĂ©. Ăa vous fera 70âŹ"
Théo, sur le chemin du retour, n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe dans ce cabinet. La semaine passe, et il sent que quelque chose se déplace en lui : un mouvement à peine perceptible.
"Je vous écoute"
Le silence. Ni mots, ni larmes. Et ça dure. Et alors que ThĂ©o s'apprĂȘte Ă dire qu'il ne comprend pas pourquoi il s'obstine Ă venir pour ne rien dire...
"Bon, c'est terminĂ©. Ăa vous fera 70âŹ"
"NON !" Hurle Théo. "Non..." La psy, qui le fixe avec attention, demande : "non ?" Théo, la mùchoire serrée de rage et les yeux humides, sort sa monnaie et s'enfuit dans l'escalier.
Des semaines passent, Théo s'enferme chez lui, s'enferme en lui. Le téléphone sonne mais il ne répond pas. Les médicaments sont trop loin alors il ne les prend pas. Et puis un soir plus difficile qu'un autre, Théo se dit que ce serait si facile de se laisser tomber de son balcon. Son corps entier se met alors à trembler et un long cri plaintif s'échappe de sa gorge. Démuni, il attrape son téléphone, reprend rendez-vous avec sa psy sur doctolib. Les larmes se sont déversées en cascades sur l'écran, ça n'a pas été simple.
"Cela fait plus d'un mois qu'on ne s'est pas vu. Vous avez repris rendez-vous, vous voulez peut-ĂȘtre m'en parler ?"
"Oui", rĂ©pond ThĂ©o alors qu'un mois de peur, de colĂšre et de culpabilitĂ© se bousculent pour sortir en mĂȘme temps.
"Alors, je vous écoute"
Et les larmes de ThĂ©o, depuis, racontent une histoire que ThĂ©o lui-mĂȘme avait oubliĂ© et qui s'Ă©crit Ă nouveau, avec d'autres mots...
Pardon ça va ĂȘtre un peu long mais j'en avais gros. TW : communisme (mdr)
J'ai un problÚme avec le veganisme qui ne pose pas la question de la lutte anticapitaliste. Je vais développer.
En fait dans mon feed insta je tombe assez souvent sur du contenu vegan, et c'est pas si surprenant parce que c'est une question Ă laquelle je suis sensible en tant que vĂ©gĂ©tarien, c'est une source rĂ©guliĂšre de questionnement sur mon mode de consommation, et aussi une source rĂ©guliĂšre de culpabilitĂ©, principalement dans mes choix de nourriture, de boissons, de vĂȘtements et de chaussures. J'ai l'information, je sais que je participe activement Ă de la maltraitance animale en tant que personne vĂ©gĂ©tarienne et de quelle maniĂšre, et pourtant je ne passe pas Ă l'Ă©tape supĂ©rieure : c'est soit que j'en ai absolument rien Ă foutre, soit que l'argumentaire utilisĂ© sur moi n'est pas efficace. Et j'en ai pas rien Ă foutre.
Le problÚme que j'ai avec la plupart des argumentaires que je rencontre liés au veganisme et à son adhésion, c'est qu'ils reposent sur une responsabilité individuelle. On va clarifier un truc tout de suite : not all vegans. Il y a du contenu vegan de vulgarisation, de tips pour le quotidien, de moyens pratiques et éthiques de se nourrir, et surtout il existe des comptes de personnes véganes qui conçoivent le veganisme sous un angle marxiste et matérialiste mais que je ne connais pas encore, c'est évident. Mais la grande majorité du contenu que je vois passer sur la lutte vegane tourne autour d'une réponse individuelle à nos modes de consommation, et ne proposent pas de solutions systémiques concrÚtes, notamment en termes de remise en question de nos modes de production.
