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Docteur Luther, la Bible se contredit-elle ?
"Il est impossible que la Bible puisse se contredire ; elle apparait seulement ainsi aux hypocrites insensés et obstinés."
Cité par Andy Naselli sur son blog le 5 août 2011.
Nos amis du blog NotreEglise.com viennent de publier la traduction des Questions-Réponses adressées à Peter WIlliams suite à sa conférence "Nouvelles preuves que les Evangiles sont basés sur des témoignages oculaires". Merci à Laure-Elise B. pour la traduction.
"Vous annulez la Parole de Dieu au profit de votre tradition" - وَبِهَذا تَجاهَلْتُمْ وَصِيَّةَ اللهِ بِسَبَبِ تَقالِيدِكُمْ.
Prédication en Français et en Arabe sur le texte de Matthieu 15:6, prêchée le 16 juin 2013 à l'Eglise Arabophone de Montreuil. Traduction en Arabe Egyptien par Nabil Tawfik.
Arrêté sur la route - Témoignage de Charles Kenfack
Charles Kenfack est Docteur en Théologie, Pasteur, et Professeur de Doctrine, d'Histoire de l'Eglise, et de Grec à l'Institut Biblique Belge. Son témoignage, à la fois bouleversant et édifiant, est à lire ci-dessous.
Je m’appelle E. Charles Kenfack, je suis né en 1972, à quelques kilomètres du Centre climatique de Dschang… J’aimerai te dire ici en quelques mots comment Jésus-Christ est devenu mon Dieu et mon Sauveur.
Je suis né dans une famille catholique non pratiquante. Ma famille étant nombreuse (je suis le 10e et dernier fils de maman !…), très tôt, je suis allé loin de mes parents dans le Nord Cameroun auprès de mon grand frère pour lequel il n’y avait qu’une chose qui comptait : les études. Je réussissais pas mal, à sa grande satisfaction ; mais en moi-même, j’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose, qu’il y avait un vide quelque part dans mon cœur et dans ma vie. En effet, je me disais : « Tu vas peut-être bien réussir, gagner beaucoup d’argent, être peut-être Premier ministre, etc. … mais, après ? » Dans la droite ligne de cette réflexion, deux événements ont été décisifs pour m’amener à Christ. Le premier fut un accident au Cameroun et le second, mes études de médecines à Lyon (France).
1) Un accident marquant en classe de 3e.
Au Cameroun, la classe de troisième fut l’un des grands axes de ma conversion. Cet été là en effet, entre Ngaoundéré et Garoua, alors que je rentrais des vacances, notre voiture fit un grave accident. C’était vers 21h ; je m’étais réveillé quelques secondes avant l’accident, juste pour m’apercevoir qu’il y avait un camion stationné en face de nous et qu’arrivait en sens inverse, une voiture à pleins phares éblouissants. Notre chauffeur, alors à très grande allure et probablement un peu assoupi, n’avait pas le temps de freiner. Il n’eut pas d’autre choix que de virer complètement dans le ravin. Malheureusement, le coin arrière droit du camion est venu heurter de plein fouet la cabine gauche du car. Bilan, 2 morts sur le coup (le chauffeur et la femme derrière lui), de nombreux dégâts. Tous les passagers du car avaient soit des blessures, soit des fractures diverses. Mais curieusement, j’étais sain et sauf. Etonné et bouleversé, ce fait m’a fait bien réfléchir pendant une bonne partie de cette nuit-là : Pourquoi n’avais-je rien eu ? Etait-ce parce que j’étais assis à droite, au côté opposé de l’impact du choc contre le camion ? Etait-ce à cause de tel ou tel paramètre ? Dans mon esprit logique de scientifique, j’essayais de chercher et expliquer le miracle que je venais de vivre. Cependant, aucune hypothèse ne tenait la route. La seule chose que je compris, c’est que Dieu m’aime et qu’il peut me protéger. J’ai compris que Dieu s’intéressait à moi. C’est alors que je me suis endormi sur le goudron du bord de la route pour attendre le constat de la police qui arrivait le lendemain matin.
Après cet accident, j’ai continué à vivre ma vie comme si de rien n’était : études au Lycée de Maroua où j’ai obtenu le Bac ; 1re année à Ngoaéké (l’Université de Yaoundé). J’étais cependant très en recherche, au travers notamment des mes études de physiques et maths, que j’aimais et réussissait bien. L’amour de ces deux disciplines cachait en fait une recherche de la vérité : j’étais fasciné par le côté expérimental des sciences qui semblait tout clairement expliquer. A ce sujet, je me rappelle toujours de ce cours sur les incertitudes qui m’a comme abattu et apporté bien de désillusions sur la science : le prof nous avait appris qu’en Sciences Physiques, il n’y a rien de sûr à 100% parce qu’il y a toujours une incertitude de ∆x/x. Par exemple, quand on fait une mesure et trouve 10cm, on n’est pas vraiment sûr que ce soit 10cm mais, 10 ± 0,01cm. L’écart n’est pas grand mais, moi qui croyais les sciences vraies, sûres, certaines à 100%, voilà que j’étais désillusionné…
Dans ma recherche, j’ai aussi côtoyé "Campus pour Christ" alors que j’étais en première année de Physique-Chimie à l’Université de Yaoundé.
Au sein de ces choses touchantes et troublantes, j’avais envie de tourner la page pour me diriger vers quelque chose de complètement différent. Mais quoi ? Je n’en avais aucune idée. Mon âme soupirait et entrevoyait, comme au travers d’un brouillard, un rayon de lumière qui tardant à venir. D’où viendrait-il ? De la France…
2) En France, des études de médecine
Comme c’était la coutume pour tous les 5 premiers au Bac, le Gouvernement camerounais m’a octroyé une bourse (avec un an de retard), pour faire des études de médecine à Lyon. C’est là que le Seigneur a permis que je le rencontre, en 1991.
Les circonstances de cette rencontre salutaire, pas toujours très joyeuses, étaient cependant et en tout point, bien réglées : à cause des problèmes de Visa comme beaucoup d’étudiants africains, je suis arrivé avec un retard d’un mois, les cours ayant déjà commencé. Lorsque je demandais les notes des étudiants pour les photocopier, tous me les refusaient à cause de cette mentalité de compétition en médecine. Les étudiants que je rencontrais se disaient : En voilà un de moins, une place de moins et donc, une chance supplémentaire pour nous au concours ! Cela me déprimait parce que, comme un drame arrivant au galop, je sentais venir ce premier échec de ma vie. Devant moi, j’avais le choix entre la cigarette (pour me stimuler), l’alcool (pour oublier) ou alors la mort pour en finir. J’étais hanté par ce dernier choix. Je voulais me suicider en me jetant dans le Rhône mais…, c’est à ce moment que le Seigneur a frappé à la porte de mon cœur. Je lui ai alors ouvert sans tarder. Par l’intermédiaire de deux frères que Dieu avait vraiment préparés, j’ai compris pourquoi Jésus était venu sur la terre, pourquoi il était mort et ressuscité. J’ai réalisé que c’était à cause de son amour pour les pécheurs, toi et moi inclus qu’il s’était laissé clouer sur la croix. J’ai alors compris qu’il me fallait naître de nouveau, ce qui me rappelle toujours Jésus et Nicodème (Evangile de Jean, ch 3). « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi », dit Jésus dans l’Apocalypse (Ap 3.20). Sans tarder, j’ai vite ouvert la porte de mon cœur à ce Sauveur qui m’aimait. Il a comblé le vide de ma vie, fait le calme au sujet de mes études et m’a assuré qu’il serait toujours là quoi qu’il arrive comme il le fut avec Moïse (Jos 1.5). Par ce magnifique texte biblique, il m’a rassuré : "Sois sans crainte, car je suis avec toi ; n'ouvre pas des yeux inquiets, car je suis ton Dieu ; Je te fortifie, Je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante" (Es 41.10). Le Seigneur Jésus avait vraiment tout préparé pour me conduire à lui, lui la Vérité de Dieu qui ne souffrait d’aucune incertitude.
A la fin, j’ai échoué (de très peu) au concours de médecine mais, je savais que j’avais gagné quelque chose d’inestimable qui vaut plus que l’or. En effet, je pouvais être certain d’avoir réglé la question ultime qui se pose devant tout homme et toute femme : Connaître Christ et lui répondre Oui ou Non.
Je savais que si j’avais raté la médecine, j’avais gagné Christ et ça c’est le plus important de la vie ; c’est le sens et le but de la vie même. Ô Seigneur, te connaître, c’est vraiment le meilleur. Merci pour ta bonté, pour ta grâce envers moi !
3) Ensuite…
Il faut que je parle de ce professeur d’Anatomie qui m’a marqué pendant mes études de médecine car par lui, le Seigneur m’a montré ce qu’il attendait de ma vie.
En effet, ce professeur était très brillant et il me fascinait parce qu’il expliquait avec une logique et une simplicité époustouflantes l’anatomie et l’agencement des os du corps humain, comme si c’était lui qui avait conçu l’homme. Devant l’harmonie qu’il mettait ainsi en évidence, j’étais ébahi. Puis, pendant l’un de ses cours admirables, et devant mon amour grandissant pour la Bible, j’ai rêvé (les yeux ouverts !) et demandé au Seigneur pourquoi ce prof ne pouvait pas se transformer en prof de la Bible, expliquant avec les mêmes compétences les emboîtements et articulations de la Parole de Dieu. "Ce prof sur la Bible, ça peut être toi !" : telle est la réponse que j’ai alors eue et qui s’est progressivement imposée en moi. C’est par ce rêve que le Seigneur m’a fortement mis à cœur le désir de me former pour mieux connaître sa Parole la Bible et l’enseigner aussi à ceux qui sont intéressés.
Après mes années de médecine, j’ai fait 2 années de BTS. J’ai achevé le programme et obtenu le diplôme de technicien de laboratoire avec lequel j’ai travaillé un mois.
Après cela, j’ai alors commencé des études de théologie à la Faculté de Théologie Evangélique Libre de Vaux sur Seine (France). Le Seigneur m’a beaucoup appris et il a changé plein de choses dans ma vie depuis ma conversion .
J’ai achevé et soutenu ma thèse de doctorat en 2008 sur le thème "L’Evangélisation de toutes les nations comme condition à remplir pour que le Seigneur revienne"* . En effet, dès le début, le Seigneur a laissé sur mon cœur un fardeau pour l’Afrique.
Pour finir, j’aimerai m’adresser à toi : je pensais que les études de médecine étaient ma voie, au point où échouer au concours ne me laissait pas une raison de vivre. J’ai cependant découvert que gagner Christ vaut mieux que tous les trésors du monde.
Qu’est-ce qui fait ta raison de vivre ? Ne te laisse pas absorber et bouffer par les soucis passagers de ce monde. Si tu cours après le vent, tu vas rater l’important, et au final, tu ne seras même pas content !… Le Sage avait déjà remarqué ceci : « Bien des hommes pensent être sur le bon chemin, et pourtant ils se trouvent sur une voie qui mène à la mort » (Proverbe 16.25). Où mène ta vie ?
