Action du collectif Résistance à l'Agression Publicitaire - Lille Métropole à l'occasion de la Journée Mondiale contre la Pub du 25 Mars!
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Action du collectif Résistance à l'Agression Publicitaire - Lille Métropole à l'occasion de la Journée Mondiale contre la Pub du 25 Mars!
Alors que nous discutions de liberté et de justice, auxquelles tous auraient droit un jour, nous avons pris place à table pour manger du steak. Ce que je mange, c'est de la détresse, ai-je songé en prenant la première bouchée. Et je l'ai recrachée.
Alice Walker
Aux dernières nouvelles, les animaux d'élevage trouveraient leur épanouissement dans l'exploitation et la mort. Le discours dominant ne recule devant rien quand il s'agit de légitimer les rapports de pouvoir.
▸ Comment décrire ce que vivent les animaux non-humains? On compare souvent leur situation à de l'esclavage, mais cette analogie ne nous apprend rien sur ce qui fait de l'oppression spéciste une oppression spécifique; on a ici affaire à autre chose. Le spécisme est à penser comme un système à part entière, distinct des autres rapports d'oppression et irréductible aux "abus capitalistes".
Ce que l'on peut observer, c'est que le rapport d'appropriation est particulièrement fort dans le cas du spécisme. Probablement aucun autre groupe opprimé n'est traité à ce point comme un corps dépourvu de toute subjectivité. Ou si c'est le cas, on dit que les individus concernés sont traités "comme des animaux"... ce qui en dit long. Les animaux d'élevage sont fabriqués en série comme des corps-machines à produire de la nourriture. Ils deviennent de la "chair sur pattes" modulée au fil de l'évolution et du maintien des rapports de pouvoir, optimisée pour satisfaire les besoins de la classe dominante. Nous faisons des animaux d'élevage des "moins que rien", littéralement. Ils n'acquièrent de la valeur qu'une fois morts et débités. Afin de remplir gentiment le rôle que nous leur avons choisi, ils doivent mourir. Viande avant d'être individus. "Faits pour ça".
Tellement faits pour ça que lorsqu'on parle d'abolition de l'élevage, beaucoup de personnes sont affolées: "maismaismais qu'est-ce qu'on va faire des animaux d'élevage si on arrête de les manger?", comme s'il était invraisemblable que l'individu derrière la viande puisse avoir une vie à lui, puisse faire l'expérience d'une existence qui n'implique pas d'être utile pour autrui.
▸ Les corps des animaux font ainsi l'objet d'enjeux politiques considérables. Afin d'assurer la cohérence et la cohésion interne du spécisme, ils doivent être "animalisés": pas de tête, tous pareils, en morceaux anonymes, surtout pas de signes d'individualité. La viande est un PRODUIT, pas un individu. L'individu mort que l'on coupe, emballe et place dans un rayon de magasin ne peut d'ailleurs qu'être un produit. Ça ferait tâche sinon. Faudrait quand même pas rappeler que les animaux sont des humains comme les autres: sujets d'une vie qui recherchent le plaisir et tentent d'éviter les souffrances.
Et une fois rendus purs objets, c'est simple, on peut leur faire dire tout ce qu'on veut. Y compris qu'ils sont heureux.
▸ Au delà de la naturalisation de ce qu'ils subissent ("ils sont faits pour ça", "c'est un contrat avec l'éleveur", "ils sont naturellement inférieurs"...) s’élèvent pourtant des voix de contestation, des discours dissidents qui font du travail politique de documentation, d'analyse, d'information, de révélation.
La tâche n'est pas simple tant les rapports de pouvoir sont écrasants, l'oppression matérielle solidement ancrée (complicité politique, juridique, économique, patriarcale), les discours spécistes déguisés en neutralité et rendus sens commun.
Mais nous leur devons bien plus qu'un mensonge à la craie; il nous faut travailler à l'abolition des rapports de pouvoir qui les construisent en tant que dominés. Notre lutte a pour but de rendre révoltant ce qui jusque là était "naturel". Ça prend des lectures, des arguments, des actions directes, de la stratégie. Parlons-en, rassemblons-nous! Trouvez-vous un-e partenaire de lutte et mettez en place de nouvelles dynamiques de changement! :)
▸ Pour celles et ceux qui se demandent à quoi ressemblent des individus affranchis des rapports de pouvoir spécistes (autant que faire se peut dans un monde globalement spéciste). L'adjectif "heureux" fait déjà plus de sens, non?
