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J'ai rencontré le père de Caïs l'enfant victime d'agression sexuel au sein de l'école Jules Ferry de Montreuil. Tout mon soutien à lui et sa famille, son combat est digne et juste que justice leurs soit rendu ! Écoute et partage le soutenir lui c'est nous soutenir nous-même #JusticePourCais #justice #vérité
La vérité pour Adama Traoré Marche en soutien à la famille Traoré pour que la vérité éclate et que justice leurs soit rendu #JusticePourAdama#AdamaTraoré#vérité#justice#Unité#dignité#courage#BeaumontSurOise#Beaumont #ValDoise#UrgenceNotrePoliceAssassine#BlackLivesMatter#Paris#France#GareDuNord#marche#manif#manifestation#NoJusticeNoPeace#LamineDieng#AmineBentounsi#WissamElYamni#ZiedEtBouna#Larami#Mushin#AbdoulayeFofana#AliZiri#MahamadouMarega #LassanaDiarra #AbouBakariTandia#AltonSterling#PhilandoCastile#EricGarner#Etrehumain#rip #JaiMalAuCoeur#JeSuisAdama
LE CLOWN CHOCOLAT (1868-1917) Le Clown Chocolat fut un personnage si populaire en France qu’il a laissé son nom à une expression familière : « Je suis chocolat ! » avec le sens de : « Je suis joué, je suis dupé ». De son vrai nom Rafael Padilla, le clown Chocolat est né esclave a Cuba. Orphelin, il est vendu à l’âge de 8 ans à une Espagnole qui l’exploite comme garçon de ferme près de Bilbao. Rafael s’évade à 14 ans et, remarqué à cause de ses talents de danseur, d’acrobate et de voltigeur équestre, il est engagé comme clown, prenant le nom de « Chocolat ». Arrivé à Paris en 1886, il s’associe, comme « souffre-douleur », au clown britannique Footit, avec lequel il formera jusqu’en 1910, d’abord au cirque Médrano, puis aux Folies-Bergères, un célèbre numéro : Footit et Chocolat. Chocolat, mort à Bordeaux en 1917, dans la misère et l’oubli, fut jeté, comme Mozart, et tant de gens de talent, à la fosse commune.
Fais les choses bien “do the right thing in Paris” (via Vimeo)
Documentaire "Fais les choses Bien". Lapelcha remercie tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l'élaboration de ce projet:"fais les choses bien" instagram https://www.instagram.com/faisleschosesbien/?hl=fr #Lapelcha #LaChapelle #DoTheRightThing #Faisleschosesbien #Paris #Paris18 #Love
Film - Little Sénégal
GEORGE WOLFE UN AUTEUR AFRO-AMÉRICAIN « INSPIRATEUR » D’EXHIBIT B George Wolfe est un metteur en scène et dramaturge afro-américain né en 1954. Il s’est notamment fait connaître à New York en 1986 par une pièce, Le musée de couleur (The coloured museum) qui était composé de 11 séquences, inspirées par la culture afro-américaine. Ces séquences étaient intitulées « Exhibits ». C’est de toute évidence la pièce de George Wolfe qui a « inspiré » Brett Bailey pour sa « performance » controversée « Exhibit B » qui a fait scandale en France en 2014. Mais Brett Bailey a transformé l’idée de Wolfe, qui avait abouti à une oeuvre positive, en une « performance » négative où les acteurs sont humiliés et baîllonnés et, à l’extérieur du théâttre – complément machiavélique et pervers- les opposants matraqués par la police.