Moi mon problĂšme numĂ©ro 1 au quotidien sur le vĂ©ganisme, c'est l'Ă©nergie que j'ai Ă y mettre. Ca peut paraĂźtre ridicule comme ça, mais ça soulĂšve tout un tas de points liĂ©s Ă des raisons trĂšs matĂ©rielles de ne pas devenir vegan. J'ai un quotidien qui m'Ă©puise, pour plein de raisons que j'ai pas envie de dĂ©velopper parce que c'est long, mais je suis Ă©puisĂ©, mentalement surtout, mais physiquement aussi. Quelques exemples quand mĂȘme đđ»
Quand je dois faire des courses, c'est plus simple d'aller à l'Intermarché du coin qui est à 5mn à pied qu'au biocoop qui est à 15mn en voiture, et aussi c'est 2 fois moins cher. Parce que je rentre chez moi entre 19h et 19h30 en semaine, et mon lundi qui est mon seul jour off officiel avec le dimanche est blindé de trucs à faire autres et tout aussi importants, donc les courses ca doit aller VITE ! Fatalement, j'ai beaucoup moins de choix et d'alternatives véganes dans mon Intermarché que dans un biocoop. Je pourrais me faire livrer des trucs, mais encore une fois... QUAND ?? Sur quelle plage horaire déjà prise ?
J'ai pas l'Ă©nergie non plus de cuisiner. Quand j'ai les enfants je me dĂ©merde systĂ©matiquement pour qu'ils aient Ă chaque repas des fĂ©culents, des lĂ©gumes et des protĂ©ines dans leur assiette. Ăa m'Ă©puise tellement de faire ça pour chaque repas en prenant en compte les besoins spĂ©cifiques de mes deux enfants, que je ne trouve pas la force de rĂ©pondre aux miens (et donc de me faire Ă manger, de prĂ©voir ma part), et que globalement je mange ce qui reste. La question de pourquoi ça m'Ă©puise autant reste Ă Ă©lucider, pour autant cuisiner me demande des ressources que je n'ai pas et que je vais puiser dans mes rĂ©serves pour garantir une alimentation correcte Ă mes enfants. Je ne vois pas dans quel monde j'ai le temps et l'Ă©nergie de modifier mes habitudes alimentaires, de potasser des recettes, de me confronter Ă la possibilitĂ© que mes enfants n'aiment pas ce que j'ai essayĂ© de nouveau, bref d'apprendre seul avec des tutos et des bouquins Ă construire une alimentation vegane Ă©quilibrĂ©e et qui convienne Ă toustes chez moi. I need help for this !
J'ai pas les moyens de me payer des baskets veganes Ă 120⏠la paire en fibres d'ananas, donc le mieux que j'arrive Ă faire pour rester Ă©thique c'est d'acheter du synthĂ©tique, mais du coup je pue des ieps h24 parce que lĂ dedans y a plus rien qui respire c'est une horreur. Aussi, quand je fais les magasins avec mes gamins pour leur trouver des chaussures, c'est un CALVAIRE de base. Si j'ajoute en plus le fait de devoir checker si la semelle est pas en cuir, si le tour est pas en cuir, etc..., mais j'achĂšte pas de chaussures en fait. Encore une fois, on va ramener du matĂ©riel lĂ dedans, mais l'Ă©nergie que ça me demande d'aller jusqu'au magasin, de subir le bruit d'un magasin pendant 30mn, de gĂ©rer les frustrations de mes gamins qui peuvent pas avoir la paire de chaussures qu'ils voulaient parce qu'elle est trop chĂšre (on n'oublie pas que je suis Ă dĂ©couvert le 5 du mois), de faire plusieurs magasins parce qu'un seul ça suffit rarement pour trouver chaussure Ă son pied... Bah je peux pas, c'est trĂšs souvent au-delĂ de mes forces et je finis par hurler ou par abandonner. Et je dis pas, c'est peut-ĂȘtre liĂ© Ă un truc que je devrais me faire diag pour ĂȘtre autant en surstimulation hein, mais qu'est-ce que ça change ? Je suis pas le seul pour qui c'est un problĂšme de base, sans avoir en plus Ă rajouter la couche Ă©thique par dessus.
En fait ce que j'essaye d'expliquer, c'est qu'au lieu de dépenser une énergie cataclysmique au quotidien pour, moi, à échelle individuelle, me sentir aligné avec mes choix, j'aime autant m'investir dans du collectif pour lutter contre nos politiques capitalistes et oeuvrer à mon échelle à une prise de conscience collective.