Quel est le sens de ta vie ? Que réponds-tu à Jésus-Christ ? Il est "le chemin, la vérité et la vie" (Jean 14.6). Il se tient à la porte de ton cœur et il frappe. Sans tarder, ouvre-lui !
Charles Kenfack Pour en savoir plus sur Charles et sur ses travaux, n'hésitez pas à prendre contact avec lui via le site de l'église de Chapelle-Lez-Herlaimont (Belgique), dont il est le Pasteur.
* Thèse qui a réjouit le petit coeur du propriétaire de ce blog (!), basée sur une exégèse approfondie de Matthieu 24:14 : "Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin."
L'interprétation de l'Ecriture selon la Confession de Foi de Westminster
L'Ecriture est la règle infaillible de son interprétation. C'est pourquoi, lorsque se pose une question au sujet du sens véritable et complet d'un texte quelconque de l'Ecriture (qui n'est pas incohérente, mais une), la réponse doit être cherchée et trouvée à l'aide d'autres textes plus clairs. (2 Pie. 1:20-21 ; Actes 15:15-16)
Le juge suprême par qui tous débats religieux doivent être réglés, par qui toutes les décisions des Conciles, toutes les opinions des Pères, toutes doctrines humaines et toutes manières de voir particulières doivent être examinées, et à la décision duquel nous devons nous remettre, c'est le Saint-Esprit parlant par l'Ecriture ; et nul autre. (Matthieu 22:29-31 ; Ephésiens 2:20 avec Actes 28:25)
Articles 8 et 9 du premier chapitre de cette Confession de Foi, qui est consultable en entier ici. Bien qu'étant d'influence pédobaptiste, sa lecture est une profonde source d'inspiration pour tous les chrétiens, y compris les crédobaptistes ! Ceux qui voudront retrouver l'esprit de la Confession de Westminster dans une perspective crédobaptiste seront intéressés par la lecture de la Confession de Foi de Londres de 1689.
321 : La théologie fédérale expliquée simplement !
Comment survivre à une crise culturelle ?
Les lignes ci-dessous, adaptées d'un article de Mark Dever*, sont tirées de l'édito des "Maximes des Minimes", le bulletin de l'EBTM (Eglise Baptiste de Toulouse Minimes). Elles sont particulièrement édifiantes, compte tenu des circonstances que nous traversons actuellement e France.
Manifestants pro "mariage pour tous" brandissant un slogan parodiant Adam et Eve en "Adam et Yves".
Le passage de la nouvelle loi sur le mariage confirme que nous vivons à une époque de grands changements sociétaux. De plus en plus, les idées reçues sur la famille, l’amour, la sexualité, la tolérance, Dieu et tant d’autres sujets évoluent dans un sens qui met les chrétiens bibliques sur la défensive. Avec ces changements, les chrétiens peuvent avoir le sentiment d’être les nouveaux "hors-la-loi". Aujourd’hui, le fait de prendre position pour les principes chrétiens traditionnels risque de vous pénaliser - socialement, financièrement, et peut-être dans un avenir proche, légalement. Avec une ironie flagrante, on dit aux chrétiens de ne pas imposer leurs convictions aux autres, tout en les menaçant lorsqu’ils n’adoptent pas les nouvelles idées.
Dans tout cela, les chrétiens peuvent paniquer ou devenir alarmistes. Mais plus nous paniquons, plus cela révèle que nous avons accepté un christianisme non-biblique. Voici 7 principes de survie pour traverser les bouleversements sociétaux que nous connaissons en ce moment.
1. Se souvenir que les églises existent pour opérer un changement surnaturel
Toute la foi chrétienne se base sur l’idée que Dieu prend des personnes qui sont spirituellement mortes et qu’il leur donne une vie nouvelle. Autrement dit, chaque fois que nous évangélisons, nous évangélisons dans un cimetière. Il n’y a jamais eu d’époque ou de culture où la repentance ait été facile ou naturelle. Dans leur for intérieur, les chrétiens, les églises et les pasteurs doivent reconnaître qu’ils sont engagés dans une œuvre qui est surnaturelle. De ce point de vue, les changements récents dans notre société ont augmenté la difficulté de notre travail de 0%.
2. Comprendre que la persécution est normale
Dans ce monde déchu, la persécution est une réalité normale pour les chrétiens. C’est ce que Jésus nous a promis (cf. Jean 16). Le Christ que nous suivons a été exécuté pour des "crimes contre l’état". Dans l’histoire de la persécution des chrétiens, on remarque que ce sont souvent des questions secondaires – et non pas l’Évangile en lui-même – qui ont suscité des persécutions. Rarement le persécuteur dit : "Tu crois l’Évangile de Jésus-Christ, alors je vais te persécuter." C’est plutôt une croyance ou une pratique que nous avons en tant que chrétiens qui contredit ce que les gens souhaitent ou qui menace leur point de vue. Alors, nous rencontrons de l’opposition. Mais au lieu de jouer la victime, nous devons rappeler la normalité de la persécution. De ce point de vue, les changements récents dans notre société ont augmenté la difficulté de notre travail de 0%.
3. Éviter l’utopisme
Nous devons être un peuple d’amour et de justice, et il est normal de travailler pour que le petit coin de la planète que Dieu nous confie devienne un endroit meilleur. Mais tout en agissant pour l’amour et la justice, nous devons savoir que ce n’est pas à nous de transformer ce monde pour qu’il devienne le royaume de Christ. Notre mandat n’est pas de rendre ce monde parfait. Par contre, Dieu nous a mandaté de diriger les gens vers Celui qui un jour va rendre ce monde parfait. Si vous penchez vers l’utopisme, veuillez considérer que les Écritures ne l’enseignent pas, et qu’au cours de l’histoire, l’utopisme a souvent eu pour effet de détourner et de séduire même les disciples les plus zélés de Christ. C’est une bonne chose de s’attrister devant l’approbation croissante que notre société accorde au péché, mais il ne faut pas tomber dans la désillusion.
4. Faire bon usage de la démocratie qui nous est confiée
Je ne voudrais pas qu’on en arrive à la conclusion que les chrétiens ne devraient rien avoir à faire avec l’état ou le public. L’apôtre Paul nous dit d’être soumis aux autorités. Mais dans notre contexte démocratique, un aspect de notre soumission, c’est de partager son autorité. Négliger le processus démocratique, c’est négliger un bien que Dieu nous a confié.
5. Confiez-vous dans le Seigneur et non dans des circonstances humaines
Il n’y a jamais eu de circonstances trop difficiles pour Dieu. Tout en passant par la croix, Jésus se confiait en son Père, et cela "pour la joie qui lui était réservée". Rien de ce que vous et moi traverserons ne pourrait égaler ce que notre Roi a dû souffrir. Ainsi, nous pouvons lui faire confiance. Il se montrera fidèle dans tout ce que nous endurons.
6. Nous rappeler que tout est par grâce
L’enfer est ce que nous méritons. Tout le reste n'est que grâce. Cette perspective nous garde de devenir amers envers nos employeurs, nos amis, les membres de nos familles, notre gouvernement lorsqu’ils s'opposent à nous. Comment Paul pouvait-il chanter en prison ? Il savait de quoi il avait été pardonné. Il connaissait la gloire qui l’attendait. Il percevait et chérissait ces réalités.
7. Se reposer dans la certitude de la victoire de Christ
Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église de Jésus-Christ. Nous n’avons pas à craindre ou à trembler comme si, par cette nouvelle loi, Satan avait enfin, après tous ces siècles, réussi à prendre le dessus. Ou de penser que "Peut-être allons-nous perdre après tout...?". C’est impossible ! A travers l’histoire et le monde, les gens ont souffert bien plus que les chrétiens en Occident aujourd’hui, et pourtant, nous ne pensons pas que dans ces cas, Satan a remporté la victoire. Chaque pays et chaque époque a sa manière unique de manifester sa rébellion et son désir de s’attaquer contre Dieu. Et le mieux (ou le pire ?) qu’on ait pu faire, c’est de crucifier Jésus. Mais trois jours plus tard, il est ressuscité. C’est pourquoi, son royaume n’est nullement menacé d’échec ou de défaite. Aucune personne élue par Dieu depuis l’éternité ne manquera d’être sauvée parce que telle ou telle politique remporte les voix. L’anxiété ou le désespoir n’ont tout simplement pas lieu d’être.
Peut-être ne parviendrons nous pas à avoir le dernier mot. Peut-être nos opposants ne seront pas convaincus par nos livres ou nos articles. Mais une chose est certaine : nous pouvons les aimer avec l’amour surnaturel que Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ. Et nous pouvons leur annoncer Sa Parole, en toute humilité, confiance et joie.
Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. (Jean 16.33)
Traduit et adapté par Samuel Niblack, pasteur de l'EBTM.
* Mark Dever est le pasteur de l'Eglise Baptiste Capitol Hill de Washington (USA), et le président de 9marks, un ministère qu'il a co-fondé.
"Je ne monte pas derrière cette chaire espérant que, peut-être quelqu'un de son plein gré reviendra à Christ. Mon espoir réside ailleurs. J'espère que mon Maître posera la main sur certains d'entre eux et dira : 'Vous êtes à moi, et vous serez à moi. Je vous réclame pour moi-même.' Mon espoir provient de la libéralité de la grâce, et non pas de la liberté de la volonté."
- Charles Spurgeon
Le culte personnel selon Martin Luther
Mon cher ami Matthieu Giralt, animateur du blog Notre Eglise Point Com, a récemment pointé dans l'une des ses "Foire aux Liens" vers un article profondément édifiant de La Revue Réformée. Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de ce papier, écrit par Walter Trobisch.
Un jour, Peter Beskendorf, barbier de Martin Luther, a pris la liberté de poser la question suivante à son éminent client: “Docteur Luther, comment priez-vous?”
Martin Luther n’a pas trouvé indigne de lui de répondre par écrit, à son coiffeur, une longue lettre de quarante pages, qui a été publiée au printemps 1535 sous le titre: A un bon ami, une manière simple de prier. Cette lettre est très précieuse, car elle offre un aperçu sur la piété de Luther et elle constitue un exemple classique de cure d’âme menée avec compétence. Voici le texte du premier paragraphe de cette lettre :
“Cher maître Pierre, voici ce que j’ai de meilleur: comment je prie. Que notre Seigneur Dieu vous accorde ainsi qu’à quiconque de faire mieux.”
Luther grandit son interlocuteur et s’abaisse lui-même. Il se place dans son univers et cela lui permet de le faire cheminer vers lui.
“Un barbier habile, lorsqu’il est en train de faire la barbe à un client, doit fixer toute son attention sur le rasoir et la barbe. S’il ne fait que parler, regarder ailleurs ou penser à autre chose, il risque fort d’entailler la bouche ou la gorge de son client. Ainsi, pour faire quelque chose de bien, il faut y impliquer tout son être. Comme on dit: Celui qui pense à trop de choses ne pense à rien et n’accomplit rien de bon ! A plus forte raison, la prière, pour être une bonne prière, doit-elle être seule à occuper totalement le cœur !”