▸ Au sujet des rapports d'appropriation et du discours naturaliste qu'ils produisent: voir cet article. Les écrits de la sociologue féministe Colette Guillaumin sont incontournables à ce sujet (vous pouvez en trouver certains en ligne, par exemple là et là).
Le carnosexisme, vous connaissez ? La publicité associe régulièrement corps féminin et produits carnés. Parce que femmes et animaux sont considérés comme des objets, des moyens plutôt que des fins en soi, leur statut inférieur est banalisé, perçu comme légitime. Nous pouvons ainsi dire que la domination des femmes et celle des non-humains procèdent de mécanismes similaires, entretenus par le système patriarcal ; quels en sont les principaux aspects ? ► Réification/Désindividualisation Les autres animaux, tout comme les femmes, sont représentés comme des objets de désir et de plaisir (gustatif pour les animaux, sexuel pour les femmes). L'individu n'existe alors qu'à travers sa capacité à satisfaire le désir d'autrui. Son statut d'objet le rend passif : aucun intérêt propre ne lui est reconnu. Les animaux sont ainsi réduits à leur matérialité : ce ne sont pas des sujets mais des objets, des morceaux de chair, de "viande", que l'on peut consommer. Les vaches et les poules, quant à elles, sont littéralement représentées comme des usines à lait et œufs. Renvoyer un individu à une fonction c'est également le considérer comme interchangeable : nous percevons les autres animaux comme de simples exemplaires de leur espèce, des êtres immergés dans la nature, sans spécificité propre. ► Appropriation Dans une société patriarcale et spéciste, femmes et animaux non humains ne s'appartiennent pas eux mêmes mais sont approprié-es. Tout comme les femmes, mais de manière plus totale encore, les animaux sont perçus comme des marchandises. Leur appropriation pour nos fins personnelles est totale, incontestable. Ce sont des produits et rien d'autre : nous étalons leurs corps découpés dans des catalogues, nous les vendons, achetons, consommons, les mettons en paquets sur lesquels nous apposons un prix ! Comment leurs intérêts pourraient-ils être pris en compte avec ce statut d'objet ? ► Essentialisation Ce ne sont pas des femmes qui sont représentées dans la publicité mais LA femme en tant que catégorie naturalisée, ayant un rôle et une place bien spécifique, une assignation visant à perpétuer un ordre hiérarchisé. Qu'est ce que la femme ? Un corps avant tout. C'est à dire un objet. Le processus est strictement identique concernant les animaux non humains. Bien que ce soit des individus à part entière, avec des préférences, un caractère propre, une identité spécifique, la publicité les essentialise : nous ne mangeons pas des poulets, mais DU poulet. Pas un poisson en particulier, mais DU poisson, etc. Le processus est très violent ! Il s'agit de nier l'individu, de l'exclure de la catégorie des sujets dont l'existence a une importance en soi, indépendamment des bénéfices qu'autrui pourrait en tirer. Femmes et animaux non humains sont souvent perçus comme entretenant un lien plus direct avec la "nature". Ce serait des êtres d'instinct plutôt que de raison... Nous leur reconnaissons moins volontiers qu'aux hommes (humains et mâles) un accès à la liberté et à l'autonomie. Leur subordination, prise en charge, domination trouverait ainsi par là une certaine légitimité. ► Fragmentation La fragmentation du corps a déjà été mise en avant par les féministes : le corps est divisé et seules les parties "désirables", "appropriables" sont mises en valeur. C'est récurrent dans les publicités : bien souvent le visage est coupé, ou dans l'ombre, tandis que des parties comme la poitrine, la bouche, les cuisses sont mises en évidence. Cette façon de présenter les femmes participe de leur réduction à un statut d'objet appropriable et sans volonté propre. Il est significatif que le visage, partie la plus à même de signifier une individualité propre, soit relégué au second plan ou carrément ôté de la représentation... Les animaux subissent le même sort : ils sont perpétuellement réduits à leurs cuisses, côtes, ou renvoyés à leurs productions (œufs, lait). Les visages ou regards des animaux sont encore moins présents que ceux des femmes. La conséquence est la déconnexion entre l'individu sensible et sa chair, appelée "viande". ► Violence banalisée Il arrive que la publicité fasse l'apologie de la violence envers les femmes. Par des références à la culture du viol par exemple, il est parfois suggéré que les femmes sont légitimement soumises au bon vouloir d'autrui, de leur "propriétaire" notamment. La violence envers les animaux est tout aussi présente, mais