Ca change quoi le veganisme dans un monde profondément capitaliste et qui détruit le vivant ? Le coeur du combat, il est pour moi anticapitaliste. Fous moi des produits veganes pas chers et prÚs de chez moi : j'achÚte des produits veganes. Donne moi le temps de me reposer et de penser un autre mode de consommation, et je m'intéresserai à des recettes et à d'autres moyens de faire à manger qui soient plus éthiques. Produis des chaussures veganes accessibles et en nombre suffisant pour avoir du choix : je choisis les chaussures veganes. Le problÚme n'est pas un manque d'information ni une volonté de maintenir notre confort, le problÚme est qu'on n'est pas toustes à égalité pour devenir vegan·e, parce que cette société capitaliste met certain·e·s d'entre nous (et de plus en plus) à l'amende. Je suis pas obligé de porter une croix pour devenir vegan : on peut aussi faire en sorte de lutter pour un monde qui nous faciliterait la tùche.
Moi je me sens pas ok de participer à une extermination animale de masse, mais je suis obligé de me foutre la paix au mieux avec les choix que je fais par rapport à ma réalité matérielle (sous peine de finir en burn out), et surtout je me sens grave ok avec les choix politiques que je fais. Et à choisir, j'aime autant soutenir des initiatives comme le wiki de la hess de hat3rmusic (c'est un pseudo insta, allez voir c'est cool ce qu'il fait), que de chercher en permanence comment m'appliquer un truc que je peux pas tenir sans exploser en vol.
Voilà , déso c'était long et pas forcément trÚs utile, mais j'en avais besoin
Jour 7 - Mémoire d'autres vies
AllongĂ©. A. llon. gĂ©. Alllllllllooooooooooongéééééé. De midi Ă minuit, de minuit Ă midi. Du canapĂ© au lit, du lit aux toilettes, des toilettes au canapĂ© : Ă©teint, allongĂ©. Et c'est pas faute d'essayer de me lever, mais c'est trop lourd. Le poids est immense, et je suis Ă©crasĂ©. Les jours sont des nuits, les nuits des journĂ©es, le haut est en bas, et le bas en haut, le lundi un jeudi, qui est lui-mĂȘme un dimanche. Plus rien n'a de sens et... Et mon corps n'existe pas. Un jour je croise mon visage barbu dans le miroir : c'est celui de quelqu'un que je ne connais pas ; ou que j'ai connu ailleurs, d'une autre vie. Je regarde mieux, je me penche mĂȘme, et quand je vois enfin quelque chose je chute dans un trou, et ça dure une Ă©ternitĂ© de lenteur. J'ai le temps de voir, dans mon visage, les traits de mon pĂšre, de son pĂšre ; ceux de ma mĂšre, de sa mĂšre. Il y a dans les sillons de mes cernes et dans les poils de ma barbe l'infinitĂ© de tout ce que j'ai Ă©tĂ© et ne serai pas. Il y a lĂ , au coeur de ce trou immense dans lequel je sombre inlassablement, les contours familiers de parfaits Ă©trangers. Quand j'atterris enfin, une porte trop petite se trouve Ă ma droite. Je pourrais rester lĂ , allongĂ©, a. llon. gĂ©, alllllllllooooooooooongéééééé. Je pourrais... Mais il y a forcĂ©ment quelque chose Ă dĂ©couvrir derriĂšre cette porte minuscule et qui vaut sĂ»rement le coup que je me lĂšve . Voyons, comment puis-je la franchir ?..
