Les 3 chansons qui m'obsèdent et que j'écoute en boucle depuis une semaine :
- The.Elevator, Changeline
- Manchild, Sabrina Carpenter
- Dracula (Jennie Remix), Tame Impala et Jennie
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YOU ARE THE REASON
Lint Roller? I Barely Know Her
cherry valley forever
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oozey mess
EXPECTATIONS
Mike Driver
Game of Thrones Daily

roma★
Color Me Curious

ellievsbear
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Game Changer & Make Some Noise
macklin celebrini has autism
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Les 3 chansons qui m'obsèdent et que j'écoute en boucle depuis une semaine :
- The.Elevator, Changeline
- Manchild, Sabrina Carpenter
- Dracula (Jennie Remix), Tame Impala et Jennie
Jour 11 - Une liste qui n'est pas une liste de courses
- Pâtes
- Sauce Tomate
- PQ
- Dentifrice
- Légumes (qu'importe)
- Tofu fumé (le bleu)
- Dire à Sergio que son sourire me fait manquer un battement
- Litchis
- Dessert végé
Je crois que j'ai enfin trouvé une bonne méthode pour hacker mon cerveau !
Le principe, c'est de tirer au sort une tâche à effectuer. Ça a l'air de bien marcher pour moi et pour plusieurs raisons :
- y a un côté un peu stimulant et rigolo à fouiller dans un pot parmi des papiers et à tirer au sort le truc qui va occuper ma soirée : ça c'est pour le shot de dopamine
- y a aussi le fait de pas avoir la sensation d'être noyé sous un nombre ingérable de trucs à faire : je pioche 1 truc, je fais ce truc et basta. Et si je suis motivé j'enchaîne avec autre chose, mais déjà 1 truc dans la soirée c'est bien
- dans le même genre, bah c'est pas moi qui choisis ce que j'ai à faire. C'est pas un choix que je fais, c'est un truc que je m'imposes, du coup je sais pas comment expliquer mais moi ça m'enlève une énorme charge mentale
- y a un côté satisfaisant de se dire qu'à un moment le pot sera vide et que j'aurai tout fait (même si le principe c'est de l'alimenter quand même, mais chhhht !)
- j'ai un peu complété le truc avec des papiers qui ne sont pas des tâches mais des récompenses, ou des temps pour moi (lecture, vernis à ongle, sortie roller, etc...) : ça permet d'avoir ce petit frisson en plus de se dire que je vais peut être me faire kiffer alors que j'étais parti pour un truc chiant
Voilà. C'est le premier soir, j'ai pioché : "envoyer des messages à des ami·e·s" Ça m'a fait pleurer. Je me suis dit juste avant de mettre ma main que c'était le papier sur lequel je voulais le moins tomber, celui que je voulais le plus procrastiner et qui semblait me demander le plus d'efforts. Et c'est incroyable que ça ait si bien marché du coup. Je me sens assez seul, mais je m'autorise pas à contacter des gens pour leur demander de leurs nouvelles ou qu'on se voie, alors que ça me ferait trop du bien, j'ai besoin de recréer du lien. Le fait de mettre ça sur un papier qui me dit que là, maintenant, c'est ça et rien d'autre que j'ai à faire, ça m'a tellement soulagé, ça m'a tellement permis de me concentrer sur ça. Ouf en vrai.
Et dernier truc. D'habitude je rentre et je m'allonge sur mon lit (parce que mon canapé est aussi mon lit) et ça aide pas non plus ça, c'est beaucoup trop confortable et sécurisant pour en sortir donc c'est là souvent que je reste des heures sur mon tél. Là je me suis assis sur un marche-pied un peu haut qui trainait, et c'était inconfortable, du coup j'ai pas eu envie de m'éterniser et ça m'a poussé à me lever pour faire autre chose. Vraiment c'était un soulagement ce tout petit truc de petit papier pioché au hasard 🥰
Jour 10 - Le dernier humain sur terre
Waffa se prépare pour son rituel d'élévation. Elle a hâte, elle a peur. La dernière fois, on en avait envoyé quinze comme elle. Cette année, avec elle, ça fera sept. Le peuple souterrain de la zone 22 a connu une épidémie sans précédent qui a fait des dégâts : beaucoup d'enfants promis·e·s à la surface sont mort·e·s avant de pouvoir tenter leur chance.
