Lâabsence, le manque et le vide
Mes chers lecteurs, câest avec allĂ©gresse que je vous adresse mes meilleurs souhaits pour cette nouvelle annĂ©e de lâan deux mille vingt-trois.
Le premier billet Ă©pistolaire de lâannĂ©e abordera lâabsence, le manque et le vide. Sujet qui est venu filer ma pensĂ©e ; comme un prolongement des prĂ©cĂ©dents articles, je fais rĂ©fĂ©rence notamment Ă la rupture, lâattachement Ă lâobjet ainsi que sa personnification spectrale de notre passĂ©.
Pardonnez par avance mon extravagant et interminable billet, je tenais Ă partager avec vous les questions existentielles et mes recherches associĂ©es. Ces pensĂ©es ont surgit de mon esprit suite Ă la relecture de mes prĂ©cĂ©dents billets. Il en rĂ©sulte un sentiment de mener une quĂȘte personnelle et lequel, jâen suis sĂ»re nous partageons tous de biens des maniĂšres et Ă des rythmes qui nous sont propres.
Lors de diffĂ©rents entretiens avec Dame K. Je me demandais pourquoi le passĂ© affectait autant mon prĂ©sent, que celui-ci ne mâappartenait que de moitiĂ©. Il en rĂ©sulte une dualitĂ© et une co-responsabilitĂ© de ce qui a Ă©tĂ© et comment je dĂ©cidais de le vivreâŠ
Installez-vous confortablement mes chers amis, commençons par dĂ©finir lâabsence, le manque, et le vide avant dâaller plus loin.
Lâabsence reprĂ©sente le fait dâĂȘtre absent. Absent câest ce qui nâest pas. Lâabsence est lâobjet dâun constat temporel qui dure et se prolonge.
â Elle peut ĂȘtre momentanĂ©e, courte, frĂ©quente, longue, Ă©ternelle ; et aussi absolue, totale, complĂšte. On la remarque, on lâaperçoit, on la constate, on la regrette, on la souffre, on la supporte, ou, inversement, on profite de lâabsence dâautrui â. â Cnrtl
Lâabsence se fait ressentir, lorsquâil sâagit dâun ĂȘtre proche mais aussi dâune personne dont nous attendons quelque chose (attention, directive, âŠ). Souvent, il est question dâune souffrance affective (absence de bonheur, douleur, dĂ©sir, sentiment, foi, gĂ©nĂ©rositĂ©) ou bien de jugement (absence dâautoritĂ©, commandement, direction, mĂ©thode, ordre, systĂšme, pensĂ©e). Jâajouterai Ă©galement, expression âavoir des absences :
â Ătre frĂ©quemment dans un Ă©tat de rĂȘverie plus ou moins pathologique. Courte perte de connaissance, sans chute, mais ne laissant aucune trace dans le souvenir â â Cnrtl
Le manque reprĂ©sente le fait de manquer ; il est lâabsence de quelque chose, de quelquâun qui serait nĂ©cessaire, utile ou souhaitable. Il Ă©galement indique un dĂ©ficit. Il est une souffrance liĂ© Ă un besoin.
Le manque est un Ă©tat trĂšs pĂ©nible de privation liĂ© Ă une addiction. Par dĂ©faut, ce qui est absent est considĂ©rĂ© comme une lacune, une insuffisance ou une dĂ©ficience voire un dĂ©faut. Aussi, il peut indiquer quâune action ou une situation attendue nâa pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. â Cnrtl
Le vide : qui est dĂ©pourvu de son contenu. Ne contient alors rien de concret. Il peut reprĂ©senter un espace InoccupĂ© par la matiĂšre, un lieu oĂč il nây a rien, ni personne.
Le vide est un Ă©tat qui nous prive de vitalitĂ©, cela gĂ©nĂšre un sentiment dâabsence durant lequel un humain ne pense plus, nâagit plus. Il ne peut alors plus jouir de toute sa prĂ©sence dâesprit nous rendant alors incapable dâĂȘtre dans la rĂ©flexion ou lâaction. Il indique un manque dâintĂ©rĂȘt, de caractĂšre ou de densitĂ©.
Le « vide intĂ©rieur » quant Ă lui, est un sentiment dâinsatisfaction (avoir un sentiment de vide), de lassitude provoquĂ© le plus souvent par une dĂ©ception, un manque dâintĂ©rĂȘt aux choses de la vie.
« Regarder dans le vide » câest avoir le regard, les yeux perdus dans le vide câest regarder sans voir, soit par lassitude ou fatigue, soit parce que lâon est trop absorbĂ© par ses pensĂ©es.
Le vide peut ĂȘtre causĂ© par la perte, un « dĂ©part ». Il marque le manque causĂ© par lâabsence ou la disparition dâune personne reconnue pour ses compĂ©tences ou dâun ĂȘtre cher.
Lâespace de temps qui sĂ©pare deux personnes, ou un espace temps inoccupĂ©.
Enfin, il est Ă la fois lâinterruption comme Ă©tant le manque dans une continuité » OU au contraire, le rien ne vient rompre lâuniformitĂ©. â Cnrtl
Désir, satisfaction & nostalgie
Maintenant que nous avons le sens mĂȘme des mots, quâen est-il de leurs maux ? Mes chers lecteurs, je vous invite cordialement Ă partager votre vision et / ou votre histoire, vous apporteriez un prisme intĂ©ressant sur le sujet. Compte tenu du fait que le thĂšme soit profond et intime ; jâen conviens quâil ne sera point Ă©vident de tĂ©moigner de votre vulnĂ©rabilitĂ©.