Luther se met à la place de son interlocuteur et il nous donne un bon exemple de ce que l’on peut faire par lettre. Son premier paragraphe est également très réconfortant pour nous, car il nous apprend que son rédacteur a eu le même problème que nous à résoudre dans sa vie de prière: le manque de concentration. Voici la première aide qu’il nous apporte:
"Il est bon que la prière soit notre première et notre dernière occupation de la journée. Il faut écarter la pensée fausse et trompeuse suivante: 'Attends un peu; dans une heure ou plus, tu prieras. Termine d’abord ceci ou cela.' Si nous accueillons cette pensée, la journée se passera à l’accomplissement de tâches diverses sans que nous priions."
Luther écrit aussi:
"Veillons à ne pas nous laisser détourner de la prière sous prétexte que telle ou telle tâche est plus urgente – ce qu’elle n’est pas en réalité – et, ainsi, à devenir négligent, paresseux, insensible et soucieux. Le diable, lui, qui rôde autour de nous, n’est ni négligent, ni paresseux."
Tout comme Maître Pierre a dû l’être, nous nous sentons compris. Qui d’entre nous ne connaît pas des moments plus ou moins longs où le culte personnel devient un devoir sans signification, pénible, voire détesté et, à tout le moins, bien ennuyeux. Or, l’ennui est l’ennemi mortel du Saint-Esprit.
Quelle aide Luther offre-t-il pour échapper à la froideur satanique et retrouver la chaleur et la lumière que suscite le Saint-Esprit?
Luther préconise une période préalable “d’échauffement”. Les expressions “échauffer le cœur” jusqu’à ce “qu’il soit bien disposé”, “qu’il ait envie” se trouvent à plusieurs reprises dans cette lettre. La lettre tout entière n’est, en fait, qu’une instruction pratique et détaillée à cet égard; l’étude de la Bible ne doit être entreprise qu’ensuite. Elle se termine par l’affirmation que “celui qui fait ainsi peut utiliser un chapitre de l’Ecriture à la manière d’un briquet pour embraser son cœur”.
Pour Luther, la position du corps a de l’importance. La position assise ne convient pas.
“Agenouillez-vous ou restez debout, les mains jointes et les yeux tournés vers le ciel.”
Et il avertit :
“Veillez à ne pas être trop exigeant afin que votre esprit ne se fatigue pas. Une bonne prière n’a pas besoin d’être longue ou prolongée. Il est préférable qu’elle soit fréquente et ardente.”
Son contenu ? Nos besoins et nos préoccupations personnelles ? Non ! Luther répond:
“Commencez par les Dix Commandements .”
Luther les prie; il ne les récite pas à toute vitesse. Comme ancien prêtre catholique romain, il a beaucoup à dire contre l’amoncellement “des vaines paroles” (Mt 6:7), le bavardage, le babillage et le papotage qu’il compare à des bulles de savon. Pour éviter cela, Luther considère un seul commandement à la fois, “afin que mon esprit soit aussi désencombré que possible avant de prier”.
Voici comment Luther partage avec son barbier sa façon personnelle de formuler une prière libre:
Je fais de chaque commandement une guirlande de quatre brins tressés ensemble. En d’autres termes, chaque commandement est d’abord un enseignement – ce qu’il est effectivement – et je réfléchis à ce que le Seigneur me demande si sérieusement. Chaque commandement est, en second lieu, un sujet de louange; en troisième lieu, une confession et, enfin, une requête.
Ensuite, Luther prend la peine et le temps de considérer l’un après l’autre chacun des Dix Commandements et de proposer, à titre d’exemple pour son barbier, autant de guirlandes à quatre brins.
Au sujet du commandement “Tu ne commettras pas de vol”, Luther écrit:
Premièrement, j’apprends, ici, que je ne dois ni prendre, ni posséder, publiquement ou en secret, quelque chose qui appartient à mon prochain; que je ne dois être ni déloyal ou malhonnête dans mes négociations, mon service ou mon travail, afin que mon gain ne soit pas celui d’un voleur. Je dois plutôt gagner mon pain à la sueur de mon front et manger mon pain avec les honnêtes gens. En même temps, j’aiderai mon voisin à ne pas être victime de voleurs.
En second lieu, je remercie Dieu de m’avoir donné ainsi qu’à tous les hommes, dans sa fidélité et sa bonté, un si bon enseignement, nous assurant de la sorte protection et sécurité. Car, sans sa protection, il ne restera dans notre maison ni le moindre argent, ni un morceau de pain.
Troisièmement, je dois confesser mon péché et mon ingratitude pour avoir fait tort à quelqu’un ou l’avoir trompé et, aussi, pour toutes les fois où j’ai manqué à ma parole.
Quatrièmement, je demande à Dieu de nous faire la grâce, à moi-même comme au monde entier, d’avoir une conduite améliorée. Je le prie qu’il y ait moins de vols, de détournements, d’exploitations, d’escroqueries et d’injustices. Je le supplie aussi que tous ces maux disparaissent bientôt, au jour du jugement. Tel est l’objectif auquel tendent les prières de tous les chrétiens et auquel aspire la création tout entière (Rm 8:22).
Telle est la prière selon Martin Luther. Elle ne consiste pas seulement à supplier, réciter et parler, mais aussi à apprendre, méditer, analyser avec minutie et acquérir ainsi la perspective de l’éternité.
Et après? Luther indique de procéder avec le Notre Père comme avec les Dix Commandements . Prendre une des requêtes à la fois – une seule est probablement suffisante par jour – et tresser ensemble les quatre brins pour faire une guirlande. Et, de nouveau, Luther explique à Maître Pierre comment faire pour chaque requête.
Luther estime que le Notre Père est “le texte le plus maltraité sur terre, tordu, trahi par chacun”. Cependant, en le priant selon la méthode de la guirlande, le Réformateur dit:
“Je l’absorbe comme un nourrisson, je le mange et le bois comme un vieillard et n’en suis jamais rassasié.”
Quand il en a “le temps et le loisir”, après le Notre Père , Luther procède de la même manière avec le Symbole des Apôtres .
A un moment donné, cependant, Luther interrompt son explication pour partager avec le destinataire de sa lettre l’expérience suivante:
Il arrive souvent que je me perde dans des pensées si riches (littéralement, que “mes pensées partent en promenade”) à propos d’une des demandes du Notre Père que j’abandonne les six autres. Quand il en est ainsi, il faut laisser de côté les autres prières et accueillir ces pensées, les écouter en silence et ne les réprimer en rien. C’est le Saint-Esprit lui-même qui prêche et un seul mot de son sermon vaut mieux que les milliers prononcés dans nos prières. J’ai ainsi plus appris dans une seule prière que par beaucoup de lectures et de réflexions.
Nous voyons, ici, que, pour Luther, prier ne signifie pas seulement parler, mais aussi rester silencieux et écouter. Pour lui, la prière n’est pas à sens unique, mais à double sens. Il parle à Dieu et, ce qui est encore plus important, Dieu lui parle.
C’est exactement ce que nous espérons en étudiant la Bible: que Dieu nous parle. L’étude de la Bible est une prière. Aussi l’enseignement de Luther sur la prière peut-il s’appliquer à notre étude de l’Ecriture et nous apporte-t-il une aide considérable pour mettre en évidence tout le sens d’un passage biblique en vue de son application dans notre vie. Il s’agit, verset après verset, de tresser une guirlande faite de quatre brins.
Pour varier un peu et en mettant, en dernier, ce que Dieu demande, beaucoup de chrétiens ont enrichi leur culte personnel en rédigeant les quatre questions suivantes:
1. De quoi dois-je être reconnaissant? (action de grâces)
2. Qu’est-ce que je regrette? (confession)
3. Que devrais-je demander? (intercession)
4. Que ferai-je? (action)
Faisons de nouveau attention à une mise en garde de Luther:
"N’exigez pas trop de vous-même de peur de lasser votre esprit… il suffit de comprendre une fraction d’un verset biblique, ou même moitié moins, pourvu qu’elle suscite une étincelle dans votre cœur… car (c’est là une pensée très profonde que Luther partage avec son barbier) l’âme, si elle se concentre sur une seule chose, bonne ou mauvaise, de façon vraiment sérieuse, peut faire plus en un moment que la langue dans un discours de dix heures et qu’une plume grattant du papier pendant dix jours. Ainsi, l’âme, ou l’esprit, est un instrument précis, délicat et puissant.
Ce qui est déterminant n’est pas le nombre de versets bibliques lus. Il est parfois plus fructueux de se limiter à quelques versets seulement et à se comporter avec eux comme avec les branches d’un arbre pour en faire tomber les fruits. Ce faisant, l’étude de la Bible se transforme d’un devoir ennuyeux en une aventure passionnante.
Il convient, d’abord, de poser strictement chaque question. Qu’est-ce qui, dans ce texte, me rend reconnaissant? Qu’est-ce qui, dans ce texte, me reprend, m’invite au changement et à la repentance? Quels sujets d’intercession – non pas mes propres souhaits – le texteme suggère-t-il? Qu’est-ce qui, dans ce texte, me pousse à l’action?
Une réponse ne sera pas trouvée, chaque fois, à toutes ces questions. Parfois les réponses seront imbriquées les unes dans les autres. Ce qui m’incitera à la repentance peut devenir mon sujet d’intercession du jour, et même me pousser à réparer ou à demander pardon.
D’un autre côté, tout en nourrissant nos pensées, le texte ne doit ni les réduire, ni les limiter. En réfléchissant, de nouveau, à partir de ces quatre questions, nous les appliquerons aux détails concrets de notre vie quotidienne; pensons aussi aux petites choses dont nous sommes reconnaissants: une journée ensoleillée, un salut amical, une jolie fleur, l’arrivée d’une bonne lettre. Nous nous souviendrons aussi d’une parole non dite ou du nom de personnes pour lesquelles nous voudrions prier, de façon particulière, ce jour-là. En répondant à la quatrième question, nous planifierons la journée qui s’ouvre devant nous, découvrant ainsi une solution pratique au problème avec lequel se débattent de nombreux chrétiens: comment connaître la volonté de Dieu?"
Selon le témoignage de Luther dans sa lettre, il est évident qu’il croyait fermement que Dieu parlerait à son esprit en prière, lorsque “le cœur est échauffé” et qu’il se trouve “dans l’atmosphère créée par les Dix Commandements , le Notre Père et le Symbole des Apôtres ”.
“Le Saint-Esprit peut et doit le faire et il continuera à vous instruire si votre cœur se soumet à la Parole de Dieu et s’il est libre de préoccupations et de pensées étrangères.”
Luther donne, cependant, à son ami, quelques conseils pratiques que nous ne devrions pas oublier. Il lui recommande de faire son culte personnel avec un crayon et du papier, afin de noter ce que Dieu lui dit :
Je répète ce que j’ai déjà dit à propos du Notre Père . Si le Saint-Esprit vient alors que vous êtes dans ces dispositions d’esprit, et prêche à votre cœur vous donnant des pensées riches et lumineuses, honorez-le en écartant vos idées préconçues, en restant tranquille et en écoutant celui qui parle mieux que vous; notez ce qu’il dit, écrivez-le et vous expérimenterez ce dont parle David : “Ouvre mes yeux pour que je contemple les merveilles de ta loi !” (Ps 119:18).