reste encore trop peu remise en question. Pourtant la publicité exhibe sans cesse leur corps inerte et découpé. Aucune référence n'est faite à leurs conditions d'existence misérables, ou à l'abattage. Plus de 65 milliards d'animaux terrestres et des milliers de milliards d'animaux aquatiques sont pourtant abattus chaque année par l'espèce humaine, et quoiqu'on en dise, il ne s'agit pas d'un accord entre deux parties libres et consentantes ! La façon dont la publicité normalise la consommation de produits carnés empêche la remise en question de cette exploitation. ___ Tous ces messages envahissent l'espace public, les médias et les discours. Ils influent sur la manière dont nous percevons les femmes, les animaux, les catégories opprimées de manière générale. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire au sujet du carnosexisme : la publicité exploite sans cesse la dimension virile de la consommation carnée ; les exemples sont nombreux où la femme est montrée comme "morceau de viande" ; on pourrait également évoquer la condition particulière des animaux femelles dans les élevages ("insémination artificielle" des vaches dans l'industrie laitière par exemple) ou encore le statut historique de propriété des femmes et du bétail, etc. Les parallèles sont nombreux et instructifs. Ainsi les féministes, dans leur volonté de combattre la domination patriarcale, ne peuvent faire l'impasse sur une remise en question de la violence spéciste : dans une société spéciste, les animaux aussi sont rendus objets ; dans un monde où leurs intérêts passent systématiquement au second plan, eux non plus ne peuvent librement disposer de leur corps, de leur temps, de leur vie. Ne pas remettre en question le spécisme revient à contribuer aux mêmes schémas de violence, d'arbitraire et d'injustice que ceux qui fondent le patriarcat.
Le spécisme, en tant que système de pensée dominant et omniprésent, reste invisible et impensé. Les rapports que nous entretenons avec les autres animaux, à travers les institutions de la pêche, de l'élevage ou encore de la chasse ne sont pas perçus comme des relations sociales oppressives mais plutôt comme des activités naturelles, nécessaires, fixes, évidentes. Cette évidence qui entoure l'exploitation animale continuera à se perpétuer tant que l'idéologie spéciste restera latente et discrète, tant qu'elle échappera à l'analyse et aux critiques. Un enjeu primordial pour espérer renverser le spécisme est donc de le rendre visible, de lui donner de la substance, de montrer qu'il s'agit d'un système de normes, valeurs, croyances et institutions que l'on peut critiquer et contester. De la même manière que les féministes ont imposé le terme patriarcat pour permettre réflexions et analyses sur la réalité de l'oppression des femmes, il nous faut parler de spécisme et diffuser la notion. ► UN MOT À CONNAÎTRE - "Le spécisme et les pratiques spécistes" fait une présentation très claire et précise de la notion - Voir aussi: "Qu'est-ce que le spécisme?" ► UNE VIOLENCE À DÉNONCER Ce qu'on inflige quotidiennement aux autres animaux est horrible, dépasse l'entendement. L'invisibilisation de ces animaux, de leurs intérêts et des violences qu'ils subissent est la condition du maintien du statu quo de leur exploitation. A l'opposé, rendre publiques ces violences organisées et institutionnalisées c'est troubler le bon fonctionnement du spécisme, en suscitant l'indignation et en provoquant un débat public sur la question. Les autres animaux peuvent alors émerger au sein des préoccupations politiques. Il ne sont plus invisibles, inexistants en tant que sujets dignes de considération. ► UN SYSTÈME À COMBATTRE Le spécisme est bien installé et ne disparaîtra pas tout seul! La loi, les normes sociales, les habitudes, la publicité... sont autant de mécanismes sociaux visant la reproduction et le renforcement de l'ordre spéciste. Chaque bouchée de viande est une réaffirmation de cet ordre. Pour le renverser, pas de solution miracle mais une multitude d'actions qui, ensemble, le défient et le fissurent. Refuser de consommer les produits issus de l'exploitation animale, c'est déjà briser le consensus général; détourner les publicités faisant la promotion de la viande, c'est troubler les certitudes concernant la légitimité de celle-ci; faire voter des lois contraignantes pour l'industrie de l'élevage, c'est fragiliser le versant économique du spécisme et c'est introduire l'idée que ce que vivent les animaux a de l'importance en soi, indépendamment des bénéfices que l'on peut retirer de leur exploitation... À nous de mettre en place un mouvement créatif, varié et revendicatif!
