Les tropes sur le handicap qu'on en a marre de voir
TW : validisme, eugénisme, mort
Disclaimer : ceci est une traduction, avec quelques modifications et ajouts du thread de Cindy Baldwin sur Twitter, une autrice malade chronique : https://twitter.com/beingcindy/status/1222216179873271809?s=20
Généralement, quand le handicap est abordé dans les fictions, il est souvent représenté pour les valides (les personnes sans handicaps), par les valides. Il reste donc enfermé dans une vision du handicap par des personnes qui ne le vivent pas de l'intérieur, et ne remet que peu en question les modes de narration répétitifs autour du sujet. De plus, cette représentation tend encore à éclipser des visions qui seraient plus familières et vraies pour les personnes handi' et malades chroniques.
Les schémas de narration autour de personnages handicapés tendent à se répéter, et, devine, ça commence à être casse-pieds pour peu qu'on soit nous-même concernés.
Voici donc une liste de ces tropes qu'on ne veut plus voir :
Trope 1 : La guérison miraculeuse
Pendant une partie de l'histoire, le personnage est handicapé, puis, par magie, grâce à la science, en travaillant etc., iel parvient à "surmonter" son handicap. Celui-ci disparaît subitement, comme par magie. Dans les mains d'un.e créateurice handicapée, ce trope pourrait être une bonne occasion de s'interroger sur ce qu'est être handicapé, ce que cette condition définit pour soi-même et ce qui nous entoure, comment elle influe sur notre identité et toute sa construction, mais généralement, ce n'est absolument pas ça... Le trope de la guérison miraculeuse est plus vue comme une victoire, quelque chose qui dirait que le personnage pourrait ENFIN être heureux (oui, on a pas le droit au bonheur si on est handi').
C'est un trope extrêmement frustrant, voir invisibilisant à l'égard des personnes handicapées pour plusieurs raisons, la première étant qu'il n'y a pas de remèdes miracles existant dans la vraie vie. La plupart des handicaps sont pour la vie, et c'est difficile de s'identifier à un personnage pour ensuite découvrir qu'iel va changer d'une manière qui ne te sera jamais accessible.
Dans le cas d'autres personnes, le handicap est une part complexe liée à tout le reste de leur existence, et dont ils ne veulent pas se débarrasser. C'est une idée encore une fois compliquée à saisir pour des personnes valides, mais beaucoup de personnes handicapés sont heureuses, et demandent à ce qu'on les accepte et aménage l'espace plutôt qu'on les "corrige" (c'est une idée très fréquente dans les mouvements neurodivergents par exemple, qui réclame le droit d'avoir un fonctionnement neurologique différent et l'acceptation de ces différences).
Trope 2 : la mort inspirante
C'est un trope très commun dans les médias, qu'on trouve presque systématiquement s'il y a plusieurs personnages handicapés, et souvent même s'iel n'y en a qu'un (ce qui est pire).
C'est l'histoire où souvent, ce personnage se bat avec bravoure, mais finit par mourir, inspirant les valides autour à aller de l'avant et accomplir des choses en son nom. C'est une espèce de condamnation systématique de ces personnages, qui de toute évidence met plutôt mal à l'aise le public handicapé, dont les représentations sont au final des petits chiots à écraser sur la route en cours d'aventure pour faire pleurer les chaumières et faire avancer les non-handicapés. Donc, juste, arrêtez, on a assez vu de meurtres systématiques de ces personnages pour inspirer les valides. (et les handis veulent des personnages handis qui survivent, merci)
Trope 3 : le personnage handicapé isolé qui a absolument besoin d'un.e valide pour s'en sortir. (et lae valide qui est tellement super trop géniale de traîner avec un-e handi' parce que oh là là, c'est difficile vous savez)
C'est souvent ce personnage en soutien, un personnage secondaire, dont le personnage principal (valide) devient lae premier-e ami-e. Le personnage principal "sauve" en quelques sorte celui handicapé, qui après va encore gagner de nouveaux amis. C'est vraiment démoralisant que tant que personne handicapée (ce trope revenant souvent pour des personnes neurodivergentes), comme un message qui dirait "Vous ne pouvez pas être aimé pour ce que vous êtes tant qu'une personne valide ne vous a pas validé comme le méritant".
On le trouve souvent dans de véritables histoires, à la "ce populaire joueur de basketball a emmené une fille trisomique au bal de fin d'année". C'est cool de voir les gens briser des barrières, mais il faut arrêter de porter les valides qui considèrent les handicapés comme des humains comme des héros. En finir avec ça aussi dans les narrations de vos écrits, ça serait vraiment génial.
Trope 4 : La présence de la personne handicapée inspire les autres (et c'est tout)
C'est encore une fois effacer en partie l'humanité des personnes handicapées, en niant qu'elles sont aussi complexes que des personnes valides. On parle souvent d'inspiration porn dans ce cas. On met la personne sur un piédestal, en la réduisant à un exemple, un espèce d'ange, au final un objet qui n'a qu'un impact positif sur les autres.