Ceux qui ont l’habitude de faire leur culte personnel en prenant des notes ne l’abandonnent pratiquement jamais. Ce qui rend notre recueillement si peu attrayant et ennuyeux tient au fait que, chaque jour, chacun de nous a le même type de pensées générales et pieuses. D’où la monotonie. Nos pensées sont lointaines et abstraites et n’ont pas de lien avec notre vie quotidienne. Ecrire, comme le suggère Luther, est une manière d’incarner la Parole de Dieu. Elle devient tangible, visible et concrète, et cela nous oblige à être exact, précis et méticuleux. La monotonie fait place à la variété et à l’étonnement. Prendre des notes rend également capable de vérifier si ce qui a été décidé le matin a été accompli. Selon un proverbe chinois : “L’encre la plus pâle est plus forte que la plus forte mémoire.”
Mettre par écrit ce que Dieu nous dit permet aussi d’en faire part à un compagnon de prière. Ma femme et moi choisissons ensemble le texte de notre culte quotidien. Cela est particulièrement utile lorsque nous sommes séparés. Lorsque nous nous retrouvons, nous pouvons nous dire ce que nous avons écrit et nous faisons ainsi l’expérience de “choses merveilleuses”.
Cela exige un peu de pratique. De la même manière que pour se préparer à une épreuve sportive et obtenir le meilleur résultat possible, un échauffement est nécessaire, de la même manière notre vie spirituelle a besoin que notre cœur soit “échauffé”. Martin Luther utilise exactement ces termes. Il faut une formation et de la pratique pour distinguer ses propres pensées et celles de Dieu. Lorsqu’on ouvre un robinet dans un nouveau bâtiment, il en sort parfois, au début, un liquide brunâtre; mais peu à peu, la patience aidant, l’eau devient claire.
Nous pouvons faire la même expérience dans notre culte personnel. Si notre prière, de parole devient silence, et si ce silence se transforme en écoute, la voix du Bon Berger se fera clairement entendre. “L’Esprit veut et doit nous accorder cela si notre vœu est soumis à sa Parole”, a écrit Luther.
Walter Trobisch (1923-1979) Auteur de plusieurs livres consacrés à des sujets d’éthique. Ce texte est traduit du Covenant Companion (15 octobre 1975).
Quelques citations de Thomas Watson sur la souffrance et l'épreuve
Thomas Watson, prédicateur et auteur non-conformiste*, a abondamment écrit sur le sujet de la vie chrétienne pratique selon les Ecritures. Les quelques pensées sur la souffrance qui suivent sont extraites d'un recueil de ses citations, Puritan Gems.
- "Dieu n'a jamais promis un sauf-conduit de tout trouble, mais il a promis d'être avec nous dans l'épreuve. Mieux vaut être en prison avec la présence et les promesses de Dieu, que d'être assis sur un trône sans elles."
- "Aucun vase ne peut être fait d'or sans passer par le feu. De même, il est impossible d'être façonné en 'vase d'honneur' (Rom. 9:21) à moins d'avoir été fondu et purifié dans la fournaise de l'affliction."
- "L'apôtre Paul a eu ses chants de prison (Actes 16:25). Quand les saints goûtent le plus à la colère des hommes, ils expérimentent alors le plus de la bonté de Dieu."
- "Les chrétiens se trompent lorsqu'ils supposent que lorsque Dieu afflige il cesse d'aimer. Car l'affliction est l'instrument de Dieu par lequel il nous taille : il préfèrera que les branches de sa vigne saignent plutôt qu'elles ne portent pas de fruit." (Jean 15:2)
- "L'épreuve est le pinceau dont Dieu se sert pour tracer l'image de Christ plus distinctement en nous. Il est bon qu'il y ait une cohérence entre la tête et les membres ; afin d'être membre du corps de Christ, nous devons être semblable à lui, 'homme de douleur, habitué à la souffrance'. Par conséquent, il est bon d'être rendu semblable à Christ, bien que cela se produise dans la souffrance." (1 Corinthiens 12:27, Esaïe 53:3)
- "Il y a plus de mal dans une goutte de péché que dans une mer d'affliction."
- "Plus le diamant est taillé, plus il étincelle ; plus la croix est lourde, plus la couronne des saints sera imposante !"
- "Dieu a eu un Fils sans péché, mais aucun sans épreuve. Dieu met ses enfants à l'école de la croix, et c'est là qu'ils apprennent le plus."
- "Les épreuves ardentes font des chrétiens en or. Proverbes 17:3."
- "La nature de l'affliction est modifiée lorsqu'elle est expérimentée par un homme de bien : par l'alchimie divine, elle est transformée en bénédiction, et elle devient une preuve d'amour, une marque d'adoption, et une préparation pour le ciel."
Thomas Watson (1620-1686) - Pour en apprendre davantage sur cet auteur puritain majeur, visitez ce site (en anglais) qui lui est intégralement dédié : thomaswatsonquotes.com - A l'heure où ce post est publié, deux ouvrages de Thomas Watson sont actuellement disponibles en Français, aux éditions Europresse : Consolations Divines et Le Contentement est un don de Dieu. Tony Hynes avait effectué une courte recension de ce dernier dans la revue Promesses de septembre 1997, recension que vous pouvez lire ici.
* Non-conformistes : ce terme désigne l'ensemble des personnes ayant refusé de se conformer à la loi d'uniformité de 1558, qui tendait à réguler le culte de l'église anglicane officielle. Par cet acte, la reine Élisabeth Ière faisait obligation légale à tous les Anglais d'aller à l'église chaque dimanche (!), ou à défaut de s'acquitter d'un impôt relativement important pour l'époque. Elle régulait aussi le type de prières qui devaient être prononcées lors des offices (via le fameux Book of Common Prayers). Une bonne partie des puritains désobéirent pour différentes raisons à cet acte de conformité, et devinrent ainsi qualifiés à postériori de "non-conformistes".
La meilleure définition du pardon
"Question : quand pardonnons-nous aux autres ? Réponse : Lorsque nous luttons contre toutes nos pensées de vengeance, quand nous ne rendons pas le mal à nos ennemis mais souhaitons leur bien, lorsque nous pleurons sur leur malheur, lorsque nous prions pour eux, lorsque nous nous réconcilions avec eux, et lorsque nous nous montrons prêt en toutes occasions à leur venir en aide." Thomas Watson (1620 - 1686) Extrait de son ouvrage de Théologie Systématique : "A Body of Divinity"
Genius - Le Film Saviez-vous que John Lennon pensait pendant un temps avoir expérimenté la régénération ? Connaissez-vous son parcours spirituel ? Une nouvelle production de Living Waters, qui pose entre la question de la vraie et de la fausse conversion. Vidéo sous-titrée en Français : les sous-titres devraient automatiquement démarrer lors de la lecture de la vidéo. Si ce n'était pas le cas, activez-les à l'aide du bouton en bas à droite de la fenêtre du lecteur.
Entre les mains d'un Dieu en Colère
Ce sermon a parfois été qualifié de "sermon le plus célèbre de l'histoire". Ce qui est certain, c'est qu'elle est la pièce écrite la plus connue de Jonathan Edwards. Celui-ci avait été invité à prêcher à Enfield, dans le Connecticut, le 8 juillet 1741. Le premier Grand Réveil américain battait alors son plein. La plupart des spécialistes s'accordent aujourd'hui pour dire que ce sermon offre un bon aperçu de ce qu'était la théologie du Grand Réveil (1730-1755). Plusieurs centaines de personnes semblent s'être converties à cette occasion. L'introduction à l'édition française d'Europresse indique : "La vision de l'enfer avait pour certains une telle réalité qu'ils s'agrippaient aux arbres, de peur de tomber dans l'abîme." Edwards a été interrompu plusieurs fois durant sa prédication par des personnes gémissant et criant : "Que dois-je faire pour être sauvé ?". Puis-je vous encourager à prendre le temps de lire ce sermon en entier, puis de prendre encore un temps supplémentaire pour méditer profondément sur toutes ses implications ?
"A moi la vengeance et la rétribution, quand leur pied chancellera! Car le jour de leur malheur est proche, et ce qui les attend ne tardera pas." - Deutéronome 32:35
Ce verset menace les Israélites incrédules d'une manifestation de la vengeance divine, ils appartenaient au peuple visible de Dieu, et bénéficiaient des moyens de la grâce. Or, en dépit de toutes les œuvres merveilleuses de Dieu à leur égard, ils demeuraient dépourvus de bon sens, "et il n'y avait point en eux d'intelligence" (verset 28).
Malgré tout le soin céleste dont ils faisaient l'objet, ils produisaient un fruit amer et empoisonné, comme l'indiquent les quelques versets précédant notre texte. Ce verset 35 en particulier semble suggérer plusieurs choses sur la destruction et le châtiment auxquels ces Israélites impies s'exposaient.
La destruction les menace continuellement
La chute guette à tout moment celui qui se place sur un terrain glissant. Nous en voyons ici l'indication dans la manière dont frappe la destruction: leur pied chancelle. La même idée ressort d'un autre passage: "Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi! en un instant les voilà détruits! ils sont enlevés, exterminés par une fin soudaine!" (Psaumes 73:18,19)
La destruction est soudaine et inattendue
L'homme qui marche sur une voie glissante ne peut prédire s'il sera tombé ou encore debout le moment suivant. Lorsque la chute survient, elle est soudaine et sans avertissement. C'est, là aussi, ce qui ressort du Psaume 73 déjà cité.
La chute de l'impie provient de lui-même
Nul besoin qu'un autre le précipite à terre. Son propre poids suffit à faire tomber celui qui se tient ou marche en un lieu glissant. Il n'est pas encore tombé, ou ne tombe pas à l'instant présent, uniquement parce que l'heure fixée par Dieu n'est pas encore survenue. II est en effet parlé du "jour de leur malheur". Il existe un moment désigné par Dieu où leur pied chancellera, et alors ils seront abandonnés à une chute provoquée par leur propre poids. Dieu ne les soutiendra pas une seconde de plus, mais il les laissera à leur propre sort. Alors, en cet instant précis, ces hommes glisseront inexorablement vers leur destruction, incapables de se retenir par leurs propres moyens. Dès que tout appui disparaît, ils tombent immédiatement vers leur perdition. Notre texte enseigne une vérité importante: seul le bon vouloir de Dieu empêche les méchants de tomber immédiatement en enfer. Par bon vouloir, je veux parler de sa volonté souveraine, indépendante, libre de toute obligation et entravée par aucune sorte de difficulté. En dernier ressort, seul ce bon vouloir préserve, ne serait-ce qu'une seconde, les hommes méchants de la destruction. La vérité de cette remarque se manifeste dans les considérations suivantes :
Dieu ne manque pas de puissance
Il a à tout moment la capacité de jeter les méchants en enfer. Le bras de l'homme ne possède aucune force lorsque Dieu s'élève contre lui. Le plus puissant n'a pas les moyens de lui résister, et aucun ne peut délivrer de sa main. Dieu peut jeter les méchants en enfer le plus facilement du monde. Parfois, un roi de la terre rencontre de grandes difficultés dans ses efforts à assujettir un parti rebelle qui a pu s'armer et rallier un grand nombre de partisans.