Ce n'est pas une blague, Monoprix nous propose vraiment de célébrer la liberté des poulets autour d'un cadavre de poule. Trop, c'est trop. On voudrait nous faire croire que la nourriture est une affaire personnelle, qui relève des préférences de chacun-e, un domaine intouchable... Non! L'alimentation, quand elle se fait sur le dos d'individus sensibles, est une question éminemment politique! Les autres animaux ont trop longtemps été exclus de la communauté politique. Il est temps de rectifier cette injustice : humain-es et autres animaux partagent un même monde commun, il ne fait aucun sens d'ignorer cette réalité et de continuer à considérer que ce sont des objets envers lesquels nous n'avons aucun devoir, que nos décisions politiques peuvent faire l'économie de leur prise en compte. A nous de nous intéresser à leurs besoins, leurs préférences, leurs choix. Aménageons nos sociétés pour que tous les individus sentients y trouvent une place, et que cette place ne se résume pas au centre de la table : arrêter de les tuer pour les manger serait un bon début! ► "Les droits des animaux sont à appréhender au même titre que les droits humains : il s’agit de droits des individus réels, concrets, désirants, et non d’entités collectives forcément plus ou moins abstraites, plus ou moins fantasmatiques, n’existant en tout cas pas par elles-mêmes avec leurs intérêts propres. C’est parce que les humains accordent de l’importance à leur propre vie, et à ce qu’ils peuvent vivre, qu’ils ont jugé utile de s’arroger des droits qui leur garantissent (relativement, théoriquement) les meilleures chances de pouvoir s’épanouir. C’est exactement pour les mêmes raisons que nous devons accorder les mêmes droits fondamentaux, à vivre, à vivre libres et à ne pas être torturés, aux autres êtres sentients. [...] Il est donc très important pour la question animale de faire émerger les animaux du conglomérat “Nature”, un conglomérat désindividualisant, désubjectivant et au contraire fonctionnalisant, objectivant, et mettre en avant le fait qu’ils ont au contraire une vie individuelle, singulière, et qu’ils poursuivent leurs propres buts, animés par des désirs personnels – au même titre que “nous”." ► Les chercheur-es en philosophie morale et politique contribuent à fissurer le mur idéologique qui empêche les autres animaux d'être reconnus politiquement. Zooopolis, l'ouvrage désormais référence de Sue Donaldson et Will Kymlicka, en est un bel exemple et vient d'être traduit en français. Retrouvez une introduction à cet ouvrage sur le site des Cahiers antispécistes.
L'inexistence des autres animaux en tant que sujets est corollaire au fait que ces derniers sont perçus, et utilisés concrètement comme des marchandises.
Cette utilisation, qui correspond à l'appropriation de leur corps et de leurs productions, n'est pas fortuite ou exceptionnelle ; elle est au contraire légitimée par un arsenal juridique spéciste qui entérine le fait que certaines espèces animales sont des propriétés matérielles dont on peut librement disposer.
► "Où tu veux, quand tu veux" fait clairement référence à la disponibilité sexuelle permanente de la classe des femmes pour la classe des hommes, au sein de notre société patriarcale. Le fait que le même type de phrase soit utilisé pour une publicité carnée met en lumière les similitudes qui existent entre l'oppression patriarcale et l'oppression spéciste : appropriation matérielle du corps, usage physique sans limites, exigence de disponibilité permanente. Les publicités sont le reflet des valeurs de la société dans lesquelles elles s'inscrivent. Ne soyons pas étonné-es d'être entouré-es de publicités patriarco-spécistes !
► De la même manière que les féministes ont lutté et luttent toujours contre la réduction des femmes à des objets sexuels ou reproductifs définis par leur entière disponibilité (c'est-à-dire contre le viol, contre le harcèlement de rue, pour le droit à l'avortement...), nous devons lutter activement contre les pratiques qui permettent aux humain-es de s'approprier les autres animaux (pêche, chasse, élevage...), et nous devons lutter contre l'idée même de viande.
