Réformer les normes du travail au Québec : De la Pénibilité
Quant aux conditions de travail, il est envisageable d’élargir la portée des droits individuels du travail pour fixer des normes minimales, notamment en matière de pénibilité au travail, d’ergonomie, de sécurité, de prévention des risques – autant d'aspects qui peuvent considérablement améliorer les conditions dans des milieux de travail éprouvants (travail répétitif, cadences élevées, risques de blessures, long quart de travail, pauses, manutentions manuelles de charges, postures pénibles, bruits, travail de nuit, etc).
L'objectif de ce dispositif est double : d'une part, inciter les employeurs à adapter ou à améliorer les conditions de travail en réduisant les facteurs de pénibilité, et d'autre part, offrir aux travailleurs des moyens de compenser l'usure liée à des conditions de travail difficiles.
En pratique, cela impliquerait de modifier ou d’amender des lois existantes, comme la Loi sur les normes du travail et la Loi sur la santé et la sécurité du travail, afin d’y intégrer des exigences précises qui garantissent, par exemple, que chaque poste de travail respecte des standards minimaux en regard de la pénibilité, en ergonomie (aménagement, équipements, formations spécifiques), en sécurité, etc. Un tel plancher légal obligerait tous les employeurs à offrir des conditions de travail décentes, même dans des secteurs où les négociations collectives ne permettent pas d’obtenir d’améliorations supplémentaires.
Ce type de réforme aurait pour avantage de renforcer la protection individuelle des travailleurs tout en venant compléter les droits collectifs – qui, eux, permettent aux salariés de négocier des conditions plus favorables de façon spécifique à chaque entreprise ou secteur. Cependant, l’adoption de telles mesures nécessiterait un processus de concertation approfondi avec l’ensemble des parties prenantes (travailleurs, syndicats, employeurs et experts en ergonomie et santé au travail, etc) pour définir des standards adaptés et éviter des impacts économiques excessifs.