Jour 5 - Le ciel s'est déchiré
Seconde 1 - AllongĂ© sur le dos, le toit de la tente devient l'Ă©cran de mes projections mentales les plus tendres. Je revois mon fils le jour de son cinquiĂšme anniversaire, entourĂ© des nĂŽtres, souffler ses bougies. Je revois le bleu des yeux de ma femme lorsqu'ils plongent dans les miens, et une vie entiĂšre Ă nous aimer devant Dieu. Je revois mes neveux, niĂšces, cousins, cousines, oncles, tantes, parents, frĂšres, soeurs qui chantent, dansent, aiment, prient, mangent, vivent... Je les vois vibrer d'espoir et de rĂȘves, tout autour de moi. Mais bientĂŽt se sont les ombres qui dansent, et j'entends les cris de ceux que j'ai aimĂ© emplir ma tente de leur douleur. Je vois le sang couler Ă flot dans la rue oĂč je prenais mon cafĂ© le matin. Je vois les corps, les membres, les nouveaux morts-nĂ©s. J'entends le silence de mort, saupoudrĂ© du bruit de la poussiĂšre qui retombe sur nos chairs abĂźmĂ©es. Je vois... J'entends...
Seconde 2 - Du ciel entrouvert jaillit le feu de l'annihilation, planifiée et méthodique. Allongé sur le dos, le toit de la tente devient mon linceul brûlant et les souvenirs de cette vie fusionnent à ma peau, à ma chair, à mes os. Que Dieu nous vienne en aide...
Jour 4 - Je n'ai jamais vu ce film
On entre dans son appartement pour la premiĂšre fois. C'est un studio parisien mansardĂ© qu'il loue pour le prix dâun trois piĂšces dans ma banlieue. L'entrĂ©e est le salon, qui est lui-mĂȘme la chambre et la cuisine. Dans un coin une porte donne sur une piĂšce qui contient la douche et les toilettes. Câest petit, mais câest trĂšs mignon. Son lit se trouve sur une mezzanine en bois que je nâarrive pas Ă quitter des yeux. Je lâentends sourire juste Ă cĂŽtĂ© de moi : câest lui qui lâa construite, avec lâaccord de sa proprio. Il est Ă©bĂ©niste. Elle lui a fourni la matiĂšre, et il a tout dĂ©coupĂ© et assemblĂ© tout seul. AprĂšs le lit reste, mais il sâen fout ça lui va comme ça. Dâun coup jâai envie de ses mains sur ma peau.
Il me demande si jâai faim, me propose de me faire un truc rapide pendant que je mâassois sur le canapĂ©, je lui dis oui. Il me demande ce que je prĂ©fĂšre : une salade ou un sandwich. Va pour un sandwich. Avec quoi dedans : il a de la betterave quâil peut rapper, ainsi que de la fĂȘta, des tranches de pastrami vĂ©gĂ©tarien, de la salade, roquette ou batavia, il peut mettre un peu des deux. Tout me va, je lui laisse le choix dâune sauce dont il a parait-il le secret.
Depuis son plan de travail, il me demande comment je vais depuis la derniĂšre fois, me raconte les deux derniĂšres commandes quâil a honorĂ©es : lâune pour faire rentrer lâargent, lâautre pour sâĂ©clater. Quand il coupe les lĂ©gumes il se concentre sur le couteau et sa tĂȘte penche sensiblement sur le cĂŽté ; une mĂšche de cheveux tombe inlassablement sur son front quâil tente de faire remonter, en vain. Je pourrais rester lĂ longtemps comme ça, Ă lâĂ©couter me raconter ce qui anime ses mains chaque jour, Ă lâobserver me prĂ©parer un repas dont il sâest assurĂ© que jâallais vraiment lâapprĂ©cier. A prĂ©sent ses mains sont passĂ©es du couteau et de la planche Ă dĂ©couper Ă mes hanches, et descendent lentement vers mes cuisses qui frĂ©missent de plaisir, la rugositĂ© de sa peau me⊠Il pose lâassiette sur la table et me demande si ça va. Il me sourit. Je lui dis oui, ça va ; je pose ma main sur sa joue, je lui souris. On reste comme ça un peu, Ă se regarder, Ă goĂ»ter le silence de lâautre avec envie. Il se redresse lentement, son regard plongĂ© dans le mien, ma main qui glisse le long de sa joue et retombe sagement sur mon genou.