► A nous de rendre visible le fait que les animaux de boucherie constituent une classe appropriée et dominée, victime de rapports sociaux oppressifs, dont le corps est utilisé par autrui sans leur consentement, au mépris de leurs intérêts ! Car oui, dans notre société spéciste nous pouvons consommer le corps des autres animaux où nous voulons, quand nous voulons... N'est-ce pas là un tort immense que nous leur infligeons, un privilège injuste que nous nous octroyons ?
► Donnons nous les moyens d'agir : retrouvez en pdf les brochures "Fermer les abattoirs" (https://visuels.l214.com/brochures/fermer-les-abattoirs/) et "L'exploitation animale est une question de société" (http://www.reseau-antispeciste.org/…/…/pourpolitisation4.pdf) : à partager !
Toda la violencia de la ideología carnista en una fotografía.
La industria vela por mantener un imaginario positivo y agradable entorno a productos de origen animal: nada de su violencia debe llegar a los consumidores/as.
Esta ilustración plantea dos problemas: no sólamente es falsa (teniendo en cuenta las condiciones actuales de encierro y muerte de los animales), sino que sobre todo refleja un modelo imposible, irrealista: la muerte innecesaria y programada de individuos que desean vivir no puede ser más que violenta y moralmente injustificable. No hay carne feliz, no puede haber carne justa !
►”Aunque normalmente se admite que podemos negarnos a título personal a consumir productos animales, cuando se trata de soluciones colectivas a estos problemas, el único reclamo que se considera realista es el de mejorar las condiciones de crianza. La tesis implícita es que a fuerza de mejorar las condiciones de crianza llegaremos a una situación aceptable para los animales. Y que abolir el consumo de carne es irrealizable y utópico.
Un desafío que enfrenta nuestro movimiento es el de mostrar que lo utópico, no es imaginar una sociedad sin carne, sino creer que podemos llegar un día a ofrecer una buena vida y una muerte sin sufrimiento a los más de mil millones de animales que se matan cada año por la carne en Francia.”
Toute la violence de l'idéologie carniste en une photo.
L'industrie veille à entretenir un imaginaire positif et agréable autour des produits d'origine animale : rien de leur violence ne doit parvenir jusqu'aux consommateurs-rices.
Cette illustration pose deux problèmes : non seulement elle est mensongère (compte tenu des conditions actuelles de détention et de mise à mort des animaux), mais surtout elle renvoie à un modèle impossible à atteindre, irréaliste : la mort non-nécessaire et programmée d'individus souhaitant vivre ne peut être que violente et moralement injustifiable. Il n'y a pas de viande heureuse, et il ne peut y avoir de viande juste !
► "S'il est assez bien admis que l'on puisse refuser à titre personnel de consommer les produits animaux, dès lors qu'il s'agit de solutions collectives à ces problèmes, seule l'amélioration des conditions d'élevage est considérée comme une approche réaliste. La thèse implicite est qu'à force d'améliorer les conditions d'élevage on finira par arriver à une situation acceptable pour les animaux. Et qu'il est irréaliste, utopique, d'abolir la viande.
Un défi auquel est confronté notre mouvement est de montrer que ce qui est utopique, ce n'est pas d'imaginer une société sans viande, mais de croire que l'on puisse arriver un jour à offrir une vie correcte et une mort sans souffrance aux plus d'un milliard d'animaux tués chaque année pour la viande en France."
► Un canal de discussion consacré à la lutte contre le spécisme a été créé sur le forum national Nuit Debout ! N'hésitez pas à le rejoindre et à alimenter la réflexion, à proposer vos idées d'action. Les alternatives de demain ne pourront se faire sans la prise en compte de tous les êtres sentients, y compris ceux ne faisant pas partie de la même espèce que nous ; faisons-le savoir !
Any vegan who thinks animal liberation can be achieved without addressing human oppression is kidding themselves. You cannot end an injustice by replicating the conditions that created it.
Ruby Hamad
Gli altri animali aspirano come noi alla libertà e alla felicità! I loro interessi personali esistono in sé; agire come se non esistessero significa negare la realtà dell’esperienza soggettiva che essi hanno del mondo.