Trope 5 : Le handicap n'a que peu (voir pas) d'impact sur la vie du personnage, qui réussi des choses incroyables et "dépasse son handicap"
Juste en lisant, tu vois certainement le soucie. On parle d'un personnage présenté comme handicapé, qui rencontre peu ou pas de difficultés, et arrive à faire pleins de choses. On l'érige en exemple, à la "regarde ce qu'iel fait alors qu'iel est handicapé-e !". C'est un peu le modèle du "iel dépasse son handicap", mais avec un handicap qui est juste en décoration, et n'influe pas sur le personnage. Et donc, ce personnage fait pleins de choses incroyables, qui arrachent des "waouw, trop fort".
Justement, ça renforce le fait que des personnes qui n'y arrivent pas, ne font rien d'incroyable, ou ratent des choses "banales" à cause de leur(s) handicap(s) sont considérés comme "ne l'ayant pas surmonté", ayant échoué. Mais on peut avoir une très belle vie sans faire de choses incroyables, sans battre de records, en restant à la maison, voir au lit. On peut avoir une belle vie, même sans pouvoir parler, et même en devant enchaîner seize heures de sommeil à la suite.
Continuer à écrire des histoires comme ça massivement, c'est juste un moyen de faire se sentir encore plus mal les personnes handicapées. Parce que non, personne ne "dépasse son handicap", il est toujours là, on vit avec, il empêche de faire des choses, et on n'a pas besoin d'accomplir quelque chose d'incroyable pour mériter d'exister.
Trope 6 : "Suivre un traitement pour ta maladie, ce n'est pas vraiment vivre" ='c
Ce trope là est beaucoup trop fréquent, et je suis certain que tu l'as déjà croisé quelques part. Souvent, c'est ce personnage qui dit à un autre suivant un traitement sensé lui sauver la vie, ou au moins la préserver, qu'iel est en train de rater la "vraie vie". Pourtant, si tu as un traitement qui te garde en vie, c'est quand même un peu évident qu'il n'y a pas de "vraie vie" sans celui-ci. Sans ça, tu peux mourir ???? Et en quoi c'est bien de dire à des personnes malades/handicapées que c'est mieux d'avoir une vie courte mais bardée d'activités "trop cools", une vie conforme, alors que c'est super dangereux ? Tout cela en donnant l'impression que suivre un traitement, d'adhérer à un mode de vie strict pour vivre plus longtemps, c'est gâcher sa vie, être égoïste et "ne pas vraiment vivre".
Trope 7 : "Ne laisse pas le handicap te définir" / "Tu n'es pas ton handicap"
Oui, on comprend l'intention, t'inquiète pas. On sait que ce n'est pas pensé méchamment, que pour les valides c'est une manière de nuancer pour ne pas nous définir uniquement par notre handicap.
Sauf que généralement, les personnes handicapées sont partiellement définies par ce handicap. Être handicapé-e, c'est organiser l'entièreté de sa vie, et l'entièreté de ses actions autour de questions comme "Comment ça va impacter ma santé ?", "Les conditions me permettent elles de faire ça ?", "Comment puis-je le faire sans me faire du mal ?", "Comment puis-je le faire sans avoir besoin de plusieurs jours de repos ?", "Quel sera le prix à payer sur ma santé pour cette action ?" etc. Etre handicapé-e, c'est passer une quantité monstrueuse de temps à organiser chaque actions, chaque sorties, chercher à tout organiser, à deviner tous les imprévus pour ne pas se retrouver dans une situation dans laquelle on ne pourrait pas s'en sortir, planifier un repos etc.
Oui, le handicap réduit les choses que l'on peut faire, les endroits où l'on peut aller, et si on peut s'y rendre ou le faire, le coup serait juste trop important pour s'y risquer parce qu'on ne pourra pas s'en remettre comme il faut. Il influe sur des questions comme "Qu'est ce que je vais manger ce matin ?", comme des "Est-ce que je peux avoir des enfants ?" ou "Est-ce que je n'ai pas d'autres choix que de travailler à la maison ?". Et ici, on ne parle même pas des traitements, des soins, des thérapies... Ni des crises, évidemment, puisque dans ce cas, très peu d'activités sont possibles...
Le handicap influe sur l'ensemble de la vie des personnes handicapées, son identité se construit tout autour de celui-ci.
Le "C'est chouette, tu ne laisses pas le handicap te définir", c'est nier tous les efforts de la personne pour vivre avec son handicap, et pas contre, et ainsi en subir les répercutions. Dire ça, c'est comme refuser de voir le travail qu'il faut, et a fallut pour en arriver là.