Waffa a vu des générations s'élever vers la surface. Une année, elle avait désobéi et enfreint les règles que la communauté impose à celleux qui, comme elle, avaient été choisi·e·s parmi les sien·ne·s pour avoir l'honneur d'être envoyé·e·s dans l'ancien monde du dessus. C'était un privilège accordé à peu de monde : Waffa avait eu de la chance. Une année donc, elle s'était faufilée parmi la foule, le visage voilé par un tissu léger et les marques de ses mains dissimulées sous des manches longues : personne ne devait savoir qu'un·e élévateurice se trouvait hors du Sanctuaire le jour de la redescente. La machinerie céleste s'était activée alors qu'elle avait réussi à atteindre les barrières les plus proches. Le processus de redescente prenait un temps infini : le peuple, avec les années, s'était enterré toujours plus profond dans les entrailles de la planète. Lorsque la passerelle fut enfin visible, la foule réunie poussa des cris et entonna des chants sacrés : des paroles d'accueil et de bénédiction. Waffa vit la passerelle se poser au sol. De là où elle était, elle ne distingua qu'une seule silhouette. Une dizaine d'adultes se précipita pour porter le corps qui s'était affaissé sur lui-même. La jeune fille, à mesure que le cortège s'approchait, sentit ses tripes se serrer. Elle retint de ses mains un hurlement soudain, lorsqu'une fois à son niveau, le jeune corps d'élévateurice lui apparut dans toute sa réalité : un amas de chair brûlée, que chaque mouvement involontaire de celleux qui le portaient faisait gémir de douleur. Leurs deux regards se croisèrent, et le temps s'étira pour que ces deux-là, dans le court battement que dura leur rencontre, se reconnaissent dans les souffrances et les peurs de l'autres. Au même moment, un vieil homme reconnut sur les mains que Waffa avait découvertes, la marque des élévateurices. Au premier cri de surprise qu'il poussa, elle avait fui en courant avant qu'il ne donne l'alerte. La rumeur avait circulé q'un·e élévateurice avait assisté au rituel de redescente, sans que Waffa ne soit jamais inquiétée. Depuis, ses nuits sont hantées par le visage boursouflé de brûlures qu'elle a croisé et qui lui répète, en songe : "n'y vas pas, n'y vas pas..."
Waffa est prête désormais. C'est le grand jour : celui de son élévation, de leur élévation. Iels sont sept, toustes se connaissent et ont grandi ensemble dans le Sanctuaire, prépraré·e·s toute leur jeune vie pour ce moment unique. Dans leur tunique de cérémonie, les élévateurices de la 78e génération se dirigent d'un pas coordonné vers la passerelle. Le peuple de la zone 22 s'est réuni tout entier pour ce moment rare et sacré de leur vie souterraine. En tout, la cérémonie d'élévation dure près de trois sabliers : les étapes de préparation à l'élévation, nombreuses et très protocolaires, se font sur le temps long.
Les sept élévateurices de la 78e, que chaque habitant·e de la zone 22 vénère comme des entités divines, sont prêt·e·s. Waffa, au milieu des autres, entend la voix de ses songes lui dire de ne pas y aller. Elle le sait : elle ne peut échapper à sa destinée. La passerelle s'ouvre, les sept entrent. Une prière de silence est observée. Enfin, la passerelle s'élève.
Waffa ferme les yeux. Elle n'entend que le moteur de la machinerie céleste emporter la passerelle, et les chants d'adieu lointains de ses semblables. Bientôt, c'est le vide qui dévore chacun·e d'elleux.
L'élévation est si longue que le noir qui l'habille dans les tréfonds du sol plonge chacun·e dans une transe méditative. Waffa n'a reçu qu'une seule image de la surface, dans laquelle son esprit embrumé se réfugie : celle, relayée depuis des générations, d'un paysage fait de vert et de bleu, parsemé de quelques touches de couleurs chatoyantes à différents endroits. C'est le paradis qui les attend, mais même ivre de cet idéal, Waffa garde en elle le visage boursouflé qui lui souffle que rien de beau ne se trouve là-haut, que cet horizon qu'iels tentent de rejoindre, génération d'élévateurices après après génération d'élévateurices, n'est qu'un souvenir à demi-effacé, une certitude que le temps aura érodé.
C'est une secousse qui sort les sept de leur torpeur : iels sont arrivé·e·s. Chacun·e connait son rôle, c'est un savoir qui se transmet depuis longtemps : bloquer le mécanisme qui retient la passerelle en surface, remonter les marches du Palais du Haut, pousser les lourdes portes de l'adversité, et... Et se mettre en quête du doux paysage. Car c'est là, disent les écrits, que se trouvera - et avec ellui la promesse d'une vie nouvelle - lae dernière humain·e sur Terre.
Waffa et ses compagnon·ne·s poussent les lourdes portes. Ce que chacun·e découvre derrière elles dépasse la limite de ce qui peut être imaginé...
Jour 9 - Couler
Ça coule mais ça ne s'arrête plus, comme une fuite quelque part. Mais où ?
Ça fait un mois que Théo pleure sans s'arrêter. Enfin si, ça s'arrête, mais disons que ça reprend très vite, avec une force qui semble vouloir rattraper les pleurs qui ont été ratés.
Théo s'est mis à pleurer chez lui, un soir, alors qu'il écoutait un morceau de musique : ça a duré toute la nuit. Il s'est levé le matin avec des yeux boursouflés, s'est remis à pleurer en voyant sa tête dans le miroir, puis dans le silence de sa voiture. Arrivé au boulot, il a serré les dents quelque heures, et puis le flot incessant de larmes à l'intérieur est devenu impossible à retenir : Théo s'est mis à chouiner de manière sonore dans l'open space : des pleurs d'enfant, des pleurs qui soulèvent le corps. Pour fuir le silence très gênant qui en a résulté et les 20 paires d'yeux rivées sur lui, Théo s'est précipité aux toilettes. Il pleurait toujours quand sa manager a toqué à la porte.
"Théo ? Euuh... Tout va bien ?"
Elle n'eut pour seule réponse qu'un long sanglot.
"Bon écoute Théo, je crois que t'as besoin de prendre du temps pour toi. Rentre chez toi, repose toi, et si ça t'est plus confortable je te laisse finir la semaine en télétravail. Ça te va ?"
Après un bruit de chasse d'eau, c'est un Théo reniflant qui sort des toilettes et qui acquiesce, penaud mais reconnaissant.