Maure, du grec Môros et du latin Maurus, « noir », se dit des populations négroïdes peuplant anciennement le Maghreb et le Sahara, auxquelles se sont mêlées, par voie de conquête, à partir de l’âge de bronze (2e millénaire avant J.C.) des populations berbères, elles mêmes envahies au 7e siècle après J.C. par les »arabes » (populations venues du Proche-Orient avec la diffusion de l’Islam). « Tout nous montre qu’antérieurement à la colonisation romaine l’élément noir constituait la majeure partie de la population de cette région; les Berbères étaient ensuite arrivés par immigrations successives à des époques indéterminées, au milieu de cette population noire, eux qui étaient des blancs. » Paul Atgier « Les Maures d’Afrique » in Bulletin et mémoires de la société d’anthropologie de Paris (1903). L’arrivée des berbères, puis des arabes, rend parfois ambigu le terme de « maure », par lequel on désigne parfois des populations maghrébines à la peau claire. Quoi qu’il en soit, l’ensemble des populations du Maghreb se métissèrent, à partir de la souche négroïde initiale, et tous ceux que l’on appelaient « maures » étaient des Afro-descendants. Le sens du mot « maure » dans langue française classique renvoie par ailleurs très explicitement les populations à la peau (très) sombre et négroïdes. Ainsi la Mauresse de Moret. Ou la « tête de Maure » figurant sur les blasons ou sur le drapeau corse qui évoque la période d’occupation de l’île par les Maures. Le terme de « Maure » désigne de toute évidence, dans son acceptation classique, les populations ayant un phénotype négroïde comparable à celui des populations négroïdes de Mauritanie. Il est attesté par la Chronique de Guinée (1453) de Gomes Eanes de Zurara – dans laquelle un témoin oculaire relate les premières expéditions esclavagistes menées par le Portugal - que les premiers Africains razziés, puis vendus au Portugal, et désignés comme « noirs » furent des Maures et des Guinéens. Il est courant que, par négrophobie, la couleur de peau des Maures soit contestée, pour nier que des Afro-descendants et des Africains subsahariens aient occupé la péninsule ibérique et le sud de la France, ce qui a nécessairement provoqué des métissages.
W.E.B. DU BOIS (1868-1963) William Edward Burghardt Du Bois – qui avait des origines françaises (comme son nom l’indique) et haïtiennes – est né à Great Barrington, dans le Massachusetts. Il fut l’un des premiers Afro-Américains à être admis dans la prestigieuse université de Harvard. Il étudia également à Berlin. Soucieux de mettre ses connaissances au service de l’émancipation des Afro-Américains, Du Bois enseigna la sociologie, l’économie et l’histoire, notamment à l’université d’Atlanta (Géorgie), où il obtint une chaire en 1887. Du Bois s’opposa au compromis officieux d’Atlanta, négocié par le leader Booker T Washington en 1895, qui ne remettait pas en cause la ségrégation mais permettait d’accorder aux Afro-Américains un minimum d’éducation. Luttant contre le racisme et le colonialisme, partisan du panafricanismeet de la reconnaissance de leur héritage africain par les descendants d’esclaves, il prit la tête en 1906 d’une organisation demandant l’égalité complète des droits pour les Afro-Américains: le Niagara Movement. En 1909, Du Bois participa à la création de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People : Association nationale pour le progrès du peuple de couleur) qui était le prolongement du Niagara Movement. Il devint en 1910 directeur de la recherche de cet organisme et rédacteur en chef de son journal, The Crisis (dont il était par ailleurs le fondateur). Du Bois, ouvrant la route à Cheikh Anta Diop, fut le premier à évoquer les origines africaines de la civilisation égyptienne. Au moment de l’entrée en guerre des États-Unis en 1917 (qui reposait sur le volontariat) Du Bois finit par se convaincre que la guerre ébranlerait le colonialisme et le racisme. Il se montra favorable à l’enrôlement d’Afro-Américains et à la création de postes d’officiers. Du 19 au 21 février 1919, Du Bois organisa à Paris, au Grand Hôtel, avec le soutien de Gratien Candace et de Blaise Diagne, le premier congrès panafricain, pour évaluer le rôle de la guerre en matière d’émancipation. Un second congrès fut organisé à Londres, Bruxelles et Paris, en 1921. Du Bois s’opposa aux thèses de Marcus Garvey qui exaltaient la « race noire » et prônaient le retour des Afro-descendants en Afrique. De retour dans le monde universitaire en 1933, Du Bois se consacra à son oeuvre historique et littéraire. Il mourut en 1963 à Accra, ayant obtenu la nationalité ghanéenne. Le rêve de Du Bois était une encyclopédie de la Diaspora africaine.