Grazie a L214 Ethique et Animaux e a molte altre energie militanti, la questione animale ormai fa parte dell’agenda politica e dei media. Ma per quanto tempo? I dibattiti sullo sfruttamento animale derivano continuamente verso considerazioni antropocentriche: la mia salute, la mia comodità, le mie abitudini, le mie tradizioni, il mio piacere... Non dobbiamo mai dimenticare che gli individui interessati sono gli animali. La lotta per l’uguaglianza di considerazione degli interessi non può riuscire se non rinunciamo al privilegio indecente che ci siamo attribuiti di utilizzare e asservire gli individui appartenenti ad altre specie.
► Scopri l’appassionante conferenza di Sébastien Moro sull'intelligenza animale. Che si tratti della memoria, della personalità, del linguaggio o della trasmissione culturale, abbiamo ancora molto da imparare sulle altre specie.
► Veganised è l’eccellente iniziativa lanciata recentemente da Jihem Doe (autore dei video “Veganamente”). Il principio è semplice: veganizzare la nostra società specista! Spetta a noi moltiplicare le iniziative, per quanto modeste, per minarne le fondamenta. La contropubblicità è un buon esempio!
“Perché sono numerosi i messaggi apertamente specisti e carnisti che ci bombardano quotidianamente. Eppure qualche flebile voce si leva dall’oscurità. Su un muro all’angolo di una strada, in una pubblicità, incisi su una panchina o scritti con la vernice sull'asfalto, i messaggi antispecisti e vegani sono sempre più presenti nello spazio pubblico.”
Les autres animaux aspirent comme nous à la liberté et au bonheur ! Leurs intérêts personnels ont une existence en soi ; agir comme s'ils n'existaient pas revient à nier une réalité, celle de l'expérience subjective qu'ils ont du monde.
Grâce à L214 Ethique et Animaux et à bien d'autres énergies militantes, la question animale trouve aujourd'hui sa place dans l'agenda politique et médiatique. Mais pour combien de temps ? Car les débats autour de l'exploitation animale dérivent sans cesse vers des considérations anthropocentrées : ma santé, mon confort, mes habitudes, mes traditions, mon plaisir... Sans relâche il nous faut rappeler que les individus concernés, ce sont les animaux. La lutte pour l'égalité de considération des intérêts ne pourra aboutir sans un renoncement de notre part au privilège indécent que nous nous sommes octroyé-es : celui d'utiliser et d'asservir les individus appartenant à d'autres espèces.
► Découvrez la passionnante conférence de Sébastien Moro au sujet de l'intelligence animale ; que ce soit au sujet de la mémoire, de la personnalité, du langage ou de la transmission culturelle, nous avons encore beaucoup à apprendre au sujet des autres espèces.
► Veganised, c'est l'excellente initiative lancée tout récemment par Jihem Doe (à l'origine des vidéos "Véganement"). Le principe est simple : véganiser notre société spéciste ! A nous de multiplier les initiatives, aussi modestes soient-elles, en vue d'en fragiliser les fondements. Détourner les publicités en est un bon exemple !
"Parce que nombreux sont les messages ouvertement spécistes et carnistes qui nous entourent quotidiennement. A l’abri de toute lumière, de petites voix s’élèvent pourtant. Sur un mur au coin d’une rue, sur une publicité, gravés sur un banc ou tagués à même le sol, les messages antispécistes et véganes occupent de plus en plus l’espace public."
Un processo di de-individualizzazione è in opera quando consideriamo gli altri animali come semplici merci: il dominante non sa riconoscere che l'essere sfruttato ha una personalità, un'esistenza propria, e allo stesso tempo lo riduce a materiale e lo considera come un mezzo piuttosto che un fine.
Il dominato non è che un corpo, come è mostrato particolarmente bene in questa pubblicità: gustare il manzo, è come dire la carne, della materia … La testa è stata tagliata volontariamente per allontanare tutti i segni di individualità, di soggettività.