Le télétravail n'a pas tenu : les larmes ont continué de couler, et Théo devait se rendre à l'évidence : il ne pouvait plus travailler. Après une visio avec sa manager, ils ont convenu tous les deux d'une petite semaine de vacances, pour que Théo puisse se retaper un peu et revenir en forme. La semaine est passé comme un jour, les larmes se sont calmées sans pour autant s'arrêter, et le dimanche soir, au moment de programmer son réveil, Théo s'est à nouveau écroulé.
"Dites-moi, qu'est-ce qui vous amène ?"
Théo ne sait pas quoi dire à sa généraliste. Il pleure, ça oui, mais les mots ne viennent pas. Entre deux reniflades, il parvient à se faire comprendre, tant bien que mal : il n'en peut plus.
"Bon écoutez, je vais vous arrêter une semaine, je vous prescris des anxiolytiques pour quand les crises sont trop fortes, et on se revoit lundi prochain pour faire le point, ok ?"
Trois mois plus tard Théo, qui pleure toujours mais moins souvent, est dans la salle d'attente d'une psychologue que sa généraliste lui a recommandé. Il attend, et il sent qu'il va pleurer s'il attend encore comme ça trop longtemps. D'un coup la porte s'ouvre :
"Allez-y entrez"
Théo s'engouffre dans le cabinet.
"Je vous écoute", dit la psychologue après s'être présentée. Alors Théo, après un temps de silence paniqué, fond en larmes, se liquéfie sur le sol du cabinet. Ça prend tellement de place, ça prend si longtemps que la psy lui dit : "Bon, c'est terminé. Ça vous fera 70€"
Théo, chez lui, ne pleure plus : il est en colère. Quelle nulle cette psy : 70€ pour n'avoir fait que pleurer ! C'est pas comme s'il pleut déjà dans avoir à payer. La prochaine séance elle verrait !
"Je vous écoute"
La colère, que Théo nourrit depuis une semaine et qu'il comptait lui recracher au visage, se dégonfle dans son ventre comme un ballon de baudruche. Démuni, Théo sent les larmes monter. Et après 45mn de hoquets incessants : "Bon, c'est terminé. Ça vous fera 70€"
Théo, sur le chemin du retour, n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe dans ce cabinet. La semaine passe, et il sent que quelque chose se déplace en lui : un mouvement à peine perceptible.
"Je vous écoute"
Le silence. Ni mots, ni larmes. Et ça dure. Et alors que Théo s'apprête à dire qu'il ne comprend pas pourquoi il s'obstine à venir pour ne rien dire...
"Bon, c'est terminé. Ça vous fera 70€"
"NON !" Hurle Théo. "Non..." La psy, qui le fixe avec attention, demande : "non ?" Théo, la mâchoire serrée de rage et les yeux humides, sort sa monnaie et s'enfuit dans l'escalier.
Des semaines passent, Théo s'enferme chez lui, s'enferme en lui. Le téléphone sonne mais il ne répond pas. Les médicaments sont trop loin alors il ne les prend pas. Et puis un soir plus difficile qu'un autre, Théo se dit que ce serait si facile de se laisser tomber de son balcon. Son corps entier se met alors à trembler et un long cri plaintif s'échappe de sa gorge. Démuni, il attrape son téléphone, reprend rendez-vous avec sa psy sur doctolib. Les larmes se sont déversées en cascades sur l'écran, ça n'a pas été simple.
"Cela fait plus d'un mois qu'on ne s'est pas vu. Vous avez repris rendez-vous, vous voulez peut-être m'en parler ?"
"Oui", répond Théo alors qu'un mois de peur, de colère et de culpabilité se bousculent pour sortir en même temps.
"Alors, je vous écoute"
Et les larmes de Théo, depuis, racontent une histoire que Théo lui-même avait oublié et qui s'écrit à nouveau, avec d'autres mots...
Pardon ça va être un peu long mais j'en avais gros. TW : communisme (mdr)
J'ai un problème avec le veganisme qui ne pose pas la question de la lutte anticapitaliste. Je vais développer.
En fait dans mon feed insta je tombe assez souvent sur du contenu vegan, et c'est pas si surprenant parce que c'est une question à laquelle je suis sensible en tant que végétarien, c'est une source régulière de questionnement sur mon mode de consommation, et aussi une source régulière de culpabilité, principalement dans mes choix de nourriture, de boissons, de vêtements et de chaussures. J'ai l'information, je sais que je participe activement à de la maltraitance animale en tant que personne végétarienne et de quelle manière, et pourtant je ne passe pas à l'étape supérieure : c'est soit que j'en ai absolument rien à foutre, soit que l'argumentaire utilisé sur moi n'est pas efficace. Et j'en ai pas rien à foutre.
Le problème que j'ai avec la plupart des argumentaires que je rencontre liés au veganisme et à son adhésion, c'est qu'ils reposent sur une responsabilité individuelle. On va clarifier un truc tout de suite : not all vegans. Il y a du contenu vegan de vulgarisation, de tips pour le quotidien, de moyens pratiques et éthiques de se nourrir, et surtout il existe des comptes de personnes véganes qui conçoivent le veganisme sous un angle marxiste et matérialiste mais que je ne connais pas encore, c'est évident. Mais la grande majorité du contenu que je vois passer sur la lutte vegane tourne autour d'une réponse individuelle à nos modes de consommation, et ne proposent pas de solutions systémiques concrètes, notamment en termes de remise en question de nos modes de production.