ASSATA SHAKUR Assata Shakur est née Joanne Deborah Byron à New York le 16 juillet 1947. Étudiante au City College of New York au milieu des années soixante, elle s’engagea pour la cause des Africains-Américains, ce qui lui valut d’être arrêtée une première fois en 1967, pour avoir verrouillé l’entrée du collège, en signe de protestation. Diplômée en 1970, elle rejoignit le Black Panther Party et prit en charge la section de Harlem, s’occupant d’organiser les petit déjeuners dans les écoles, ce qui était l’une des formes d’action du BPP. En 1971, Assata adhéra au mouvement Republic of New Afrika (République de la nouvelle Afrique) qui prônait la sécession de 5 États où les Afro-Américains sont numériquement majoritaires : Alabama, Géorgie, Caroline du Sud, Louisiane et Mississipi. Le 6 avril 1971, Assata Shakur reçut une balle dans le ventre au cours d’une bagarre avec un client dans un hôtel de New York, mais c’est elle qui fut arrêtée. On la soupçonna d’avoir participé à une attaque de banque le 23 août de la même année et d’avoir participé à une attaque d’une voiture de police à la grenade le 21 décembre suivant. Elle fut encore soupçonnée d’avoir attaqué et blessé un policier à Brooklyn le 26 janvier 1972, d’avoir attaqué trois banques entre mars et septembre. En 1972, on lança contre elle un avis de recherche pour avoir été le chef d’un commando de la Black Liberation Army affecté à la chasse aux policiers et auteur de quatre exécutions en 1971 et 1972. À cette époque, la BLA avait mis en place une politique de représailles contre les policiers ayant abattu des Afro-Américains ou tortionnaires et Assata Shakur était considérée comme l’inspiratrice de cette opération. On lui fit encore porter la responsabilité d’une nouvelle attaque contre des policiers à New York le 28 janvier 1973. Assata a été arrêtée le 2 mai 1973 dans le New Jersey. Faisant l’objet de 13 inculpations, elle a été condamnée en 1977 à la prison à perpétuité. Emprisonnée à Riker’s Island, elle fut transférée à la prison d’Alderson (Virginie occidentale) et enfin à la prison de Clinton (New Jersey). Elle s’est évadée le 2 novembre 1979, avec la complicité de 3 membres de la BLA qui ont réussir à introduire des colts 45 et à prendre des otages. En 1984, Assata, après 5 ans de clandestinité, a obtenu le statut de réfugié politique à Cuba où sa fille a fini par la rejoindre. Son autobiographie a été publiée en 1985 et elle est devenue une icône de la lutte des Afro-Américains, devenant l’héroïne de nombreux films et ouvrages. Le gouvernement américain n’ayant pas réussi à obtenir l’extradition d’Assata Shakur, le FBI, en 2005, a promis un million de dollars pour sa capture. La somme a été portée à 2 millions le 2 mai 2013, Assata Shakur ayant été mise sur la liste des 25 personnes les plus recherchées par l FBI. Assata Shakur a toujours clamé son innocence, déclarant qu’elle avait été la cible du COINTELPRO l’opération lancée par le FBI pour liquider les activistes Afro-Américains.