Il me dit quâil peut me proposer un film. Il mâen cite plusieurs mais je ne lâĂ©coute plus, je le regarde manipuler les DVD, les retourner pour me lire un bout de rĂ©sumĂ© puis passer Ă un autre. Il me demande de choisir, je lui dis de mettre le dernier. Il me dit quâil ne lâa jamais vu, mais quâon lui a vivement conseillĂ©. Il allume la tĂ©lĂ© pendant que je dĂ©guste le meilleur sandwich de toute ma vie : ça me donne envie de lâavoir lui, contre moi. Je lui dis.
Il pose le DVD, je pose lâassiette. Il me rejoint, jâai encore la bouche pleine. Sa main se glisse sous mon t-shirt.
Je nâai jamais vu ce film
J'ai besoin d'une rĂ©compense, d'un tip, d'un hack lĂ pour lĂącher mon tĂ©l le soir, pas passer 3h sur insta, pas passer 2h sur Youtube. J'ai aucune discipline, aucun intĂ©rĂȘt Ă quitter un truc aussi captivant. Mais je suis seul pour 3 semaines, je travaille, j'ai des projets pour ces 3 semaines qui nĂ©cessitent que je dorme un minimum pour tenir le boulot + ce que j'ai envie de faire Ă cĂŽtĂ©, c'est important, je veux pas arriver fin aoĂ»t avec l'appart dans le mĂȘme Ă©tat voire pire, que des regrets et une fatigue de zombie dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©. LĂ le compteur si je m'endors maintenant (jamais), il est dĂ©jĂ Ă 5h15 de sommeil, j'ai dormi moins de 5h la nuit derniĂšre dĂ©jĂ ...
Poser mon tél à 22h ça marche pas je le reprends, limiter les applis ça marche pas je fais sauter la limitation, désinstaller les applis je trouve des dérivés ou équivalents ailleurs, faire des pauses ça marche pas j'ai pas envie. En fait j'ai besoin de body doubling, que quelqu'un soit là . Et j'ai besoin d'urgence : que quelqu'un vienne chez moi dans 30mn, avec l'impératif de devoir ranger. J'ai besoin de cadre.
J'ai besoin d'un diag, voire d'un traitement. Je suis fatigué. Je veux pas finir au fond du seau comme chaque été.
Et j'ai besoin d'argent en fait, c'est pour m'acheter des fringues fem dans lesquelles me sentir moi, un casque audio pour réguler mes émotions avec de la musique forte et de qualité, et du silence. J'ai besoin de ces stickers là que j'ai vu et qui sont incroyables. J'ai besoin de nouvelles chaussures et de bijoux et d'accessoires. J'ai besoin d'une routine skincare et d'une palette de maquillage digne de ce nom + rouges à lÚvres. J'ai besoin BESOIN de couper mes cheveux pour retrouver une coupe qui m'aille mieux que ça, c'est trop long là . J'ai besoin d'un chest tattoo chez captain plum D'URGENCE. J'ai besoin de prendre la route et d'avoir mes ami·e·s dans mes bras et de rencontrer leur bébé et de papoter et de leur offrir des trucs. J'ai besoin, besoin, besoin...
J'ai besoin d'une rĂ©compense, d'un tip, d'un hack lĂ pour lĂącher mon tĂ©l le soir, pas passer 3h sur insta, pas passer 2h sur Youtube. J'ai aucune discipline, aucun intĂ©rĂȘt Ă quitter un truc aussi captivant. Mais je suis seul pour 3 semaines, je travaille, j'ai des projets pour ces 3 semaines qui nĂ©cessitent que je dorme un minimum pour tenir le boulot + ce que j'ai envie de faire Ă cĂŽtĂ©, c'est important, je veux pas arriver fin aoĂ»t avec l'appart dans le mĂȘme Ă©tat voire pire, que des regrets et une fatigue de zombie dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©. LĂ le compteur si je m'endors maintenant (jamais), il est dĂ©jĂ Ă 5h15 de sommeil, j'ai dormi moins de 5h la nuit derniĂšre dĂ©jĂ ...