Chacune de vos histoires connaissent des Ă©chos dans les nĂŽtres. Ici, nâa de place que pour la bienveillance et la libertĂ© dâexpression dans la limite du respect. A cet instant prĂ©sent, vous sentez-vous en danger ou impuissant face Ă lâabsence, au manque, et au vide ?
On ne pouvait pas aborder lâabsence, le manque et le vide sans mentionner le dĂ©sir, la satisfaction et la nostalgie. Marina Cavassilas indique dans Comment diffĂ©rencier le manque du vide que le manque est indissociable de la pulsion, il rĂ©pond Ă une condition du dĂ©sir (pulsion de vie). Elle y explique que lâabsence de dĂ©sir revient alors Ă un signe dâextinction pulsionnelle (petite mort). Le manque quant Ă lui, serait une insatisfaction dâun dĂ©sir non comblĂ©. Or, le vide serait une consĂ©quence de la conscientisation du manque, de lâabsence de dĂ©sir ; cela engendrerait un Ă©tat de mĂ©lancolie ou de nostalgie.
LâincomplĂ©tude et la frustration dâun dĂ©sir non assouvi serait le lien dangereux entre lâabsence, le manque et le vide. Il y a comme une menace de perte du « soi » par extension OU, dâun Ă©chec dans le processus de « deuil ».
Se voir si faible, si dĂ©pendant dâune situation, dâune personne ou dâun objet qui ne rĂ©pond pas Ă nos attentes
« Dans le deuil, le monde est devenu pauvre et vide, dans la mĂ©lancolie câest le moi lui-mĂȘme. »
â S. Freud â Allemagne
Lâespoir, le fantasme et la rĂ©alitĂ©
« Espoir (âŠ) de rĂ©duire lâĂ©cart entre fantasme et rĂ©alitĂ©, de retrouver ne serait-ce que partiellement et temporairement le doux parfum dâun paradis perdu.
Sâendeuiller de ce paradis perdu est nĂ©cessaire pour traverser la perte, supporter la sĂ©paration mais chez certains sujets, le deuil est impossible. (âŠ) La sĂ©paration peut laisser place Ă une sensation dâimpuissance puis de vide. Le vide est en quelque sorte ce qui vient Ă la place du sentiment de manque Ă©ternel, dâune impossibilitĂ© absolue de la perte. Le vide est donc cette Ă©nergie du dĂ©sespoir, ce qui maintient le sujet en vie. LâĂ©tape dâaprĂšs est la mort. LâĂ©nergie du dĂ©sespoir peut se dĂ©tourner du maintien en vie pour se mettre au service du meurtre du moi »
â Marina Cavassilas, Comment diffĂ©rencier le manque du vide ?
Le bien-ĂȘtre est-il conditionnel ?
Faut-il plutĂŽt avoir pour ĂȘtre ou faut-il ĂȘtre pour avoir ?
Ce que nous convoitons rĂ©pond Ă un besoin bien plus profond que ce que nous dĂ©sirons en rĂ©alitĂ©. Le sentiment de satisfaction reste Ă©phĂ©mĂšre⊠alors pourquoi ressentons-nous inĂ©vitablement ce(s) manque(s) ? Pourquoi voulons-nous absolument le(s) combler ?Â
Le manque est-il une consĂ©quence de lâabsence ? Noemi De Saint-Sernin Ă©voque dans son ouvrage Les clefs du passé que âle vide ne se situe pas Ă lâextĂ©rieur, mais plutĂŽt Ă lâintĂ©rieur de soi. rien ni personne ne peut le combler, si ce nâest nous-mĂȘmeâ. Elle dit aussi que le pouvoir du passĂ© a sur nous est celui quâon lui attribue, nous maintenant hors du prĂ©sent. Chaque fois que la peur nous assaille, câest une part de notre passĂ© qui projette un futur fictif.
Selon lâĂ©tude « The Future of Nostalgia » menĂ©e par Lawrence Jones â Duke University ; on peut en conclure quâun blocage dit constant nous limite dans notre satisfaction.
« Il semble que nous passons plus de temps Ă Ă©voquer des souvenirs quâĂ nous concentrer sur le moment prĂ©sent »
« Cela revient Ă âdĂ©sirerâ ce quâon nâa pas ou plus, ce qui devient douloureux »
âLes pertes pendant lâenfance, les absences Ă©ternelles »
La prĂ©sence, lâabondance et la complĂ©tude
FĂ©licitez vos synapses dâavoir eu la patience et le cran dâavoir tenu le choc ! JâespĂšre Ă©galement que parmi vous, amis OVERTHINKER, aucun ne souffrira dâune atroce migraine.
Pour clore cette lettre, jâaimerai vous inviter Ă partager votre vision sur lâun des concepts dâabsence, de manque et de vide. Votre dĂ©finition propre, le vĂ©cu y Ă©tant rattachĂ© et comment vous y faĂźtes face. Vous savez, il nây a que des bonnes rĂ©ponses et je vous enCOURAGE Ă nourrir votre prĂ©sent en pleine conscience de gratitude et dâabondance.
Amicalement vÎtre, LBVF.