Faire des choses en étant handicapé-e est fondamentalement différent de faire des choses en étant valide. Souvent, la même action pour une personne handi' a demandé une quantité massive d'énergie, beaucoup de préparation, et de choses que vous ne pouvez pas voir.
Laisser les personnes handicapées, et donc aussi vos personnages handicapées, se définir par leur handicap, ce n'est pas un problème. Ca n'efface aucune autre part de leur identité, ça n'enlève rien de leurs accomplissements, et ce n'est pas une défaite face au handicap. Ca veut dire qu'iel est un-e combattant-e, qui arrive à vivre et à concilier tout le reste de son identité avec.
Trope 8 : "Dépasser son handicap" (en général)
Cela rejoint ce qui a été abordé plus tôt, mais trop de fictions autour du handicap se centrent sur l'idée de dépasser le handicap, d'aller plus loin, en guérissant, en accomplissant des choses incroyables etc. Pour les personnes handicapées, ça donne l'impression quand ça ne va pas, qu'iels sont obligé-e-s de rester chez elle, ou au lit, qu'iels ont à dépasser leurs limites, et à faire quelque chose de génial pour montrer qu'iels sont plus fort-e-s que leur pathologie.
La vérité derrière ça, encore une fois : ce sont des valides qui écrivent pour des valides. Les personnages handicapés sont écrits sans penser à un public handi', sans songer à l'impact que ça a sur elleux, parce qu'iels ne sont pas le public, que cette représentation au fond n'est pas faîtes pour leur donner des modèles et se sentir bien, mais pour que les valides se sentent bien. Les personnages handicapés sont là pour l'inspiration, et encourager les valides à faire mieux, et aller de l'avant, le fameux "si ce personnage a fait ça alors qu'iel est handicapé-e, qu'est ce qui m'empêche de le faire ?".
Pour les valides cette idée de "dépassement du handicap" est bien, pour les personnes handicapé-e-s c'est juste blessant. Beaucoup de personnes handicapées ont ainsi négligé leur santé mentale et physique, en essayant de surmonter au lieu de vivre avec. Ce qui est oublié par les valides
dans leur narration, c'est que le handicap, ce n'est pas un dragon à combattre, et qui peut-être vaincu. Le handicap c'est une partie de la personne handicapée, qui devrait être respectée.
De la même manière qu'il est vraiment nul d'exiger d'une personne aux cheveux roux de se les teindre en plus foncé, il est tout aussi nul d'exiger d'une personne handicapée qu'elle fasse tout comme les valides, de la même manière que les valides.
De plus, réussir pour une personne handi', ce n'est pas forcément pareil que pour une personne valide. C'est réussir à s'asseoir sur une chaise après avoir été incapable de travailler autre part qu'à moitié allongé-e sur un matelas, ou à se faire à manger après avoir été incapable de cuisiner, ou juste de manger tout court.
Faire les choses différemment parce qu'on ne peut pas le faire de la même manière que les valides le feraient, ce n'est pas non plus abandonner ou rater quoi que ce soit. Se reposer plus que les valides, ce n'est pas non plus un mal, c'est prendre un repos dont on a besoin, et préserver sa santé.
Trope 9 : Le handicap comme symbole d'imperfection et de faiblesse
On le voit surtout dans les dessins animés pour enfants à vrai dire. Le personnage handicapé n'est là que pour être sauvé, ne sert à rien (littéralement), est montré comme un boulet, ou alors c'est le méchant. Les méchants sont souvent aveugles, défigurés, difformes etc. Le handicap, c'est soit pour le personnage à sauver qui sert à rien sinon à être sauvé par le héros, soit le méchant. Cool pour les gosses handi' dont les modèles sont donc ces personnages là ?
Trope 10 : Les personnes handicapées sont fainéantes, et doivent se libérer de leur entourage indulgent pour se bouger le derrière
Dans les oeuvres avec ce trope, le personnage handicapé est souvent critiqué et moqué tout du long, avec l'entourage qui force ce personnage à travailler, alors qu'iel se dit pas prêt-e ou incapable. Sauf que bien sûr, iel y est forcé-e, et au lieu d'être montré comme un truc nul, c'est célébré. Souvent, la chose s'accompagne de commentaires rassurés à la "cette personne ne sera donc plus un poids pour son entourage", voir avec d'extrêmement nauséabonds "toute façon, iel n'était pas vraiment handicapé-e".
Cette attitude est mise en valeur en politique et dans les médias, qui parle de "bien être dans le travail", prétextant que les allocations pour invalidité sont versées qu'à des paresseux. C'est une idée qui tue littéralement les handicapés (en France, faire un dossier MDPH et avoir une réponse de celle-ci, c'est un survival game, beaucoup d'handi' arrivent pas au bout, donc les valides qui disent que c'est facile, qu'il y a trop d'assistés, clairement j'vous emm*rde, merci)
C'est aussi nier que toutes ces idées participent au fait que les personnes handicapées aient du mal à respecter leurs limites, parce qu'elles ne souffriraient "pas assez" pour être de "vrais zhandicapés", qu'au fond iels exagéreraient, et donc avec toutes les conséquences sur leur santé mentale et physique qui découleront de tout ça.