ZOOS HUMAINS La colonisation de l’Afrique et la banalisation des théories racistes au XIXe siècle amenèrent à une prolifération d’exhibitions populaires où des êtres humains supposés « inférieurs » et « sauvages » étaient présentés au public derrière des grilles, au même titre que des animaux exotiques. Les personnes ainsi exhibées dans ces zoos humains étaient la plupart du temps des Africains. Un village africain a été reconstitué au jardin d’acclimatation en 1889 (photographie). Ota Benga, un pygmée, a été exposé au zoo du Bronx (New York, USA) en 1906. Malheureusement, ces pratiques, dénoncées après l’exposition coloniale française de 1931, réapparaissent parfois. Ainsi un « village congolais » fut-il reconstitué à Bruxelles en 1958 dans le cadre de l’exposition universelle. En 1994, la biscuiterie Saint-Michel, pour faire la promotion des biscuits « Bamboula », tenta de reconstituer le « village de Bamboula » au parc zoologique de Port-Saint-Pierre près de Nantes. bamboula En 2005, un « village africain » a été reconstitué dans un zoo près d’Augsbourg (Allemagne).7 En 2014 un Sud Africain afrikaner , Brett Bailey, a eu l’idée de reconstituer un zoo humain dans le cadre d’une spectacle prétendument destiné à dénoncer les zoos humains : Exhibit B
COMMENT LA FRANCE A « BLANCHI » SON ARMÉE EN 1944 Blanchissement La caractéristique du débarquement de Provence (15 août 1944), généralement occulté, mais qui a marqué un vrai tournant dans la libération de la France (autant que le débarquement symboliquement « blanc » du 6 juin) c’est qu’il fut le fait de troupes majoritairement constituées d’Africains (au sens large incluant le Maghreb) ou d’Afro-descendants. Une fois la besogne accomplie, c’est-à-dire la France libérée, il ne fallut pas 3 mois à De Gaulle pour « blanchir » entièrement l’armée française. Les quelque 20 000 tirailleurs sénégalais survivants furent renvoyés en Afrique et, peu après, les Antillais dans leurs îles. Tout cela avec des disparités de solde en fonction de la couleur. Sénégalais 44 Cette attitude entraîna des mutineries aussitôt réprimées comme à Thiaroye. Pour démobiliser les tirailleurs, on avança le prétexte du froid qu’ils ne pourraient pas supporter. Ce prétexte fut combiné avec la nécessité d’intégrer 137 000 FFI (résistants, majoritairement de gauche) à l’armée régulière. C’est comme par hasard dans les régiments de « Sénégalais » que les FFI furent d’abord intégrés, en remplacement des coloniaux. Sur la photo (prise dans le Doubs en octobre 1944) on voit des tirailleurs littéralement dépouillés de leur équipement américain et devant céder leur vêtements à de jeunes FFI. Voici les vraies raisons du « blanchissement », qui ne furent jamais dites à l’époque, et que certains historiens ont encore du mal à formuler. D’abord la crainte de « négrifier » l’Hexagone. Tel était le principal grief des nazis qui reprochaient à la France d’être une nation métissée, donc abâtardie selon eux. Il fallait préserver la « race » et le maintien des coloniaux – Africains et Antillais - sur le territoire national était à cet égard un danger. Sur ce point, on peut dire que Hitler a gagné la guerre puisque ses idées lui ont survécu, pour triompher médiatiquement et politiquement au début du XXIe siècle. La seconde raison était la crainte d’une politisation des coloniaux qui aurait pu accélérer le processus des indépendances aussi bien en Afrique (ce qui devait être le cas moins de 20 ans plus tard) qu’aux Antilles-Guyane (ce qui fut évité grâce à la départementalisation prônée par Césaire). On se reportera à ce propos à un courrier du général Diégo Brosset, commandant la 1ère division division française libre (qui venait de débarquer en Provence) adressé début septembre 1944 au général De Lattre, commandant la 1ère armée (ou armée B, regroupant les troupes françaises engagées dans le processus de libération) et qui dissipe toute équivoque : « Il est absolument nécessaire que les Sénégalais soient relevés au plus tôt, non seulement en raison de leur inaptitude physique en saison froide, mais aussi par suite de la mauvaise influence qu’exercent sur eux les grandes villes. Le moral commence à baisser, l’annonce d’un armistice possible risque de provoquer des mutineries parmi eux s’ils ne sont pas rapatriés, tout au moins sur l’Afrique du Nord. »