Mais, aucune forteresse ne peut protéger de la puissance de Dieu. Même si ses ennemis s'associent en multitudes, il les met en pièce avec facilité, comme la tornade disperse un gros tas de paille, ou les flammes qui dévorent une immense quantité de chaume. il nous est aisé d'écraser le vermisseau qui rampe sur le sol, ou de rompre le fil de l'araignée. Il est tout aussi facile à Dieu, quand il le décide, de jeter ses ennemis en enfer. Que sommes-nous pour nous penser capables d'affronter Celui à la réprimande duquel la terre tremble, et devant qui les rochers se fendent?
Les hommes méritent l'enfer
Pour cette raison, la justice divine ne soulèvera pas d'objection à l'emploi de la puissance divine à tout moment pour les détruire. Bien au contraire, cette justice divine exige avec instance la rétribution de leurs péchés par un châtiment infini. Voyant l'arbre qui produit des fruits de la race de Sodome, elle dit: "Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement?" (Luc 13:7) La justice divine brandit sans cesse son épée au-dessus de leur tête, et seule la main souveraine de la miséricorde et de la volonté de Dieu la retient.
Les hommes sont déjà condamnés à l'enfer
Ils méritent effectivement d'y être justement jetés. En outre, la sentence de la loi de Dieu, cette règle de justice éternelle et immuable que Dieu a placée entre lui et l'humanité, s'élève contre eux et elle les condamne. En conséquence, ils sont déjà liés pour cette terrible destination. "Celui qui ne croit pas est déjà jugé" (Jean 3:18). Ainsi donc, tout homme inconverti appartient à l'enfer. il vient de là: "Vous êtes d'en bas" (Jean 8:23), et c'est là sa destination, assignée par la justice de Dieu, par sa parole et par la sentence de son immuable loi.
L'homme est l'objet de la colère de Dieu
Cette même colère, exprimée par les tourments de l'enfer, se déploie déjà à l'encontre des incroyants ici-bas. S'ils ne tombent pas à l'instant en enfer, cela ne vient pas du fait que le Dieu à la merci duquel ils sont n'est pas en ce moment même en colère contre eux. Il l'est, tout autant qu'en regard aux multitudes de misérables créatures qui subissent et ressentent aujourd'hui la fureur de sa colère dans les tourments infernaux. En fait, il est bien plus en colère envers des multitudes d'hommes actuellement sur la terre, et même, sans aucun doute, envers plusieurs de mes lecteurs, qu'à l'encontre de beaucoup de ceux qui souffrent en ce moment dans les flammes infernales. Ce n'est pas parce qu'il ignore la méchanceté des impies, ou qu'elle ne lui est pas odieuse, que Dieu ne déploie pas sa main pour les retrancher. Il ne leur ressemble pas, bien qu'ils se l'imaginent. Sa colère se consume contre eux. Leur damnation ne sommeille pas, mais l'abîme se prépare, le feu attend et la fournaise rougeoie, prête à les recevoir. L'épée étincelante aiguisée les surplombe, et l'abîme s'est ouvert au-dessous d'eux.
Le diable les guette
il est prêt à s'abattre sur eux et à s'en saisir dès l'instant où Dieu le lui permettra. Ils lui appartiennent. Il a leur âme en sa possession et les tient sous sa domination. L'Ecriture parle des méchants comme des "dépouilles" de Satan (Luc 11:22). Les démons veillent sans cesse aux côtés des impies, aux aguets comme des lions dévorants et affamés, actuellement retenus, mais qui s'attendent à déchirer leur proie. Si Dieu retirait la main qui les restreint, ces démons s'abattraient en un instant sur ces pauvres âmes. Le vieux serpent d'Eden les guette, l'enfer ouvre sa bouche béante pour les recevoir. Si Dieu le permettait, ses ennemis seraient rapidement avalés et perdus.
Des principes infernaux règnent dans leur âme
Ces élans s'élèveraient immédiatement en flammes d'enfer si les restrictions imposées par Dieu disparaissaient. Il repose dans la nature même de l'homme naturel une fondation pour les tourments de l'enfer. Ces principes corrompus renferment la puissance dominatrice et le potentiel qui en font des semences du feu infernal. II s'agit de principes actifs et puissants, extrêmement violents dans leur nature. Si Dieu ne les restreignait pas, ils dépasseraient très rapidement toutes limites. Ils s'enflammeraient comme le font des corruptions similaires et une inimitié semblable dans le cœur des âmes damnées, et ils engendreraient les mêmes tourments que ces dernières souffrent en enfer.
L'Ecriture compare l'âme des méchants à la mer agitée "qui ne peut se calmer" (Esaïe 57:20). Dans le temps présent, Dieu restreint leur méchanceté par sa grande puissance, comme il le fait avec les flots tumultueux de la mer à qui il dit: "Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au-delà." Mais, s'il ôtait cette puissance de restriction, la méchanceté des impies aurait tôt fait d'emporter tout devant elle. Le péché est la ruine et la misère de l'âme. Il porte la destruction dans sa nature, et si Dieu le laissait déchaîné, rien d'autre ne rendrait l'âme aussi parfaitement misérable. La corruption du cœur de l'homme ne connaît ni modération ni limite dans sa fureur. Tant que l'incroyant vit sur la terre, cette corruption est comme un feu refoulé par les restrictions de Dieu. Sinon, elle mettrait à feu et à sang le cours même de la nature. Puisque le cœur est aujourd'hui le récipient du péché, une fois libre de toute restriction, il transformerait immédiatement l'âme en un four enflammé, en une fournaise de feu et de soufre.
Les hommes n'ont pas de sécurité
Ils sont en danger, même quand rien ne l'indique. Sa santé n'offre pas de sécurité à l'homme. II court un terrible danger, même s'il ne voit pas comment il pourrait soudainement quitter ce monde, ou s'il ne perçoit pas de danger visible dans ses circonstances. L'expérience continuelle et multiple des siècles montre que l'homme n'a aucun gage d'assurance de ne pas être à la porte même de l'éternité, et d'être soudain propulsé dans un autre monde. Les manières imprévisibles et inattendues par lesquelles les hommes quittent ce monde sont innombrables et inconcevables. Les inconvertis marchent au-dessus de la bouche même de l'enfer. Une plaque pourrie recouvre cet abîme, si faible en tant d'endroits qu'elle soutient à peine leur poids. L'homme ne voit pas ces faiblesses. Les flèches de la mort volent invisibles en plein jour, et même l’œil le plus perçant ne les décèle pas. Dieu possède quantité de façons différentes et insondables pour ôter les méchants de ce monde et les envoyer en enfer. Il n'a pas besoin d'un miracle ou de sortir du sentier ordinaire de la providence pour détruire n'importe quel homme impie à tout moment. Tous les moyens pour ôter les pécheurs de ce monde sont tellement et si absolument soumis à sa puissance et à sa décision, qu'il n'en dépend pas moins du simple bon vouloir divin de les envoyer en enfer que s'il n'utilisait jamais de moyens.
La prudence et le soin de l'homme ne le protègent pas
Qu'il les exerce lui-même pour préserver sa propre vie, ou que d'autres les déploient pour lui, ces choses ne lui apportent pas un instant de sécurité. La providence divine et l'expérience universelle portent aussi témoignage à la vérité de cette déclaration. L'évidence est claire. La sagesse de l'homme ne lui procure aucune sécurité en regard à la mort. Sinon, les sages et les grands de ce monde seraient moins susceptibles à une mort précoce et inattendue que les autres hommes. Qu'en est-il pourtant dans les faits? "Eh quoi! le sage meurt aussi bien que l'insensé!" (Ecclésiaste 2:16)
Tout effort pour échapper à l'enfer est vain
Les hommes prennent beaucoup de peines et usent de beaucoup d'artifices pour échapper à l'enfer, tout en rejetant Christ et en demeurant dans leur méchanceté. Tous ces efforts ne les protègent pas un instant de la destruction.
Presque tout homme naturel, en entendant parler de l'enfer, se flatte d'y échapper. Il trouve sa propre sécurité en lui-même, et s'appuie en ce qu'il a accompli, en ce qu'il fait, et en ce qu'il a l'intention d'entreprendre. Chacun échafaude des arguments sur la manière dont il évitera la damnation. Il se félicite de bien réussir en ce qui le concerne, et pense que ses efforts ne lui feront pas défaut.
Oui, on dit que peu de gens sont sauvés, et que la plus grande partie de l'humanité déjà passée est allée en enfer, mais chacun s'imagine qu'il a mieux préparé sa sauvegarde que ses prédécesseurs. Il n'envisage pas de finir dans ce lieu de tourments. Il détermine en son for intérieur de prendre un soin efficace de soi-même et de se débrouiller pour assurer sa réussite.
Mais ces insensés se trompent dans leurs plans et dans leur confiance en leurs propres forces et en leur sagesse. Ils ne s'appuient que sur une ombre. La plus grande partie de ceux qui ont vécu jusqu'ici, au bénéfice des mêmes moyens de grâce, est de toute évidence allée en enfer. Etaient-ils moins sages ou moins occupés à assurer leur propre salut? Si nous pouvions leur demander, chacun en particulier, s'ils s'attendaient, en entendant de leur vivant parler de l'enfer, à devenir les objets de cette misère, ils répondraient tous sans exception: "Non, j'avais prévu les choses différemment dans mon esprit. Je pensais me débrouiller bien et que mes plans avaient de la valeur. Je prenais grand soin de ces choses, mais ce sort survint de manière inattendue. Je ne l'attendais pas à ce moment-là, ni de cette manière-là. La mort est venue comme un voleur dans la nuit. La colère de Dieu avait trop de rapidité pour moi. Oh, quelle bêtise insensée me contrôlait! Je me félicitais et m'endormais par des rêves vains de ce qui devait m'arriver. Et alors que je disais: ‘Paix, paix’, la destruction soudaine s'est abattue sur moi."
Dieu n'est sous aucune obligation. Il n'a donné aucune promesse à l'homme naturel de le préserver un seul instant de l'enfer. Il n'a certainement fait aucune promesse, soit de vie éternelle, soit de préservation ou de délivrance de la mort éternelle, si ce ne sont celles de l'alliance de la grâce. Toutes les promesses sont en Christ, car c'est en lui qu'est le oui.
Toutefois, ceux qui ne sont pas enfants de l'alliance n'ont certainement pas de part dans les promesses de l'alliance. Ils ne croient aucune de ses promesses, et ils n'en aiment pas le Médiateur.
Certains ont imaginé ou prétendu toutes sortes de choses pour les promesses faites en rapport aux efforts sincères de l'homme dans sa recherche du salut (celui qui cherche, et celui qui frappe, etc.). Il est toutefois clair et manifeste qu’à moins qu'il ne croie en Christ, tous les efforts de l'homme naturel en matière de religion, ainsi que toutes ses prières, ne placent Dieu sous aucune obligation de le préserver une seule seconde de la destruction éternelle.
Ainsi donc, l'on peut dire que la main de Dieu tient l'homme naturel au-dessus de l'abîme infernal. Il a mérité d'y être précipité par ses terribles provocations à l'encontre de Dieu. Sa condamnation est un fait accompli, et la colère divine à son égard n'est pas moindre que celle dont l'exécution frappe les hommes déjà parvenus dans le lieu des tourments éternels.
