le français c'est joli hein mais qu'est-ce-que c'est chiant quand on est non-binaire.
déjà si on veut du neutre on est obligés de choisir des néopronoms parce-que contrairement aux anglos on a pas de they/them, non seulement pratique mais en plus Pas trop compliqué à adopter par les alliés néophytes (et encore, vu combien de "bouhou mais c'est pas pluriel comme pronom" on voit encore passer, c'est déjà pas du gâteau). du coup on a deux fois plus de chances de se faire mégenrer en permanence.
ensuite même quand on règle l'histoire des pronoms, nous on a des mutations genrées, donc une phrase ça devient un vrai parcours du combattant parce-qu'il faut bidouiller toutes les terminaisons avec du scotch et des gommettes pour que ça ressemble un peu à quelque-chose. autant à l'écrit y'a le point médian (ou les mots pratiques genres acteur/actrice = acteurice), autant à l'oral c'est la galère.
ensuite quand comme moi on est agenre c'est encore plus chiant, parce-que déjà l'ai du mal avec le they/them anglais, mais c'est vaguement ignorable, autant en français les néos les plus utilisés c'est des mélanges entre il et elle (iel, ael, etc). et puis les terminaisons bidouillées, c'est aussi des mélanges entre le masculin et le féminin (traducteur/traductrice = traducteurice). et certes je sais que de base l'écriture inclusive c'était conceptuellement plus pour l'égalité homme-femme/le féminisme cis que la transidentité, mais c'est un peu tout ce qu'on a.
sauf que moi. bah je suis pas juste "ni un homme ni une femme". je suis pas un mélange des deux non plus. je suis pas une demi-mesure. je suis pas un compromis entre les deux, je suis pas un putain de point médian en fait.
donc au final j'ai aucun mot pour moi. sauf qu'on vit dans une société (youpi), et qu'à moins de m'isoler dans une cave pour le restant de mes jours (j'ai testé mais y'a un truc tout con qui s'appelle la santé mentale ça m'a mi des bâtons dans les roues) bah les gens ils ont besoin de mots pour pouvoir interagir avec moi correctement. et j'en ai pas, des mots.
bref. le français c'est joli mais c'est chiant.






