Moi mon problème numéro 1 au quotidien sur le véganisme, c'est l'énergie que j'ai à y mettre. Ca peut paraître ridicule comme ça, mais ça soulève tout un tas de points liés à des raisons très matérielles de ne pas devenir vegan. J'ai un quotidien qui m'épuise, pour plein de raisons que j'ai pas envie de développer parce que c'est long, mais je suis épuisé, mentalement surtout, mais physiquement aussi. Quelques exemples quand même 👇🏻
Quand je dois faire des courses, c'est plus simple d'aller à l'Intermarché du coin qui est à 5mn à pied qu'au biocoop qui est à 15mn en voiture, et aussi c'est 2 fois moins cher. Parce que je rentre chez moi entre 19h et 19h30 en semaine, et mon lundi qui est mon seul jour off officiel avec le dimanche est blindé de trucs à faire autres et tout aussi importants, donc les courses ca doit aller VITE ! Fatalement, j'ai beaucoup moins de choix et d'alternatives véganes dans mon Intermarché que dans un biocoop. Je pourrais me faire livrer des trucs, mais encore une fois... QUAND ?? Sur quelle plage horaire déjà prise ?
J'ai pas l'énergie non plus de cuisiner. Quand j'ai les enfants je me démerde systématiquement pour qu'ils aient à chaque repas des féculents, des légumes et des protéines dans leur assiette. Ça m'épuise tellement de faire ça pour chaque repas en prenant en compte les besoins spécifiques de mes deux enfants, que je ne trouve pas la force de répondre aux miens (et donc de me faire à manger, de prévoir ma part), et que globalement je mange ce qui reste. La question de pourquoi ça m'épuise autant reste à élucider, pour autant cuisiner me demande des ressources que je n'ai pas et que je vais puiser dans mes réserves pour garantir une alimentation correcte à mes enfants. Je ne vois pas dans quel monde j'ai le temps et l'énergie de modifier mes habitudes alimentaires, de potasser des recettes, de me confronter à la possibilité que mes enfants n'aiment pas ce que j'ai essayé de nouveau, bref d'apprendre seul avec des tutos et des bouquins à construire une alimentation vegane équilibrée et qui convienne à toustes chez moi. I need help for this !
J'ai pas les moyens de me payer des baskets veganes à 120€ la paire en fibres d'ananas, donc le mieux que j'arrive à faire pour rester éthique c'est d'acheter du synthétique, mais du coup je pue des ieps h24 parce que là dedans y a plus rien qui respire c'est une horreur. Aussi, quand je fais les magasins avec mes gamins pour leur trouver des chaussures, c'est un CALVAIRE de base. Si j'ajoute en plus le fait de devoir checker si la semelle est pas en cuir, si le tour est pas en cuir, etc..., mais j'achète pas de chaussures en fait. Encore une fois, on va ramener du matériel là dedans, mais l'énergie que ça me demande d'aller jusqu'au magasin, de subir le bruit d'un magasin pendant 30mn, de gérer les frustrations de mes gamins qui peuvent pas avoir la paire de chaussures qu'ils voulaient parce qu'elle est trop chère (on n'oublie pas que je suis à découvert le 5 du mois), de faire plusieurs magasins parce qu'un seul ça suffit rarement pour trouver chaussure à son pied... Bah je peux pas, c'est très souvent au-delà de mes forces et je finis par hurler ou par abandonner. Et je dis pas, c'est peut-être lié à un truc que je devrais me faire diag pour être autant en surstimulation hein, mais qu'est-ce que ça change ? Je suis pas le seul pour qui c'est un problème de base, sans avoir en plus à rajouter la couche éthique par dessus.
En fait ce que j'essaye d'expliquer, c'est qu'au lieu de dépenser une énergie cataclysmique au quotidien pour, moi, à échelle individuelle, me sentir aligné avec mes choix, j'aime autant m'investir dans du collectif pour lutter contre nos politiques capitalistes et oeuvrer à mon échelle à une prise de conscience collective.
Ca change quoi le veganisme dans un monde profondément capitaliste et qui détruit le vivant ? Le coeur du combat, il est pour moi anticapitaliste. Fous moi des produits veganes pas chers et près de chez moi : j'achète des produits veganes. Donne moi le temps de me reposer et de penser un autre mode de consommation, et je m'intéresserai à des recettes et à d'autres moyens de faire à manger qui soient plus éthiques. Produis des chaussures veganes accessibles et en nombre suffisant pour avoir du choix : je choisis les chaussures veganes. Le problème n'est pas un manque d'information ni une volonté de maintenir notre confort, le problème est qu'on n'est pas toustes à égalité pour devenir vegan·e, parce que cette société capitaliste met certain·e·s d'entre nous (et de plus en plus) à l'amende. Je suis pas obligé de porter une croix pour devenir vegan : on peut aussi faire en sorte de lutter pour un monde qui nous faciliterait la tâche.
Moi je me sens pas ok de participer à une extermination animale de masse, mais je suis obligé de me foutre la paix au mieux avec les choix que je fais par rapport à ma réalité matérielle (sous peine de finir en burn out), et surtout je me sens grave ok avec les choix politiques que je fais. Et à choisir, j'aime autant soutenir des initiatives comme le wiki de la hess de hat3rmusic (c'est un pseudo insta, allez voir c'est cool ce qu'il fait), que de chercher en permanence comment m'appliquer un truc que je peux pas tenir sans exploser en vol.