L'homme naturel (qui ne croit pas encore en Christ) n'a absolument rien fait pour apaiser et calmer cette colère. Dieu ne s'est nullement lié par une promesse de le garder un seul instant.
Le diable l'attend, l'enfer s'apprête à le recevoir, et ses flammes l'enveloppent déjà dans leur désir de le saisir et de le dévorer. Le feu infernal qui couve en son cœur lutte pour s'extérioriser. Un tel homme n'a aucun intérêt ni part en Jésus-Christ le Médiateur. il n'a donc aucun moyen à sa portée qui puisse lui procurer une quelconque sécurité.
Bref, l'homme impie, l'homme méchant, l'homme sans Christ n'a aucun refuge dont il peut se prévaloir. La seule raison pour laquelle il n'est pas précipité à tout moment dans la perdition éternelle provient de la volonté souveraine et de la tolérance miséricordieuse et extraordinaire d'un Dieu courroucé.
Un sujet tellement affreux devrait éveiller l'inconverti. Ces vérités s'appliquent à quiconque n'appartient pas à Christ. Ce monde de misère, cet étang de feu et de soufre, s'ouvrent au-dessous de vous, il s'agit du terrible abîme des flammes ardentes de la colère de Dieu, de la gueule béante de l'enfer. Et aucune base ni aucun appui ne vous soutient. Seul le vide vous sépare de cette destruction, et seul le bon vouloir de Dieu vous empêche d'y être précipités. Il est peu probable que vous le réalisiez clairement. Vous voyez effectivement que vous n'êtes pas encore en enfer, mais vous n'en décelez pas la vraie raison. Vous pensez que votre bonne constitution physique ou votre hygiène de vie vous protègent. En fait, ces choses ne sont rien. Si Dieu retirait sa main, tous vos efforts ne vous empêcheraient pas plus de tomber dans l'abîme que l'air qui vous environne.
Votre impiété vous donne le poids du plomb, et tout votre être tend vers le bas, vers l'enfer. Si Dieu vous laissait aller, vous plongeriez immédiatement et rapidement dans ce gouffre sans fond. Vos soins et votre prudence, tous vos artifices et votre propre justice ont, pour vous garder de l'enfer, l'influence qu'a une toile d'araignée pour retenir la chute d'un rocher.
La terre refuserait de vous supporter si la volonté souveraine de Dieu ne vous préservait, car vous lui êtes un fardeau. La création soupire à cause de vous car elle est soumise contre son gré à la servitude de votre corruption. Le soleil ne vous éclaire pas volontiers de sa lumière, car vous servez le péché et Satan. La terre ne produit pas son fruit volontiers pour satisfaire vos convoitises. Elle ne vous offre pas de plein gré le cadre pour commettre vos actes de méchanceté.
L'air ne se prête pas volontiers pour vous servir de souffle, alors que vous passez votre vie à servir les ennemis de Dieu. La création de Dieu est bonne et doit servir à l'homme à servir Dieu. Elle ne se prête pas de tout cœur à un autre dessein, mais elle soupire quand on l'assujettit à des buts si contraires à sa nature et à son dessein d'origine. Le monde vous cracherait de sa sphère si la main souveraine de Celui qui l'a soumis à la vanité dans l'espérance ne vous protégeait.
Les sombres nuages de la colère de Dieu vous surplombent en ce moment même, emplis de fureur, et ils éclateraient sans délai si la main de Dieu cessait de les restreindre. Le souverain bon vouloir de Dieu empêche pour l'instant ses vents impétueux de s'abattre sur vous, ou la destruction vous emporterait comme une tornade. Vous ressembleriez alors à la paille que le vent soulève après la moisson d'été.
La colère de Dieu ressemble à une grande masse d'eau retenue par un barrage. Elle ne cesse d'augmenter et de s'élever, jusqu'au jour où une brèche lui permet de s'écouler. Plus on arrête le ruisseau qui l'alimente, plus le flot en sera rapide et puissant au jour de sa libération. Oui, le jugement mérité par vos œuvres mauvaises n'a pas encore été exécuté. Le déluge de la vengeance de Dieu a été retenu jusqu'ici. Mais votre culpabilité ne cesse d'augmenter, et vous vous amassez chaque jour un trésor de colère. Les eaux montent et gagnent en puissance. Seul le bon vouloir de Dieu les retient. Elles veulent s'abattre sur vous et pressent fort pour s'écouler. Si Dieu ôtait sa main de la vanne, celle-ci s'ouvrirait violemment et immédiatement, et le déluge bouillant de la fureur de la colère divine s'y engouffrerait avec une furie inconcevable. Cette colère s'abattrait sur vous avec une force toute-puissante. Même avec dix mille fois plus de forces que vous n'en possédez actuellement, oui, et dix mille fois davantage que le plus intrépide et enragé des démons de l'enfer, vous ne pourriez pas faire face à cette colère.
L'arc en est tendu et la flèche déjà en place. La justice la pointe droit vers votre cœur. Seul le bon vouloir de Dieu, de ce Dieu en colère, qui n'a rien promis et qui est libre de toute obligation, empêche cette flèche de s’enivrer de votre sang à tout moment.
Ainsi donc, vous tous qui n'avez jamais connu le changement de cœur qu'opère le Saint-Esprit par sa grande puissance; vous qui n'êtes pas devenus de nouvelles créatures, nées de nouveau, ressuscitées de la mort du péché à une nouveauté de vie; vous tous, dis-je, êtes entre les mains d'un Dieu en colère.
Peu importe la multiplicité de vos réformes, seul le bon vouloir de Dieu vous empêche d'être à l'instant engloutis par une destruction éternelle. Vos expériences religieuses, l'observation d'une certaine forme de religion ou vos prières ne vous délivreront pas.
Si mes propos ne vous convainquent pas en ce moment, le jour vient bientôt où vous en serez totalement persuadés. Ceux qui vous ressemblaient, et qui vous ont précédés hors de cette vie, en voient la réalité aujourd'hui. La destruction s'est abattue brusquement sur la plupart d'entre eux. Ils ne s'attendaient à rien. "Paix et sécurité", disaient-ils, mais ils voient maintenant la futilité de leurs appuis pour trouver leur paix et leur sécurité.
Le Dieu qui vous retient suspendus au-dessus de l'abîme infernal éprouve une infinie aversion à votre égard, tout comme l'on tient un insecte répugnant au-dessus du feu. Vous avez terriblement provoqué sa colère, et celle-ci brûle comme un feu à votre encontre. Vous méritez seulement d'être précipités dans le feu. Les yeux de Dieu sont trop purs pour supporter la vue que vous leur offrez, et vous lui paraissez dix mille fois plus abominables que le serpent le plus venimeux. Vous l'avez offensé, infiniment plus que ne l'a jamais fait le plus entêté des rebelles à l'égard de son prince. Pourtant, seule sa poigne vous empêche à tout moment de tomber dans le feu.
Elle seule vous a gardés de l'enfer la nuit dernière et vous a permis d'ouvrir à nouveau les yeux en ce monde après les avoir fermés dans le sommeil. Elle seule vous a préservés des tourments éternels depuis votre réveil.
De même, aucune autre raison ne vous a protégés de l'enfer depuis le début de votre lecture. Lors même que je vous parle, vous provoquez Dieu à la colère par la manière méchante et coupable dont vous réfléchissez à un sujet si solennel. Non, absolument aucune autre raison n'explique le fait que vous ne tombiez pas à l'instant même dans la gueule béante de l'enfer.
Oh, pécheur inconverti! Réfléchissez au danger effrayant que vous courez. Il y aune grande fournaise de colère, un abîme large et sans fond, un feu ardent de colère, au-dessus desquels la main de Dieu vous retient. Sa colère s'élève et brûle contre vous tout autant qu'elle s'acharne contre les damnés qui déjà peuplent l'enfer.
Seul le fil ténu de la miséricorde divine vous retient, alors que les flammes infernales font rage tout autour de vous, prêtes à tout moment à consumer ce lien. Rien de ce que vous avez accompli, ni rien de ce que pouvez jamais accomplir, ne peut repousser la flamme et amener Dieu à vous préserver une seconde de plus qu'il ne le décide.
C'est la colère du Dieu infini
Si ce n'était que le courroux d'un homme, même un puissant prince, vous pourriez le regarder comme insignifiant en comparaison. La colère des rois est à craindre, surtout s'il s'agit de monarques absolus, au bon vouloir de qui les possessions et la vie des sujets sont entièrement assujetties.
"La terreur qu'inspire le roi est comme le rugissement d'un lion; celui qui l'irrite pèche contre lui-même" (Proverbes 20:2). L'homme qui irrite grandement un prince autoritaire risque fort de subir les plus extrêmes tourments conçus par les artifices humains, ou que le pouvoir de l'homme peut infliger.
Pourtant, le plus grand des potentats sur cette terre, dans sa plus grande majesté, et enveloppé de sa plus redoutable terreur, n'est qu'un faible et méprisable vermisseau comparé au grand et tout-puissant Créateur et Roi du ciel et de la terre. Même au plus fort de sa rage, ce monarque terrestre doit se contenter de peu, après avoir exercé toute l'ardeur de sa furie. Tous les rois de la terre ne sont devant Dieu que des sauterelles, rien, et même moins que rien. Le Roi des rois ne daigne pas même prendre garde à leur amour ou à leur haine. Sa colère est bien plus terrible, dans la mesure où sa majesté surpasse la leur. "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui... ne peuvent rien faire de plus... Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne... c'est lui que vous devez craindre" (Luc 12:4,5).
L'ardeur de sa colère
L'Ecriture parle souvent de la fureur de Dieu. "II rendra à chacun selon ses œuvres, la fureur à ses adversaires, la pareille à ses ennemis"; "Car voici, l'Eternel arrive dans un feu, et ses chars sont comme un tourbillon; il convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu" (Esaïe 59:18; 66:15). De même, nous lisons à propos de "la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant" (Apocalypse 19:15).
II s'agit de paroles d'une extrême terreur. Si seulement il était dit: "la colère de Dieu", ces mots indiqueraient déjà une horreur infinie, mais il est dit: "L'ardente colère du Dieu tout-puissant" La fureur de l'Eternel! Comme cela doit être terrible! Qui peut exprimer ou concevoir tout le sens de ces expressions!
C'est également "l'ardente colère du Dieu tout-puissant", comme si sa force toute-puissante allait se manifester dans l'effet de l'ardeur de cette colère. Son omnipotence est, pour ainsi dire, enragée. Qu'en sera la conséquence? Qu'adviendra-t-il des minuscules vermisseaux qui vont l'endurer? Quelle est la main dont la force suffit? Jusqu'à quelle terrible, indicible et inconcevable profondeur de misère s'enfoncera la pauvre créature qui en subit les assauts!
Réfléchissez à cela, vous qui demeurez inconvertis. Le fait que Dieu exécutera l'ardeur de sa colère laisse entendre qu'il en infligera le châtiment sans aucune pitié. Votre extrémité est terrible car les tourments qui vous attendent n'ont aucune commune mesure avec votre force.