Poser mon tél à 22h ça marche pas je le reprends, limiter les applis ça marche pas je fais sauter la limitation, désinstaller les applis je trouve des dérivés ou équivalents ailleurs, faire des pauses ça marche pas j'ai pas envie. En fait j'ai besoin de body doubling, que quelqu'un soit là . Et j'ai besoin d'urgence : que quelqu'un vienne chez moi dans 30mn, avec l'impératif de devoir ranger. J'ai besoin de cadre.
J'ai besoin d'un diag, voire d'un traitement. Je suis fatigué. Je veux pas finir au fond du seau comme chaque été.
Jour 3 - Facettes et fragments
Une cuillĂšre pour Maman. Une cuillĂšre pour papa. Une cuillĂšre pour papi. Une cuillĂšre pour tata.
Allez, on ouvre graaaaand la bouche Alan ?
En combien de morceaux me suis-je donc fracturé ? C'est la question qui fuse à l'esprit d'Alan alors que son manager n'en finit plus de décrire un tableau croisé dynamique des performances de la semaine de toute l'équipe. Une question parmi d'autres, qui repart aussi vite qu'elle est arrivée pour laisser place à la liste exhaustive des tùches qui attendent Alan à son retour chez lui : nourrir le chat, passer l'aspi, faire à manger, prendre rdv chez le dentiste, descendre les... ho ! il faudra absolument prendre rdv chez Peugeot aussi, la révision arrive à échéance dans 2 jours, Alan espÚre que ça ira pour avoir un rdv, d'ailleurs est-ce qu'il a bien fermé la voiture tout à l'heure en arrivant ? Attends, non c'est sûr il l'a laissée ouverte, mais bon en soi c'est pas si grave y a rien à voler dedans, et...
"Alan, ho ! Ca fait trois fois je te parle, trois fois tu me rĂ©ponds pas. Je te dĂ©range peut-ĂȘtre ? Tes performances de la semaine t'intĂ©ressent pas plus que ça visiblement ? Pourtant ça devrait, ta prod est l'une des plus basses, comme d'habitude"
Les 3 mĂȘmes lĂšche-cul du manager se marrent, mais Alan croise la douceur du regard d'Ahmed, Ă deux chaises de distance : ça l'apaise. Le brief aurait dĂ» reprendre son cours, mais le manager a rien lĂąchĂ©, s'est mis Ă insister pour qu'Alan s'explique de ses performances devant tout le monde, a rappelĂ© qu'il Ă©tait dĂ©jĂ difficile de compter sur lui dans l'Ă©quipe Ă©tant donnĂ© ses arrĂȘts de travail rĂ©guliers et que lui il Ă©tait bien gentil de le dĂ©fendre auprĂšs du boss chaque semaine, que ça durerait pas.
Alan veut ĂȘtre ailleurs. Il veut ĂȘtre chez lui, dans son lit, sous sa couette ; dans sa voiture, du mĂ©tal hurlant qu'on entend dans tout le quartier et qui lui vibre le corps. Il croise Ă nouveau le regard d'Ahmed qui fait ce qu'il peut pour le soutenir de loin, ça se voit, mais le manager s'arrĂȘte pas, alors ça se met Ă bourdonner dans les oreilles d'Alan. Tout autour s'est Ă©vaporĂ©, la voix de son chef est devenue lointaine : Alan se sent partir.
Stop. Stop. Stop stop stop stop stop stop
STOP !