Voilà, déso c'était long et pas forcément très utile, mais j'en avais besoin
Jour 7 - Mémoire d'autres vies
Allongé. A. llon. gé. Alllllllllooooooooooongéééééé. De midi à minuit, de minuit à midi. Du canapé au lit, du lit aux toilettes, des toilettes au canapé : éteint, allongé. Et c'est pas faute d'essayer de me lever, mais c'est trop lourd. Le poids est immense, et je suis écrasé. Les jours sont des nuits, les nuits des journées, le haut est en bas, et le bas en haut, le lundi un jeudi, qui est lui-même un dimanche. Plus rien n'a de sens et... Et mon corps n'existe pas. Un jour je croise mon visage barbu dans le miroir : c'est celui de quelqu'un que je ne connais pas ; ou que j'ai connu ailleurs, d'une autre vie. Je regarde mieux, je me penche même, et quand je vois enfin quelque chose je chute dans un trou, et ça dure une éternité de lenteur. J'ai le temps de voir, dans mon visage, les traits de mon père, de son père ; ceux de ma mère, de sa mère. Il y a dans les sillons de mes cernes et dans les poils de ma barbe l'infinité de tout ce que j'ai été et ne serai pas. Il y a là, au coeur de ce trou immense dans lequel je sombre inlassablement, les contours familiers de parfaits étrangers. Quand j'atterris enfin, une porte trop petite se trouve à ma droite. Je pourrais rester là, allongé, a. llon. gé, alllllllllooooooooooongéééééé. Je pourrais... Mais il y a forcément quelque chose à découvrir derrière cette porte minuscule et qui vaut sûrement le coup que je me lève . Voyons, comment puis-je la franchir ?..
Jour 5 - Le ciel s'est déchiré
Seconde 1 - Allongé sur le dos, le toit de la tente devient l'écran de mes projections mentales les plus tendres. Je revois mon fils le jour de son cinquième anniversaire, entouré des nôtres, souffler ses bougies. Je revois le bleu des yeux de ma femme lorsqu'ils plongent dans les miens, et une vie entière à nous aimer devant Dieu. Je revois mes neveux, nièces, cousins, cousines, oncles, tantes, parents, frères, soeurs qui chantent, dansent, aiment, prient, mangent, vivent... Je les vois vibrer d'espoir et de rêves, tout autour de moi. Mais bientôt se sont les ombres qui dansent, et j'entends les cris de ceux que j'ai aimé emplir ma tente de leur douleur. Je vois le sang couler à flot dans la rue où je prenais mon café le matin. Je vois les corps, les membres, les nouveaux morts-nés. J'entends le silence de mort, saupoudré du bruit de la poussière qui retombe sur nos chairs abîmées. Je vois... J'entends...
Seconde 2 - Du ciel entrouvert jaillit le feu de l'annihilation, planifiée et méthodique. Allongé sur le dos, le toit de la tente devient mon linceul brûlant et les souvenirs de cette vie fusionnent à ma peau, à ma chair, à mes os. Que Dieu nous vienne en aide...
Jour 4 - Je n'ai jamais vu ce film
On entre dans son appartement pour la première fois. C'est un studio parisien mansardé qu'il loue pour le prix d’un trois pièces dans ma banlieue. L'entrée est le salon, qui est lui-même la chambre et la cuisine. Dans un coin une porte donne sur une pièce qui contient la douche et les toilettes. C’est petit, mais c’est très mignon. Son lit se trouve sur une mezzanine en bois que je n’arrive pas à quitter des yeux. Je l’entends sourire juste à côté de moi : c’est lui qui l’a construite, avec l’accord de sa proprio. Il est ébéniste. Elle lui a fourni la matière, et il a tout découpé et assemblé tout seul. Après le lit reste, mais il s’en fout ça lui va comme ça. D’un coup j’ai envie de ses mains sur ma peau.
Il me demande si j’ai faim, me propose de me faire un truc rapide pendant que je m’assois sur le canapé, je lui dis oui. Il me demande ce que je préfère : une salade ou un sandwich. Va pour un sandwich. Avec quoi dedans : il a de la betterave qu’il peut rapper, ainsi que de la fêta, des tranches de pastrami végétarien, de la salade, roquette ou batavia, il peut mettre un peu des deux. Tout me va, je lui laisse le choix d’une sauce dont il a parait-il le secret.
Depuis son plan de travail, il me demande comment je vais depuis la dernière fois, me raconte les deux dernières commandes qu’il a honorées : l’une pour faire rentrer l’argent, l’autre pour s’éclater. Quand il coupe les légumes il se concentre sur le couteau et sa tête penche sensiblement sur le côté ; une mèche de cheveux tombe inlassablement sur son front qu’il tente de faire remonter, en vain. Je pourrais rester là longtemps comme ça, à l’écouter me raconter ce qui anime ses mains chaque jour, à l’observer me préparer un repas dont il s’est assuré que j’allais vraiment l’apprécier. A présent ses mains sont passées du couteau et de la planche à découper à mes hanches, et descendent lentement vers mes cuisses qui frémissent de plaisir, la rugosité de sa peau me… Il pose l’assiette sur la table et me demande si ça va. Il me sourit. Je lui dis oui, ça va ; je pose ma main sur sa joue, je lui souris. On reste comme ça un peu, à se regarder, à goûter le silence de l’autre avec envie. Il se redresse lentement, son regard plongé dans le mien, ma main qui glisse le long de sa joue et retombe sagement sur mon genou.