Mais, lorsqu'une tristesse infinie écrasera et engloutira pour ainsi dire votre pauvre âme, Dieu n'aura aucune compassion à votre égard. Il ne retardera pas l'exécution de sa colère, ni ne retiendra-t-il le poids de sa main. Vous ne bénéficierez d'aucune modération, ni de la moindre miséricorde. Dieu ne calmera pas la fureur de sa tempête. II ne se souciera pas de l'acuité de vos souffrances.
Il veillera seulement à ce que vous ne souffriez pas au-delà des exigences de la justice, il ne vous épargnera rien en raison de votre incapacité à le supporter. "Moi aussi, dit-il, j'agirai avec fureur; mon œil sera sans pitié, et je n'aurai point de miséricorde; quand ils crieront à haute voix à mes oreilles, je ne les écouterai pas" (Ezéchiel 8:18).
Aujourd'hui, Dieu est encore prêt à avoir pitié de vous, car c'est encore un jour de grâce. Vous pouvez crier vers lui en ce moment même, et avoir quelque espoir d'obtenir miséricorde. Mais, dès la fin du jour de grâce, vos plus lamentables cris et vos plus douloureux hurlements seront vains.
Vous serez entièrement perdus et rejetés loin de Dieu, hors de son action bénéfique. Votre être continuera d'exister dans le seul but de souffrir la misère, car vous serez un vase de colère réservé pour la destruction. Votre seul service consistera à être emplis à ras-bords de sa colère. Loin de prendre en pitié vos cris vers lui, Dieu se rira de votre malheur, il se moquera quand la terreur vous saisira, selon les paroles de l'Ecriture (Proverbes 1:25).
Comme les paroles du grand Dieu que nous rapporte Esaïe sont terribles: "Je les ai foulés dans ma colère, je les ai écrasés avec ma fureur; leur sang a rejailli sur mes vêtements, et j'ai soufflé tous mes habits" (63:3). Il est impossible de concevoir une pire manifestation de mépris, de haine et d'une ardente indignation. Tellement loin de prendre en pitié vos supplications, ou de vous manifester le moindre regard de faveur, Dieu se contentera de vous fouler aux pieds.
Bien qu'il vous sache incapables de supporter le poids se son omnipotence, il ne s'en souciera pas. Il vous écrasera sans miséricorde. II vous haïra et vous tiendra en un parfait mépris. Seule la boue des rues que l'on foule aux pieds daignera vous recevoir.
La misère à laquelle vous vous exposez
Dieu y démontre la nature de sa colère. II veut manifester devant tout l'univers l'excellence de son amour et la terrible intensité de sa colère. Les rois de la terre démontrent parfois l'ardeur de leur colère par l'étendue des châtiments qu'ils infligent à leurs adversaires.
Nébucadnetsar, ce puissant et arrogant monarque de l'empire chaldéen, manifesta sa grande colère à l'encontre des Hébreux, en donnant ordre de chauffer la fournaise sept fois plus qu'il ne convenait. II s'agissait là de l'ardeur la plus intense que la technique de l'homme pouvait alors atteindre.
Le grand Dieu a aussi décidé de déployer sa colère et d'exalter sa terrible majesté et sa toute-puissance par les extrêmes souffrances de ses ennemis. "Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance a supporté avec une grande patience des vases de colère prêts pour la perdition?" (Romains 9:22)
Son dessein déterminé consiste à manifester la terreur de sa colère débridée et la nature de son ardente fureur. Il accomplira donc ce qu'il a promis. Il se prépare quelque chose d'horrible à contempler, et qui s'accomplira certainement. Le grand Dieu en colère exécutera sa terrible vengeance sur le pécheur impénitent. Le misérable subira effectivement la puissance et le poids infinis de son indignation. Alors, l'univers entier contemplera la terrible majesté et la toute-puissance qui se déploieront dans un tel jugement.
"Les peuples seront des fournaises de chaux, des épines coupées qui brûlent dans le feu. Vous qui êtes loin, écoutez ce que j'ai fait! Et vous qui êtes près, sachez quelle est ma puissance! Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement saisit les impies... " (Esaïe 33:12-14) .
II en sera donc ainsi de vous si vous demeurez inconvertis. La force infinie, la majesté et la terreur du Dieu omnipotent s'exalteront en vous par l'indicible intensité des tourments que vous subirez en présence des saints anges et de l'Agneau. A la vue des souffrances qui s'empareront de vous, les glorieux habitants célestes se prosterneront et adoreront la grande puissance et l'infinie majesté du Tout-Puissant.
"A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra m'adorer, dit l'Eternel. Et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi; car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s'éteindra point; et ils seront pour toute chair un sujet d'horreur" (Esaïe 66:23,24).
L'ardente colère du Tout-Puissant est éternelle
II serait déjà terrible de l'endurer un seul instant, mais il vous faudra la subir pendant toute l'éternité. Cette misère aiguë et horrible n'aura pas de fin. En levant les yeux vers l'avenir, vous n'y verrez qu'une durée sans limite qui engloutira vos pensées et frappera votre âme d'ébahissement.
Un parfait désespoir de ne jamais connaître de délivrance ou quelque adoucissement s'emparera de vous. La certitude vous habitera de devoir endurer cette vengeance impitoyable et toute-puissante des siècles sans fin, des millions de millions de siècles. Et même alors, vous saurez qu'ils ne représentent qu'un souffle de ce qui vous attend. Oui, votre châtiment sera réellement infini.
Oh, qui peut exprimer l'état de l'âme en de telles circonstances! Toute parole ne donne qu'une faible et pâle représentation. Un tel sort est indicible et inconcevable, car qui prend garde à force de la colère de Dieu?
En quel terrible état vivent ceux qui, chaque jour et chaque heure, courent le danger de cette grande colère et de cette infinie misère! C'est pourtant l'état de toute âme qui aujourd'hui n'est pas encore née de nouveau, quelque soit sa moralité, sa rectitude et sa religiosité.
Oh, je vous supplie de réfléchir, que vous soyez jeunes ou non! II y a toutes raisons de penser que vous, qui lisez ces lignes, subirez réellement pour toute l'éternité la misère ici décrite. Je ne sais pas qui vous êtes, ni où vous vous trouvez, ni quelles sont vos pensées. Peut-être vous sentez-vous à l'aise, et mes paroles ne vous inquiètent pas. Elles ne s'appliquent pas à vous, pensez-vous, et vous vous assurez de pouvoir échapper à un tel sort.
Comme il est terrible de se dire qu'un de mes lecteurs, un seul, subira un tel châtiment! Et quel horrible spectacle que de connaître cette personne! Tout le monde élèverait sûrement un cri lamentable et amer à son sujet. Hélas, ce n'est pas un, mais sans doute plusieurs, qui se rappelleront mes propos en enfer! Et il serait étonnant si certains n'y seront pas bientôt, tout au moins avant que l'année ne se termine.
Je ne m'étonnerais même pas si vous, qui m'écoutez en ce moment, tranquilles et en bonne santé, ne soyez partis d'ici demain matin. De toute façon, ceux d'entre vous qui continueront à vivre sans Christ, et demeureront hors de l'enfer le plus longtemps, y arriveront cependant avant peu! Votre damnation ne sommeille pas, mais elle vient rapidement et, en toute probabilité, elle s'abattra sur beaucoup de vous très soudainement.
Vous avez de quoi vous étonner de ne pas être déjà en enfer. Beaucoup de vos connaissances y sont sans aucun doute, sans l'avoir mérité plus que vous. Ils paraissaient tout aussi vivants que vous n'en avez l'air, mais ils hurlent aujourd'hui, aux prises avec une extrême misère et un parfait désespoir.
Pour vous, qui êtes toujours vivants, vous entendez parler de Dieu, et vous avez ici l'occasion d'obtenir le salut. Que ne donneraient pas ces pauvres âmes damnées pour une seule occasion comme celle qui vous échoit en ce moment!
Vous vivez donc une occasion extraordinaire, un jour où Christ ouvre toute grande la porte de la miséricorde, il s'y tient et appelle les pauvres pécheurs avec une forte voix. C'est un jour où beaucoup s'approchent de lui et entrent dans le royaume de Dieu. Ils viennent de l'est, de l'ouest, du nord et du sud. Ils sortent de la misérable condition où vous-même gisez, et ils entrent dans un état de félicité, le cœur empli d'amour à l'égard de Celui qui les a aimés et les a lavés de leurs péchés par son propre sang, et se réjouissent dans l'espérance de la gloire de Dieu. Quelle horreur de rester en arrière en un tel jour, à voir les autres attablés au banquet, et de dépérir dans la perdition! Quel malheur de voir les autres se réjouir, alors que seule la tristesse habite votre cœur, et que votre esprit hurle de frustration! Comment pouvez-vous supporter une telle condition un instant de plus? Votre âme n'est-elle pas précieuse à vos yeux?
Ne faites-vous pas partie de ceux qui ont vécu depuis longtemps dans ce monde, sans être toutefois nés de nouveau? Vous êtes étranger aux alliances de la promesse et, depuis le jour de votre naissance, vous vous amassez des trésors de colère.
Oh, mes amis, votre cas est extrêmement dangereux. Votre culpabilité et la dureté de votre cœur sont très grandes. Ne voyez-vous pas comment cette présente et remarquable bénédiction de la miséricorde de Dieu laisse indifférents beaucoup de vos semblables? II vous faut réfléchir à votre cas, et vous éveiller de votre sommeil. Vous ne pouvez pas supporter l'ardente colère du Dieu infini.
Et vous, jeunes gens et jeunes femmes, négligerez-vous ce moment précieux dont vous jouissez actuellement, à l'écoute de cette invitation de Christ? Pour vous, en particulier, c'est une occasion extraordinaire. Mais, si vous la négligez, vous ne tarderez pas à ressembler à ceux qui ont passé toute leur précieuse jeunesse dans le péché, et qui gisent maintenant dans la cécité et la dureté.
Et vous, les enfants encore inconvertis, ne savez-vous pas que vous allez vers l'enfer, et que vous supporterez l'effroyable colère de ce Dieu qui est aujourd'hui sans cesse en colère contre vous? Vous contenterez-vous d'être les enfants du diable, en un jour où tant d'autres dans cette contrée se convertissent et deviennent les saints et heureux enfants du Roi des rois?
Que celui qui n'appartient pas à Christ, qui pend au-dessus de l'abîme de l'enfer, quelque soit son âge, écoute les appels retentissants de la Parole et de la providence de Dieu. Cette année de grâce du Seigneur, ce jour de si grande faveur pour les uns, sera sans aucun doute le temps d'une vengeance remarquable à l'égard des autres.
Le cœur de l'homme s'endurcit, et sa culpabilité s'accroît rapidement s'il néglige son âme. Ces gens n'ont jamais couru un plus grand danger de se voir abandonnés à la dureté de leur cœur et à la cécité de leur esprit. Dieu rassemble ses élus de partout. L'élection recevra, et le reste sera aveuglé. Si vous refusez mes paroles, vous maudirez à tout jamais le jour où vous m'avez écouté, et celui de votre naissance. Vous souhaiterez être morts et être allé en enfer avant le jour présent.