"Ăcoute moi bien espĂšce de gros incel de merde. C'est pas parce que t'exerces ton petit pouvoir de fils de pute sur les gens que ça te donne une quelconque valeur. J'en ai effectivement rien Ă foutre de ton tableur de con, comme l'intĂ©gralitĂ© des gens de cette piĂšce. On est tous lĂ , Ă mater le fruit de nos efforts qu'on reverra jamais dans nos poches mais dans celles des plus grosses raclures de cette planĂšte, et traduit en petits chiffres dĂ©gueulasses pour qu'on puisse pas voir Ă quel point ce systĂšme nous dĂ©fonce. Mais tu t'es pris pour qui Thomas ? T'as cru t'Ă©tais Bill Gates ? T'as cru tu nous montrais le cours de la bourse de New York dans ton petit Ă©cran pas droit projetĂ© sur un mur en parpaings depuis une caisse posĂ©e sur une table dans la rĂ©serve d'un vieux Leclerc ? Mais t'as complĂštement pĂ©tĂ© un plomb pour croire que qui que ce soit en a quelque chose Ă foutre de ce qu'on fait ici. Je te rappelle que t'es Ă peine payĂ© plus que nous pour nous enculer du soir au matin et retourner Ă ta petite vie de merde pareil que nous, donc viens pas nous casser les couilles avec tes chiffres et ton paternalisme, ta supĂ©rioritĂ© Ă deux balles dont tout le monde se passerait bien lĂ , et fais nous le plaisir d'abrĂ©ger ta petite rĂ©union de petit chef que personne peut encadrer, qu'on retourne Ă nos tafs : eux au moins ils nous font pas des longs discours et des leçons de morale"
Alan est debout et le corps tendu en avant, les mains enfoncĂ©es dans le dossier de la chaise de devant et la tĂȘte vissĂ©e aux Ă©paules. Le silence s'est installĂ©. Il sait qu'il aurait pas dĂ» l'ouvrir, qu'il aurait dĂ» serrer les dents : c'est ce qu'il fait d'habitude, chaque jour. Mais là ça a Ă©tĂ© plus fort que lui : une force extĂ©rieure mais Ă l'intĂ©rieur a Ă©teint la lumiĂšre et pris le contrĂŽle. Alan peut rien y faire. Alors il attrape son terminal personnel, l'arrache de sur son bras, et l'explose au sol sous les cris de surprise de ses collĂšgues. Son manager, jusqu'ici sous le choc, sort de sa paralysie pour lui hurler qu'il vient d'exploser 2000⏠de matĂ©riel et que ça serait retenu sur sa paye, qu'il est attendu immĂ©diatement dans le bureau du chef de secteur, mais Alan est dĂ©jĂ Ă l'autre bout de l'entrepĂŽt, ses affaires Ă la main, et claque la porte de la grille, le majeur bien en l'air.
Feu rouge. Alan se repasse la scĂšne, encore, encore, encore, quand un klaxon vient le sortir de sa pensĂ©e avec violence. Il se prĂ©cipite pour passer sa vitesse et accĂ©lĂ©rer, cale, panique, cherche son air, n'arrive plus Ă redĂ©marrer, entend de nouveau klaxonner, sent le sol se dĂ©rober sous ses pieds. Alors il soulĂšve le frein, agrippe fermement le volant de ses deux mains, pousse un hurlement qui lui arrache la gorge et vient exploser sa tĂȘte si fort dans son volant que l'airbag se dĂ©clenche. Nuit.
Une cuillĂšre pour maman. Une cuillĂšre pour papa. Une cuillĂšre pour papi. Une cuillĂšre pour tata. En combien de morceaux peux-tu te fragmenter ? OĂč te caches-tu Alan, sous quel oreiller ? Une cuillĂšre pour maman, une cuillĂšre pour papa. Sois gentil Alan, mais surtout tais-toi
Je suis rentré hier soir de vacances, mon fils s'est fait piquer 5 ou 6 fois dans la nuit, et là j'ai fait 1h de sieste, j'ai 2 piqûres.
CA SERT Ă QUOI D'AVOIR DES ARAIGNĂES PLEIN L'APPART SI ON SE FAIT BOUFFER Ă CE POINT ???
Genre j'ai littĂ©ralement 3 pholques par coin de plafond dans mon salon, + celles qui ont fait leur toile un peu partout c'est araignĂ©e land chez moi, et ces connasses de moustiques me bouffent quand mĂȘme ! Mais c'est bon lĂ đĄ
Jour 2 - Parfum poussiĂšre
D'un geste, il avait passé sa main sur la veste de son frÚre pour en disperser la poussiÚre qui l'avait finement recouverte. AprÚs les cris et les larmes, ce dernier geste : vif, soudain, précis. Comme une marque d'amour et de profond respect, comme une impuissance et une rage indicibles. Sa main, le frottement de la veste de son frÚre et la giclée de poussiÚre dans le vent, comme : la main de son frÚre, la pression sur le flacon de verre et la giclée de parfum de vie sur sa veste, comme : son frÚre en joue sous la main du soldat israélien, la tension du doigt sur la gùchette et la giclée de sang sur le sol.