Il me dit qu’il peut me proposer un film. Il m’en cite plusieurs mais je ne l’écoute plus, je le regarde manipuler les DVD, les retourner pour me lire un bout de résumé puis passer à un autre. Il me demande de choisir, je lui dis de mettre le dernier. Il me dit qu’il ne l’a jamais vu, mais qu’on lui a vivement conseillé. Il allume la télé pendant que je déguste le meilleur sandwich de toute ma vie : ça me donne envie de l’avoir lui, contre moi. Je lui dis.
Il pose le DVD, je pose l’assiette. Il me rejoint, j’ai encore la bouche pleine. Sa main se glisse sous mon t-shirt.
Je n’ai jamais vu ce film
J'ai besoin d'une récompense, d'un tip, d'un hack là pour lâcher mon tél le soir, pas passer 3h sur insta, pas passer 2h sur Youtube. J'ai aucune discipline, aucun intérêt à quitter un truc aussi captivant. Mais je suis seul pour 3 semaines, je travaille, j'ai des projets pour ces 3 semaines qui nécessitent que je dorme un minimum pour tenir le boulot + ce que j'ai envie de faire à côté, c'est important, je veux pas arriver fin août avec l'appart dans le même état voire pire, que des regrets et une fatigue de zombie décérébré. Là le compteur si je m'endors maintenant (jamais), il est déjà à 5h15 de sommeil, j'ai dormi moins de 5h la nuit dernière déjà...
Poser mon tél à 22h ça marche pas je le reprends, limiter les applis ça marche pas je fais sauter la limitation, désinstaller les applis je trouve des dérivés ou équivalents ailleurs, faire des pauses ça marche pas j'ai pas envie. En fait j'ai besoin de body doubling, que quelqu'un soit là. Et j'ai besoin d'urgence : que quelqu'un vienne chez moi dans 30mn, avec l'impératif de devoir ranger. J'ai besoin de cadre.
J'ai besoin d'un diag, voire d'un traitement. Je suis fatigué. Je veux pas finir au fond du seau comme chaque été.
Et j'ai besoin d'argent en fait, c'est pour m'acheter des fringues fem dans lesquelles me sentir moi, un casque audio pour réguler mes émotions avec de la musique forte et de qualité, et du silence. J'ai besoin de ces stickers là que j'ai vu et qui sont incroyables. J'ai besoin de nouvelles chaussures et de bijoux et d'accessoires. J'ai besoin d'une routine skincare et d'une palette de maquillage digne de ce nom + rouges à lèvres. J'ai besoin BESOIN de couper mes cheveux pour retrouver une coupe qui m'aille mieux que ça, c'est trop long là. J'ai besoin d'un chest tattoo chez captain plum D'URGENCE. J'ai besoin de prendre la route et d'avoir mes ami·e·s dans mes bras et de rencontrer leur bébé et de papoter et de leur offrir des trucs. J'ai besoin, besoin, besoin...
J'ai besoin d'une récompense, d'un tip, d'un hack là pour lâcher mon tél le soir, pas passer 3h sur insta, pas passer 2h sur Youtube. J'ai aucune discipline, aucun intérêt à quitter un truc aussi captivant. Mais je suis seul pour 3 semaines, je travaille, j'ai des projets pour ces 3 semaines qui nécessitent que je dorme un minimum pour tenir le boulot + ce que j'ai envie de faire à côté, c'est important, je veux pas arriver fin août avec l'appart dans le même état voire pire, que des regrets et une fatigue de zombie décérébré. Là le compteur si je m'endors maintenant (jamais), il est déjà à 5h15 de sommeil, j'ai dormi moins de 5h la nuit dernière déjà...
Poser mon tél à 22h ça marche pas je le reprends, limiter les applis ça marche pas je fais sauter la limitation, désinstaller les applis je trouve des dérivés ou équivalents ailleurs, faire des pauses ça marche pas j'ai pas envie. En fait j'ai besoin de body doubling, que quelqu'un soit là. Et j'ai besoin d'urgence : que quelqu'un vienne chez moi dans 30mn, avec l'impératif de devoir ranger. J'ai besoin de cadre.
J'ai besoin d'un diag, voire d'un traitement. Je suis fatigué. Je veux pas finir au fond du seau comme chaque été.
Jour 3 - Facettes et fragments
Une cuillère pour Maman. Une cuillère pour papa. Une cuillère pour papi. Une cuillère pour tata.
Allez, on ouvre graaaaand la bouche Alan ?
En combien de morceaux me suis-je donc fracturé ? C'est la question qui fuse à l'esprit d'Alan alors que son manager n'en finit plus de décrire un tableau croisé dynamique des performances de la semaine de toute l'équipe. Une question parmi d'autres, qui repart aussi vite qu'elle est arrivée pour laisser place à la liste exhaustive des tâches qui attendent Alan à son retour chez lui : nourrir le chat, passer l'aspi, faire à manger, prendre rdv chez le dentiste, descendre les... ho ! il faudra absolument prendre rdv chez Peugeot aussi, la révision arrive à échéance dans 2 jours, Alan espère que ça ira pour avoir un rdv, d'ailleurs est-ce qu'il a bien fermé la voiture tout à l'heure en arrivant ? Attends, non c'est sûr il l'a laissée ouverte, mais bon en soi c'est pas si grave y a rien à voler dedans, et...