Trope 11 : Tout est mieux qu'être handicapé-e *paillettes*
"L'euthanasie et le suicide, c'est mieux qu'être handicapé-e. Avoir une pathologie très rare mais soignable, c'est mieux qu'être handi' aussi."
Est-ce que je dois vraiment expliquer en quoi c'est horrible ?
C'est horrible, mais pourtant on le voit souvent à la télévision, dans les romans, les dessins-animés etc. Vous vous souvenez de Me before You ? C'est littéralement un film qui invite les personnes handicapées physique à se suicider pour le bien de leurs proches en leur disant qu'elles ne seront jamais vraiment heureuses ainsi. C'est en gros dire aux personnes handi', que vu qu'elles sont handi, leurs vies méritent pas d'être vécues.
Trope 12 : La personne handicapée riche qui embauche une personne valide jeune, pauvre, et pas formée au handicap.
Invraisemblable, n'est ce pas ? Pourtant, c'est le cas dans plusieurs œuvres ! Intouchable ? Me Before You ?
Il y a plusieurs soucies avec ce trope, le premier étant : pourquoi tu embaucherais quelqu'un qui n'y connaît rien au handicap pour t'aider au quotidien, alors que cette personne risque surtout de te blesser sans faire exprès ? C'est tout à fait absurde !
Ensuite, cette récurrence des personnages handicapés avec pleins d'argent donne l'idée que de manière générale, les personnes handicapées ont des moyens. Or, l'accès aux soins et à tout ce qui pourrait permettre aux gens de survivre ou de souffrir moins est très limité (MÊME en France), et les personnes handicapées en majorité précaires, voir très précaires. Cette abondance de personnages handicapés riches a donc aussi ses dangers, puisque dans l'imaginaire, on imagine mal que les gens soient souvent livrés à eux-même. Il y a donc souvent un espèce d'éloignement émotionnel, et un oubli complet des personnes handicapées dès qu'on parle d'inégalité sociales.
Voici donc pour les tropes qu'on ne veut plus voir. Si tu es valide, ça serait cool que tu gardes ça en tête, et que si tu intègres un-e ou des personnages handicapé-e-s, tu contournes ces clichés vraiment nuls. En tant qu'handi' on a presque tous vu je pense des personnes qu'on adore promouvoir et dire plein de biens d'œuvres qui pour nous sont vraiment blessants. Il ne faut pas oublier que la fiction a un impact énorme sur notre manière de voir le monde, notre façon de penser. La représentation compte, beaucoup.
Si tu es handicapé-e et que d'autres exemples te viennent à l'esprit, n'hésite pas à commenter (que si tu es handicapé-e, honnêtement, si tu es valide, ton avis m'intéresse pas sur ce sujet).
Comme d'habitude, prends soin de toi,
(de la documentation supplémentaire sur le validisme pour aller plus loin si tu veux.
Le validisme, du "bon sentiment" qui pourrit la vie à la discrimination affichée : https://www.france24.com/fr/20200212-handicap-le-validisme-du-bon-sentiment-qui-pourrit-la-vie-%C3%A0-la-discrimination-affich%C3%A9e?ref=tw_i
"Combien de temps allons nous encore croire que le handicap ne peut être que tragédie ?"
https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2015/03/01/combien-de-temps-allons-nous-croire-que-le-handicap-ne-peut-etre-que-tragedie-1/
Handicap et culpabilité :
http://cultureh.canalblog.com/archives/2020/02/01/37989744.html
Pathologisation abusive des femmes, et rejets des femmes neurodivergentes :
http://www.zinzinzine.net/elle-doit-etre-folle.html
La stigmatisation sociale participe à dégrader la santé mentale
https://www.sciencedaily.com/releases/2018/10/181022122910.htm
idées reçues sur l'isolement et la contention :
https://igorthiriez.com/2017/02/25/4-idees-recues-sur-lisolement-et-la-contention/
Une personne schizophrène pourquoi elle est fâchée avec le cinéma :
https://medium.com/@sirdandelion/pourquoi-je-suis-en-col%C3%A8re-avec-le-cin%C3%A9ma-7387c5fe5c3d
L'inspiration porn à partir du handicap avec l'exemple du film Hors-Normes :
https://cle-autistes.fr/hors-normes/
Comment les personnes neurotypiques invalident abusivement les avis et sentiments des personnes fols en s'appuyant sur leurs pathologies :
https://twitter.com/lyingrain/status/1098161992676847616)