Landlord Wars ❤️
Roommate Wars ❤️
Never date Your Brothers Best friend❤️
Never Dare A Player ❤️
Never Date your Ex ❤️
Never Date your Best friend ❤️
Never Date your Enemy ❤️
Jules Bernard 🫶

seen from United States

seen from United States
seen from China
seen from United States

seen from Brazil

seen from Singapore
seen from United States
seen from United States

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Landlord Wars ❤️
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Never Date your Enemy ❤️
Jules Bernard 🫶
Printemps 1924, Hylewood, Canada (1/14)
Chère Albertine,
Vous trouverez au fond de cette enveloppe trois photographies, je ne sais pas si vous conservez les enveloppes de vos correspondances, donc je vous préviens maintenant car il serait dommage que vous jetiez par inadvertance celles que je vous envoie, je vous le dis car cela a déjà failli m’arriver plusieurs fois. Nous ne possédons par de caméra et c’est grâce à la gentillesse de Mme Rumédier jeune et de Mlle Rumédier, toutes les deux férues de photographie, que nous avons pu les prendre. Elles ont été ravies de m’aider quand je lui ai fait part de votre demande.
La première a été prise à l’automne dernier par Mme Rumédier jeune à l’occasion des dix-huit ans de Lulu l’automne dernier. Elle est toute abimée, et je tiens vraiment à m’en excuser, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, bien que je soupçonne le chat… Je l’avais laissée sur mon secrétaire, et le lendemain, elle était toute griffée. A gauche, vous voyez donc le jeune Georges Rumédier tenant une crécelle, moi-même, Mlle Rumédier dont le visage est malheureusement griffé, Agathon qui a tourné la tête au moment où Mme Rumédier jeune prenait la photo. La petite fille au centre qui dévore le gâteau des yeux est Hannah, une petite cousine du côté de Mme Le Bris ma belle-mère. A droite, Jules qui fait la tête car il souhaitait que nous prenions la pose dans le jardin et non pas dans la cuisine et il ne voulait pas que Layan soit présente sur la photo, Lulu qui tient une crécelle, Layan que vous voyez en livrée.
Agathon est difficile à avoir en photo. Il fait toujours exprès de tourner la tête au dernier moment, ou trouve mille excuses pour ne pas y figurer… Ici, il se trouve à côté de Layla, qui pause à côté du piano et est ravie de découvrir son nouvel ensemble.
Sur la dernière, vous voyez Lola et son cône de glace, prise à l’occasion de la foire de Gananoque. C’est en rentrant de cette foire, il y a trente deux ans, que Jules m’a demandée en mariage. C’est une journée joyeuse mais qui me laisse toujours un arrière-goût amer. Je me demande toujours ce que je serais aujourd’hui si j’avais refusé. Oh, je ne regrette pas ma chance, ni mes enfants que j’aime éperdument. Il y a trente-deux ans j’étais une paysanne. Je semais et je récoltais l’avoine, je tenais aux bêtes. Nous étions pauvres, mais jamais malheureux. Il y avait beaucoup de gaité à la maison. Mes parents sont restés unis jusqu’à leur mort, et ils n’ont jamais vécu l’un sans l’autre car ils sont décédés la même année. Ils se sont mariés à quinze ans et ils ne se sont jamais quittés, ils se sont aimés toute leur vie. J’aurais aimé avoir un mariage qui ressemble au leur.
Jules Bernard - Visiteurs au musée, 1911
Musée de Grenoble
Peintre, Jules Bernard a également été conservateur du musée de Grenoble entre 1887 et 1917.
Jules Bernard
Visiteurs au musée - Jules Bernard, 1911
French, 1849-1917
Oil on canvas
Été 1892, Hylewood, Canada (7/8)
Je suis agacé par le peu de cas qui m’est fait dans ma propre famille. Je suis peut-être un marginal, mais j’estime être celui, de ma fratrie, qui cumule le plus de dignité humaine, dans la mesure où la dignité morale de l’humanité repose sur sa capacité à être en adéquation avec sa nature. L’oiseau est plus que jamais oiseau lorsqu’il fait son nid - privé de son potentiel et mis dans une cage, il n’est plus qu’insignifiant. De même, le pékinois n’est que l’affable dégénérescence de son illustre ancêtre loup, dont il a perdu tant la dignité que la force. Est-ce la destinée qui attend l’être humain ? Je travaille tous les jours pour me parfaire moralement, et mes efforts ne sont même pas reconnus. Heureusement, j’ai de plus en plus d’admirateurs qui font foule pour me rencontrer. Rien que cet été, j’ai été invité à plus d’une dizaine de fêtes, que je décline généralement car je refuse de quitter l’île. C’est pour dire à quel point ma compagnie est recherchée. Mais cela déplait à mon père également : il ne se réjouit jamais de mes succès et il les balaie du revers de la main !
Été 1892, Hylewood, Canada (6/8)
Je dois te paraître méfiant, mais tel Romulus trahit par son frère, je dois me tenir sur mes gardes. Mon père continue de s’occuper des affaires de la maison, mais il délègue de plus en plus d’affaires à mon frère plutôt que de les confier à moi, son héritier… Rémus a franchit le Rubicon pour tourner Romulus en dérision, et Jules empiète sur mes prérogatives de Virgile en se faisant connaître des clients de son père...
Hiver 1872-1873, Hylewood, Canada (5/13)
Sur un autre sujet, une loi est passée cette année pour rendre obligatoire la scolarité pour tous les enfants en Ontario, de sept à douze ans, quel que soit leur sexe. Un certain nombre d’écoles publiques ont donc ouvert dès le mois d’août un peu partout dans la province. Un projet d’école à Hylewood est actuellement en discussion, mais son ouverture est très incertaine. Ses détracteurs argumentent que seuls cinq enfants sur l’île ont l’âge de la scolarité obligatoire. Ses partisans avancent qu’on pourrait élargir l’instruction à Hylewood aux jeunes gens de treize à dix-huit ans, ce qui correspondrait, en comptant les plus jeunes, à quatorze élèves potentiels dont six filles.
Je trouve personnellement l’initiative louable, mais je ne compte pas y envoyer ma fille. D’une part, avec l’épidémie qui rôde en ce moment, cela me paraissait inconsidéré. D’autre part, nous n’avons personne dans notre communauté qui puisse être proposé comme instituteur, et qui sait qui ils vont nous envoyer… Mon neveu est actuellement en études pour se former à l’enseignement, mais je trouve ce jeune homme mesquin et je n’aimerais pas qu’il instruise mes enfants. J’avais déjà décidé dès le début de ces discussions que Jeanne irait en pensionnat privé, à Kingston, où elle fréquenterait d’autres jeunes filles en permanence, aurait tout le loisir de se faire des amies et recevrait une éducation prestigieuse - bref, tout ce que j’aurais voulu à son âge. Sauf qu’à mon grand étonnement, elle n’eut pas l’air ravi par la nouvelle…