"Alan, ho ! Ca fait trois fois je te parle, trois fois tu me réponds pas. Je te dérange peut-être ? Tes performances de la semaine t'intéressent pas plus que ça visiblement ? Pourtant ça devrait, ta prod est l'une des plus basses, comme d'habitude"
Les 3 mêmes lèche-cul du manager se marrent, mais Alan croise la douceur du regard d'Ahmed, à deux chaises de distance : ça l'apaise. Le brief aurait dû reprendre son cours, mais le manager a rien lâché, s'est mis à insister pour qu'Alan s'explique de ses performances devant tout le monde, a rappelé qu'il était déjà difficile de compter sur lui dans l'équipe étant donné ses arrêts de travail réguliers et que lui il était bien gentil de le défendre auprès du boss chaque semaine, que ça durerait pas.
Alan veut être ailleurs. Il veut être chez lui, dans son lit, sous sa couette ; dans sa voiture, du métal hurlant qu'on entend dans tout le quartier et qui lui vibre le corps. Il croise à nouveau le regard d'Ahmed qui fait ce qu'il peut pour le soutenir de loin, ça se voit, mais le manager s'arrête pas, alors ça se met à bourdonner dans les oreilles d'Alan. Tout autour s'est évaporé, la voix de son chef est devenue lointaine : Alan se sent partir.
Stop. Stop. Stop stop stop stop stop stop
STOP !
"Écoute moi bien espèce de gros incel de merde. C'est pas parce que t'exerces ton petit pouvoir de fils de pute sur les gens que ça te donne une quelconque valeur. J'en ai effectivement rien à foutre de ton tableur de con, comme l'intégralité des gens de cette pièce. On est tous là, à mater le fruit de nos efforts qu'on reverra jamais dans nos poches mais dans celles des plus grosses raclures de cette planète, et traduit en petits chiffres dégueulasses pour qu'on puisse pas voir à quel point ce système nous défonce. Mais tu t'es pris pour qui Thomas ? T'as cru t'étais Bill Gates ? T'as cru tu nous montrais le cours de la bourse de New York dans ton petit écran pas droit projeté sur un mur en parpaings depuis une caisse posée sur une table dans la réserve d'un vieux Leclerc ? Mais t'as complètement pété un plomb pour croire que qui que ce soit en a quelque chose à foutre de ce qu'on fait ici. Je te rappelle que t'es à peine payé plus que nous pour nous enculer du soir au matin et retourner à ta petite vie de merde pareil que nous, donc viens pas nous casser les couilles avec tes chiffres et ton paternalisme, ta supériorité à deux balles dont tout le monde se passerait bien là, et fais nous le plaisir d'abréger ta petite réunion de petit chef que personne peut encadrer, qu'on retourne à nos tafs : eux au moins ils nous font pas des longs discours et des leçons de morale"
Alan est debout et le corps tendu en avant, les mains enfoncées dans le dossier de la chaise de devant et la tête vissée aux épaules. Le silence s'est installé. Il sait qu'il aurait pas dû l'ouvrir, qu'il aurait dû serrer les dents : c'est ce qu'il fait d'habitude, chaque jour. Mais là ça a été plus fort que lui : une force extérieure mais à l'intérieur a éteint la lumière et pris le contrôle. Alan peut rien y faire. Alors il attrape son terminal personnel, l'arrache de sur son bras, et l'explose au sol sous les cris de surprise de ses collègues. Son manager, jusqu'ici sous le choc, sort de sa paralysie pour lui hurler qu'il vient d'exploser 2000€ de matériel et que ça serait retenu sur sa paye, qu'il est attendu immédiatement dans le bureau du chef de secteur, mais Alan est déjà à l'autre bout de l'entrepôt, ses affaires à la main, et claque la porte de la grille, le majeur bien en l'air.
Feu rouge. Alan se repasse la scène, encore, encore, encore, quand un klaxon vient le sortir de sa pensée avec violence. Il se précipite pour passer sa vitesse et accélérer, cale, panique, cherche son air, n'arrive plus à redémarrer, entend de nouveau klaxonner, sent le sol se dérober sous ses pieds. Alors il soulève le frein, agrippe fermement le volant de ses deux mains, pousse un hurlement qui lui arrache la gorge et vient exploser sa tête si fort dans son volant que l'airbag se déclenche. Nuit.
Une cuillère pour maman. Une cuillère pour papa. Une cuillère pour papi. Une cuillère pour tata. En combien de morceaux peux-tu te fragmenter ? Où te caches-tu Alan, sous quel oreiller ? Une cuillère pour maman, une cuillère pour papa. Sois gentil Alan, mais surtout tais-toi
Je suis rentré hier soir de vacances, mon fils s'est fait piquer 5 ou 6 fois dans la nuit, et là j'ai fait 1h de sieste, j'ai 2 piqûres.
CA SERT À QUOI D'AVOIR DES ARAIGNÉES PLEIN L'APPART SI ON SE FAIT BOUFFER À CE POINT ???