SAMORY TOURÉ Samory Touré, né à Miniambaladougou (Guinée) devint, une fois converti à l’Islam, le chef de guerre de son peuple, les Camara, avant de se retrouver à la tête d’un véritable État : l’empire Wassoulou. En 1882, Touré fut attaqué par les Français qui cherchaient à accroître leurs possessions en Afrique de l’Ouest à partir du Sénégal et réussit à les repousser. Fourni en armes par l’Angleterre, à partir du Sierra Leone, il organisa sa défense en mettant sur pied une armée disciplinée de 35 000 fantassins et 3000 cavaliers et résista pendant 16 ans. Finalement, à la suite d’une offensive générale de l’armée coloniale, il fut capturé par le capitaine Gouraud le 29 septembre 1898 et placé en détention au Gabon où il mourut deux ans plus tard. Samory Touré
1944. LE MYTHE DES SOLDATS AFRO-AMÉRICAINS VIOLEURS GI Après le débarquement des Américains en Normandie l’été 1944, de nombreux viols furent commis par les GI’s. Ils étaient largement encouragés par une propagande officieuse au sein de l’armée américaine qui mettait l’accent sur la libido supposée insatiable des femmes françaises. Saisie de nombreuses plaintes, l’armée américaine voulut montrer qu’elle sévissait contre les violeurs. Mais elle ne désigna comme tels que des Afro-Américains, ce qui était une manière commode de se débarrasser de ceux qui étaient soupçonnés d’avoir eu des relations sexuelles consenties avec des Françaises – tabou absolu pour l’état-major américain - et de les stigmatiser pour ne pas entacher l’image du GI « blanc » libérateur. Alors que les Afro-Américains ne représentaient que 10 % des troupes américaines, sur les 152 soldats américains qui furent traduits en cour martiale pour viol en juin et octobre 1944, 139 étaient des Afro-Américains, soit 91 %. Des Françaises – réellement violées ou non – furent encouragées à porter des accusations de viol contre des soldats afro-américains désignés comme bouc-émissaires. Et plusieurs acceptèrent par racisme. En 1944-1945, 29 condamnations à mort furent prononcées et exécutées. Sur les 29 condamnations, il y eut 25 exécutions d’Afro-Américains, pendus publiquement en France par un bourreau spécialement venu du Texas. Ainsi l’armée américaine couvrit-elle la plupart du temps les véritables auteurs des viols tout en prolongeant en France les lynchages perpétrés dans le Sud des États-Unis. L’historienne américaine Mary-Louis Roberts a levé le voile sur cette affaire dans son ouvrage What soldiers do, sex and the american GI in World War II France.
SOLOMON NORTHUP (1808-1857) Solomon Northup, né libre en 1808 à Minerva (Etat de New York) est le fils d’un esclave affranchi par la famille Northup (de Rhode Island). Solomon reçut une bonne éducation. Il excellait au violon, ce qui le fit remarquer. Marié à Ann Hampton en 1829, il eut 3 enfants : Elisabeth, Margaret et Alonzo. En 1841, Solomon fut kidnappé à l’occasion d’un voyage à Washington, laissant sa famille et ses amis sans nouvelles. Mis en esclavage dans le Sud dans des conditions effroyables, revendu 4 fois sous un faux nom, il réussit à survivre et fut retrouvé dans une plantation de coton de Louisiane en 1853, grâce à des années d’efforts pour arriver à contacter ses amis en trompant la surveillance de ses maîtres. Northup, ayant retrouvé sa famille, publia l’histoire de sa captivité l’année même de sa libération, en 1853, sous le titre Twelve Years A Slave (Douze ans d’esclavage). Solomon est mort en 1857, huit ans avant l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, à laquelle son ouvrage a très probablement contribué. En 2013 l’artiste contemprain et réalisateur afro-britannique Steve McQueen a adapté 12 Years a Slave à l’écran avec Chiwetel Ejiofor dans le rôle principal. C’est l’un des meilleurs films jamais consacré à l’histoire de l’esclavage.