Parfum poussiÚre, plan génocidaire
La femme de mon pĂšre : ha bah top, le livret A passe de 1,5 Ă 1,7%, bonne nouvelle !
Moi : me mords la joue trĂšs trĂšs fort pour pas lui dire que la caisse des dĂ©pĂŽts via le livret A a achetĂ© pour prĂšs de 30 millions d'actions chez Total, et que donc nos livrets A financent trĂšs directement Total, qui en plus de dĂ©truire le vivant et ĂȘtre responsable des incendies de cet Ă©tĂ© (entre autres) a augmentĂ© ses marges de maniĂšre indĂ©cente au mĂ©pris de nos difficultĂ©s Ă nous en sortir, et en surfant sur une crise internationale majeure ayant fait des milliers de mort·e·s et dĂ©stabilisĂ© toute une partie de la gĂ©opolitique mondiale au profit des intĂ©rĂȘts impĂ©rialistes des USA et d'Israel...
(elle s'en tape et je suis fatiguĂ© d'avoir les mĂȘmes discussions stĂ©riles chaque annĂ©e sur mes vacances. Mais ca m'Ă©nerve tout pareil)
Le lien vers plus d'infos sur le livret A : par lĂ
Edit : je précise au passage que je trouve le post insta un peu biaisé parce qu'il provient d'une banque, qu'importe laquelle, mais que l'info est sortie de là en premier et qu'elle est par ailleurs sourcée
Jour 1 - Je vais voir ce que je peux faire
Cette annĂ©e j'ai dĂ©laissĂ© mon Tumblr sur plusieurs mois et j'ai arrĂȘtĂ© d'Ă©crire. En rĂ©alitĂ©, cela fait bien longtemps que je n'Ă©cris plus vraiment, que les mots ne me disent plus.
J'ai mis Ă l'arrĂȘt tous mes projets et j'ai fini par remettre en cause ma lĂ©gitimitĂ©, non pas Ă Ă©crire, mais Ă ĂȘtre lu. Je connais ma valeur, je sais la qualitĂ© de ce que je peux produire : parce que je fais ça depuis longtemps, parce que j'ai touchĂ© des gens avec mes mots, aussi. Mais parce que j'ai considĂ©rĂ© prendre une place qui devait revenir Ă d'autres, j'ai voulu disparaĂźtre avec eux, mes mots. J'ai cherchĂ© le silence, j'ai cherchĂ© le rejet jusque lĂ oĂč il n'Ă©tait pas, et me suis noyĂ© dans mon propre verre d'eau.
Alors aujourd'hui je m'y remets, mais j'ai peur.
Peur de ne pas y arriver, peur que ça ne soit pas assez bon. J'ai peur d'avoir ratĂ© le coche et qu'il soit trop tard pour Ă©crire Ă nouveau. J'ai peur, encore, de prendre trop de place et de dire des choses plus grandes que moi, trop grandes pour moi ; des choses terribles aussi, de celles qui font du mal. J'ai peur de m'essouffler trop vite et de devoir abandonner. J'ai peur d'ĂȘtre trop dur avec mes mots : ceux que j'aurai choisi et qui peut-ĂȘtre seront trop, ou au contraire ne seront pas assez. J'ai peur que ça ne soit ni trop ni pas assez, et que ces mots sonnent vides. J'ai peur de la culpabilitĂ© de ne pas y arriver, et du poison que j'infuse volontairement dans mes veines lorsque je ne crois pas en moi. J'ai peur d'avoir peur et que ça me paralyse encore. J'ai peur d'Ă©crire et que ça ne soit pas moi. J'ai peur...
J'ai peur, mais je vais voir ce que je peux faire...
30jourspourécrire 2026 : les sujets
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Rappel des rĂšgles ici
OMG OMG OMG c'est parti đ±