Genre j'ai littéralement 3 pholques par coin de plafond dans mon salon, + celles qui ont fait leur toile un peu partout c'est araignée land chez moi, et ces connasses de moustiques me bouffent quand même ! Mais c'est bon là 😡
Jour 2 - Parfum poussière
D'un geste, il avait passé sa main sur la veste de son frère pour en disperser la poussière qui l'avait finement recouverte. Après les cris et les larmes, ce dernier geste : vif, soudain, précis. Comme une marque d'amour et de profond respect, comme une impuissance et une rage indicibles. Sa main, le frottement de la veste de son frère et la giclée de poussière dans le vent, comme : la main de son frère, la pression sur le flacon de verre et la giclée de parfum de vie sur sa veste, comme : son frère en joue sous la main du soldat israélien, la tension du doigt sur la gâchette et la giclée de sang sur le sol.
Parfum poussière, plan génocidaire
La femme de mon père : ha bah top, le livret A passe de 1,5 à 1,7%, bonne nouvelle !
Moi : me mords la joue très très fort pour pas lui dire que la caisse des dépôts via le livret A a acheté pour près de 30 millions d'actions chez Total, et que donc nos livrets A financent très directement Total, qui en plus de détruire le vivant et être responsable des incendies de cet été (entre autres) a augmenté ses marges de manière indécente au mépris de nos difficultés à nous en sortir, et en surfant sur une crise internationale majeure ayant fait des milliers de mort·e·s et déstabilisé toute une partie de la géopolitique mondiale au profit des intérêts impérialistes des USA et d'Israel...
(elle s'en tape et je suis fatigué d'avoir les mêmes discussions stériles chaque année sur mes vacances. Mais ca m'énerve tout pareil)
Le lien vers plus d'infos sur le livret A : par là
Edit : je précise au passage que je trouve le post insta un peu biaisé parce qu'il provient d'une banque, qu'importe laquelle, mais que l'info est sortie de là en premier et qu'elle est par ailleurs sourcée
Jour 1 - Je vais voir ce que je peux faire
Cette année j'ai délaissé mon Tumblr sur plusieurs mois et j'ai arrêté d'écrire. En réalité, cela fait bien longtemps que je n'écris plus vraiment, que les mots ne me disent plus.
J'ai mis à l'arrêt tous mes projets et j'ai fini par remettre en cause ma légitimité, non pas à écrire, mais à être lu. Je connais ma valeur, je sais la qualité de ce que je peux produire : parce que je fais ça depuis longtemps, parce que j'ai touché des gens avec mes mots, aussi. Mais parce que j'ai considéré prendre une place qui devait revenir à d'autres, j'ai voulu disparaître avec eux, mes mots. J'ai cherché le silence, j'ai cherché le rejet jusque là où il n'était pas, et me suis noyé dans mon propre verre d'eau.
Alors aujourd'hui je m'y remets, mais j'ai peur.
Peur de ne pas y arriver, peur que ça ne soit pas assez bon. J'ai peur d'avoir raté le coche et qu'il soit trop tard pour écrire à nouveau. J'ai peur, encore, de prendre trop de place et de dire des choses plus grandes que moi, trop grandes pour moi ; des choses terribles aussi, de celles qui font du mal. J'ai peur de m'essouffler trop vite et de devoir abandonner. J'ai peur d'être trop dur avec mes mots : ceux que j'aurai choisi et qui peut-être seront trop, ou au contraire ne seront pas assez. J'ai peur que ça ne soit ni trop ni pas assez, et que ces mots sonnent vides. J'ai peur de la culpabilité de ne pas y arriver, et du poison que j'infuse volontairement dans mes veines lorsque je ne crois pas en moi. J'ai peur d'avoir peur et que ça me paralyse encore. J'ai peur d'écrire et que ça ne soit pas moi. J'ai peur...
J'ai peur, mais je vais voir ce que je peux faire...
30jourspourécrire 2026 : les sujets
1 - Et si… / Je vais voir ce que je peux faire 2 - Symétrie / Parfum poussière 3 - Héritage / Facettes et fragments 4 - La farandole / Je n’ai jamais vu ce film 5 - Rêves / Le ciel s’est déchiré 6 - Le vide / L’encre et l’oiseau 7 - Corps / Mémoire d’autres vies 8 - Louve / Pourquoi moi ? 9 - Couler / Bijoux 10 - Le chat bleu / Le dernier humain sur Terre 11 - Odyssée / Une liste qui n’est pas une liste de courses 12 - Marque-page / Une guitare dans le cœur 13 - Aventure / Carpe noctem 14 - La rosée / Le musée des péchés 15 - Syncope / Mon petit doigt m’a dit 16 - Fourmis / La Mort amoureuse 17 - Labyrinthe / Reportage dans les souvenirs d’enfance 18 - La chaleur / Créatures en sommeil 19 - Des radis / L’écho du silence 20 - Ascendant / Proche des falaises 21 - Lire / Fleur du lendemain 22 - Un craquement / Cendres chaudes 23 - C’est fait / Parmi les moutons 24 - Un nuage / Écrire sans employer « je » 25 - Fosse / Note de miel 26 - Retouche / En trois maux 27 - Un phare / Des yeux noirs 28 - À l’intersection / Une lumière rouge 29 - Chêne / Brume sacrée 30 - Dix bougies / La dernière page
Rappel des règles ici
OMG OMG OMG c'est parti 😱