Jean Bédel Bokassa est le fils d’un homme qui a été exécuté pour rébellion au travail forcé par l’administration coloniale française et d’une femme qui s’est suicidée après cet assassinat légal. Recueilli par des missionnaires, il s’engagea dans l’armée française en 1939 et participa au débarquement de Provence (15 août 1944), aux guerres d’Indochine et d’Algérie, terminant décoré de la Légion d’honneur et avec le grade de capitaine. Au moment de l’indépendance de la Centrafrique, sous la présidence de son cousin David Dacko, Bokassa fut envoyé par la France comme conseiller militaire avant de devenir chef d’État-major. En 1965, Bokassa renversa Dacko et devint président avec le soutien de la France à cause des mines d’uranium de la Centrafrique, nécessaires aux activités du commissariat à l’énergie atomique. Mais l’agent français qu’était Bokassa devint vite difficile à contrôler. Autoproclamé président à vie en 1972, Bokassa se fit musulman en 1976 et se rapprocha de Khadafi. Parodiant Napoléon – dont il avait adopté les méthodes dictatoriales – il se fit couronner empereur le 4 décembre 1977. Devenu dérangeant, surtout à cause de son rapprochement avec Khadafi, Bokassa fut renversé par une opération militaire française le 20 septembre 1979, alors qu’il se trouvait en Lybie. Les opérations « Caban » et « Barracuda » furent appuyées par une campagne négrophobe de grande envergure largement relayée par la presse française : l’ex-ami de la France, devenu un dictateur cruel et sanguinaire, fut même accusé de cannibalisme. En octobre 1979, la presse française révéla que Bokassa avait approvisionné en diamants au président français Valéry Giscard d’Estaing, ce qui contribua à empêcher la réélection de ce dernier en 1981. Revenu à Bangui en 1986, il fut emprisonné, amnistié en 1993 et finalement réhabilité à titre posthume en 2010. Quant à Valéry Giscard d’Estaing, qui se piquait de littérature, il a été élu à l’Académie française.
RÉVOLTES RÉUSSIES À BORD DE NAVIRES NÉGRIERS Les révoltes d’esclaves à bord des navires furent une constante de la traite transatlantique. Elles étaient d’autant plus redoutables lorsque les bâtiments étaient en vue des côtes : au départ – les Africains n’hésitant pas à partir en pirogue aider les déportés – et parfois à l’arrivée où les victimes luttaient pour la liberté avec l’énergie du désespoir. La plupart des révoltes échouèrent et donnèrent lieu à une répression d’une barbarie inouïe : déportés jetés par dessus bord ou dépecés (les autres victimes étant contraintes à des actes de cannibalisme). Il y eut cependant des succès. Voici six premiers exemples de révoltes réussies. 1751 : Au moment de son départ, le Willingmind, battant pavillon britannique, qui était au mouillage sur un fleuve de Sierra Leone, est pris et incendié par les captifs qui regagnent les côtes. 1767 : Après 4 jours de navigation, les déportés du navire britannique L’Industry, destinés à être vendus en Caroline, massacrent l’équipage, prennent le bâtiment et remettent le cap sur l’Afrique. Ils réussissent à échouer le bateau et à regagner le rivage de Sierra Leone. 1769 : Alertés par les coups de feu tirés à bord du Nancy de Liverpool, qui vient de lever l’ancre, signal de la révolte, des Africains de New Calabar (Nigeria) partent en pirogue porter secours aux déportés. La lutte est victorieuse et les les déportés regagnent le continent. 1770 : L’Ave Maria, en partance pour la Guadeloupe, est pris d’assaut par des Africains du littoral qui libèrent les captifs et épargnent la vie de l’équipage. 1771 : Le Nécessaire de La Rochelle, est pris par les 52 déportés qu’il emmènent. Après avoir vaincu l’équipage, ils se libèrent et mettent le cap sur l’archipel des Bijagos où ils échouent le bâtiment, à l’embouchure du Rio Geba (Guinée-Bissau). 1780 : Les côtes de Guyane étant en vue, 200 déportés prennent le contrôle du bateau hollandais La Vigilantie, tuent les marins et gagnent le rivage à la nage avant de se fondre dans la nature. (à suivre)