Il en est sûrement aujourd'hui comme du temps de Jean-Baptiste, où la cognée est mise d'une manière extraordinaire à la racine des arbres. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Alors, que tous ceux qui aujourd'hui n'appartiennent pas à Christ s'éveillent et fuient la colère à venir. La colère du Dieu tout-puissant surplombe en ce moment même sans aucun doute la plupart de notre race. Sortez de Sodome!
Mon ami, "Sauve-toi, pour ta vie; ne regarde pas derrière toi, et ne t'arrête pas dans toute la plaine; sauve-toi vers la montagne, de peur que tu ne périsses" (Genèse l9:17).
Jonathan Edwards (1703-1758) Pour aller plus loin : - L'ensemble des travaux de Jonathan Edwards est disponibles gratuitement, sous différent format, via le site www.puritanlibrary.com - Le "Jonathan Edwards Center" de l'université de Yale a récemment mis au point une application de toute beauté pour IOS (Ipad, Iphone, Ipod) permettant aux heureux possesseurs de naviguer efficacement au travers de l'ensemble de l'oeuvre d'Edwards. Vous la retrouverez en cliquant sur ce lien. - A ma connaissance, il n'existe que deux ouvrages d'Edwards édités en Français, le présent sermon ainsi que "Une Oeuvre du Saint-Esprit : ses Vrais Signes" chez Europresse. Mais ces deux ouvrages sont malheureusement épuisés à l'heure où j'écris ces lignes. - La peinture représentant un scène de prédication en plein air n'est pas un portrait d'Edwards prêchant, mais d'une autre figure du Grand Réveil, George Whitefield. Si vous désirez en savoir plus sur cette période importante de l'histoire du plan du salut de Dieu, l'article de Wikipedia à ce sujet est suffisamment exhaustif pour vous en faire une idée globale.
Pourquoi la résurrection est-elle essentielle aux pardons des péchés ?
Si Christ était simplement mort à la croix, sans ressusciter, nos péchés seraient-ils couverts ? La réponse est bien entendu négative, l'apôtre Paul se montrant particulièrement explicite à ce sujet en 1 Corinthiens 15:17. Pourquoi la résurrection est-elle si essentielle au salut ? Quelques éléments de réponse.
"... si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés... " (1 Corinthiens 15:17)
Si Christ n’est pas ressuscité, s’il n’est pas sorti de la tombe, alors il est définitivement mort. Et un Christ mort est incapable de justifier les pécheurs. A ce sujet, le commentateur Frédéric Godet a écrit : “Christ mort sans résurrection serait un condamné non justifié. Comment pourrait-il justifier les autres ?“ *
Ce qu’il est crucial de comprendre, c’est le lien indissoluble qu’il y a entre le péché et la mort. La mort est entrée dans le monde à cause du péché (Romains 5:12), elle est le salaire du péché, la conséquence du péché (Romains 6:23). Or nous avons tous péché, nous sommes tous frappés par la malédiction consécutive à la chute, et la mort exerce légitimement son pouvoir sur nous. "Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Romains 3:23) sonne comme un verdict sans appel : tous ont péché, et tous mourront.
Il y a une bonne raison pour laquelle Christ est le seul homme ayant marché sur la terre pouvant subir le châtiment à notre place : il n'a jamais péché. Hébreux 4:15 : “il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.“ S’il avait commis ne serait-ce qu’un seul péché, il aurait subi la mort pour son propre péché et il n’aurait jamais pu se substituer à notre place. Mais puisqu’il n’a jamais péché, il est parfaitement capable de prendre sur lui la colère de Dieu pour le péché d’Adam et de sa descendance. Maintenant, ce qu’il est crucial de comprendre, c’est que Christ est ressuscité des morts parce qu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par les liens de la mort , tout simplement parce qu’il n’a jamais commis le moindre péché (Actes 2:24).
Imaginez ce scénario catastrophe : si Christ n’est pas ressuscité, c’est qu’il est resté dans la tombe, et qu’il y est resté pour ses propres péchés. Et cela implique par conséquent que nous n’avons jamais été justifiés, nous qui avons pourtant mis notre confiance en Lui. Combien plus glorieuse est la réalité : "Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ." (1 Corinthiens 15:20-22). Si nous croyons en Lui, en sa résurrection et en son avènement, nous pouvons avoir l'assurance d'être justifiés et de vivre éternellement avec Lui. Car Il est vivant ! GB
* Frédéric Godet, "Commentaire sur la première épître aux Corinthiens, Tome 2".
Combattre pour lire - de l'importance de la lecture (2)
John Piper nous rappelle que trouver du temps pour lire et pour méditer est un véritable combat. Ce texte a été avant tout écrit à destination de pasteurs ou de prédicateurs, mais en réalité nous sommes tous concerné par ce qu'il décrit.
Je suis d'accord avec Martyn Lloyd-Jones quand il dit que la lutte pour trouver le temps de lire est un combat de toute une vie. "Laissez votre femme ou quelqu'un d'autre prendre les messages pour vous, et informez ceux qui vous téléphonent que vous n'êtes pas disponible. Il faut littéralement se battre toute sa vie dans ce domaine !"
La plupart des gens n'ont aucune idée de ce que prêcher deux ou trois nouveaux messages chaque semaine coûte intellectuellement et spirituellement. Sans parler de l’épuisement lié aux souffrances inhérentes à la vie de famille, aux décisions d'église, et aux dilemmes théologiques et moraux. Pour ma part, je ne suis pas une source qui se renouvelle naturellement. Mon seau fuit, même quand rien n’est versé dedans. Mon esprit ne se renouvelle pas pendant que je cours. Si je ne prends pas un temps de lecture et de réflexion tranquille, en dehors de toute la pression de la préparation de sermons, alors mon âme se recroqueville, et le spectre de la mort du ministère se réveille. Peu de choses me font plus peur que les débuts de sécheresses qui proviennent d’une activité frénétique, ainsi que du peu de nourriture spirituelle et de méditation.
La grande pression qui repose sur nous aujourd'hui c’est d’être des managers productifs. Mais ce sont des poètes spirituels, des hommes de prière dont l’église à besoin. Je ne parle pas nécessairement de pasteurs qui écrivent des poèmes*. J’entends plutôt : des pasteurs qui sentent le poids et la gloire de la réalité éternelle, même au milieu d'une réunion d’affaire ; des personnes qui portent dans leur âme un tel sens de Dieu qu'ils fournissent, par leur présence même, un constant recentrage sur le Dieu infini. Pour votre propre âme et pour votre vie d'église, battez-vous afin d’avoir du temps pour nourrir votre âme par une riche lecture.
John Piper Traduction extraite du chapitre “Fight for Your Life” (Combattez pour Votre Vie), dans le livre "Brothers, We Are Not Professionals“ (Frères, Nous Ne Sommes Pas des Professionnels, ouvrage non traduit en Français.)
* Ce que John Piper fait lui-même. D’où cette précision.
Paul, son manteau, et ses livres - de l'importance de la lecture
Plus que jamais, à l'heure du numérique, nous avons désespérément besoin de lire. Non pas de lire n'importe quoi, mais plutôt de manière à nourrir notre âme. La réflexion ci-dessous de C.H. Spurgeon, tend à nous encourager dans ce sens.
"Quand tu viendras, apporte le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins." - 2 Timothée 4:13 Nous savons pas de quel sujet les livres traitaient, et nous ne pouvons formuler que quelques conjectures au sujet des parchemins. Paul avait laissé des livres derrière lui, peut être enveloppés dans le manteau, et Timothée devait avoir soin de les lui ramener. Même un apôtre doit lire. Certains frères (très) ultra-calvinistes pensent qu'un ministre de l'évangile qui lit des livres et qui étudie soigneusement son sermon doit nécessairement être un spécimen de prédicateur déplorable. Un homme qui monte en chaire, qui professe choisir son texte sur l'instant, et qui prêche toutes sortes de choses qui n'ont aucun sens, voilà ce dont beaucoup raffolent de nos jours. S'il parle sans avoir médité sur son sermon, ou en tout cas s'il semble le faire, et s'il ne produit jamais ce qu'ils appellent "un plat de cerveaux morts"*, alors "ça c'est un prédicateur!" disent-ils.
Regardez comme l'apôtre réprimande de tels hommes! Il est inspiré, et pourtant il veut des livres! Il prêche depuis au moins trente ans, et pourtant il veut des livres! Il a vu le Seigneur, et pourtant il veut des livres! Il a vécu une expérience plus grande que celle du commun des mortels, et pourtant il veut livres! Il a été enlevé jusqu'au troisième ciel, et il a entendu des paroles inexprimables qu'il n'est pas permis à un homme de prononcer, mais il veut des livres!
L'apôtre dit à Timothée, et il le dit également à chaque prédicateur : "applique-toi à la lecture". L'homme qui ne lit jamais ne sera jamais lu, celui qui ne cite jamais ne sera jamais cité. Celui qui ne veut pas utiliser les pensées issues du cerveau d'autres hommes, prouve qu'il n'a lui même pas de cerveau. Frères, ce qui est vrai des ministres de l'évangile est vrai pour chaque croyant. Vous devez lire. Renoncez autant que vous le pourrez toute littérature "légère", mais étudiez autant que cela vous est possible des ouvrages de bonne théologie, en particulier les auteurs puritains, ainsi que des expositions du texte biblique.** Nous sommes tout à fait persuadés que la meilleure façon d'utiliser votre temps libre, c'est de lire ou de prier. Vous pourrez retirer beaucoup d'instruction de ces livres, instruction qui par la suite vous servira de véritable arme dans le service de votre Seigneur et Maître. Paul s'écrie : "apporte-moi les livres" ; joignez-vous à lui dans cette exclamation.
[...] Paul est en prison; il ne peut pas prêcher : que fera t-il ? Puisqu'il ne peut pas prêcher, il lira. C'est exactement ce que nous lisons au sujets des pécheurs et de leurs bateaux.*** Les pécheurs en étaient sortis, et que faisaient-ils ? Ils réparaient leurs filets. Donc, si la providence divine vous a laissé malade et au lit de sorte que vous n'êtes pas en mesure d'enseigner votre classe, si vous ne pouvez pas travailler pour Dieu en public, prenez soin de vos filets en lisant.
Charles Spurgeon Extrait du sermon n°542 prêché au Metropolitan Tabernacle le 29 Novembre 1863. Le texte complet, en anglais, est disponible via ce lien.
* L'expression anglaise "a dish of dead men's brains" avait certainement une visée ironique. Dans la bouche des "frères ultra-calvinistes" que Spurgeon décrit ici, elle servait à se moquer de ceux qui utilisaient les citations d'autres auteurs ou d'autres prédicateurs dans leurs propres sermons. ** Il peut peut être sembler que Spurgeon n'encourage pas ici à lire la Bible premièrement, mais les puritains. Toutefois, il développe un paragraphe peu après dans lequel il explique que la place centrale de notre lecture doit être réservée à la Parole de Dieu. La Bible a, bien entendu, prééminence sur tous les autres livres, quand bien même ils seraient le produit des puritains !! *** Cf Matthieu 4:21