► Colette Guillaumin ha teorizzato la concezione naturalistica delle donne propria all'ideologia sessista; la sua analisi si applica in modo molto pertinente al caso degli animali non umani:
La forza delle relazioni sociali, ancora, permette di rigettare l'esistenza di un adeguato riferimento all'oggetto, e di chiamare “intuizione” l'intelligenza o la logica, chiamare “ordine” la violenza, o “capriccio” la disperazione … La posizione di dominio ha portato a vedere lo stesso come della materia, materia provvista di diverse caratteristiche spontanee. Solo i dominati possono sapere che fanno quello che fanno, che ciò non proviene spontaneamente dal loro corpo. […] L'aspetto ideologico del conflitto pratico, tra dominanti e dominati, tra sfruttatori e sfruttati, riporta giustamente a una riflessione di coscienza. I dominanti in generale negano la coscienza dei dominati e la negano appunto perché li considerano come cose. Inoltre, tentano continuamente di reprimerla, perché è una minaccia allo status quo, poiché i dominati la difendono accanitamente e la sviluppano in tutti i modi possibili, dal più sottile al più subdolo, per mezzo dell’invenzione, dell’astuzia ( le donne sono “bugiarde”, i negri “infantili”, gli arabi “ipocriti” …) per proteggerla ed estenderla.
► Unisciti al gruppo di Facebook Contre l'ordre spéciste du monde per discutere insieme delle iniziative per indebolire le relazioni sociali speciste e combattere l'ideologia discriminatoria che le accompagna!
Un processus de désindividualisation est en oeuvre lorsque nous considérons les autres animaux comme de simples commodités : le dominant ne saurait reconnaître que l'être qu'il exploite a une personnalité, une existence propre, alors même qu'il le réduit à sa matérialité et le considère comme un moyen plutôt qu'une fin. Le dominé n'est qu'un corps, ce dont témoigne particulièrement bien cette publicité : dégustez du boeuf, c'est-à-dire de la viande, de la matière... La tête a été coupée dans une volonté d'écarter tout signe d'individualité, de subjectivité.
► Colette Guillaumin a théorisé la conception naturaliste des femmes propre à l'idéologie sexiste ; son analyse s'applique de façon très pertinente dans le cas des animaux non-humains : La force des rapports sociaux, là encore, permet de rejeter l'existence des appropriés dans la pure matière réifiée, et d'appeler «intuition» l'intelligence ou la logique, comme on nomme «ordre» la violence, ou «caprice» le désespoir... La position dominante conduit à voir les appropriés comme de la matière, et une matière pourvue de diverses caractéristiques spontanées. Seuls les dominés peuvent savoir qu'ils font ce qu'ils font, que cela ne leur jaillit pas spontanément du corps. [...] L'aspect idéologique du conflit pratique, entre dominants et dominés, entre appropriateurs et appropriés, porte justement sur la conscience. Les dominants en général nient la conscience des appropriés et la leur dénient justement pour autant qu'ils les tiennent pour des choses. Plus, ils tentent sans cesse de la leur faire rentrer dans la gorge car elle est une menace pour le statu quo, les dominés la défendant âprement et la développant par tous les moyens possibles, les plus subtils ou les plus détournés, inventant, rusant (les femmes sont «menteuses», les nègres «puérils», les arabes «hypocrites» ...) pour la protéger et l'étendre.
► Rejoignez le groupe facebook Contre l'ordre spéciste du monde pour discuter collectivement des initiatives en vue de fragiliser les rapports sociaux spécistes et de combattre l'idéologie discriminatoire qui l'accompagne !
Duck, this animal who is happy to be force-fed, then killed for his liver.
The force feeding of duck is nevertheless an act of torture, perpretated for our gustatory pleasure. How can these practices be compatible with a happy duck?
The phrasing “foie gras duck” is really significant of the carnist ideology surrounding us : animals would be on earth to satisfy human culinary pleasure, it would be the aim of their life, their purpose...
It's time to refuse this violent domination: animals have their own existence and their interests matter, indepentandly of human plesure.
El pato, este animal feliz de ser alimentado a la fuerza y luego asesinado por su hígado.
La alimentación por la fuerza de los patos es un acto de tortura, perpetrado solamente para satisfacer nuestro placer gustativo. ¿Como puede esta práctica ser compatible con un pato feliz?
La expresión “pato de foie-gras” ilustra perfectamente la ideología carnista que nos circunda: los animales estarían en la tierra para satisfacer los placeres gustativos de la especie humana. Este sería el objeto de su existencia, su finalidad...
Es tiempo de rechazar esta dominación violenta. Los animales existen independientemente de los deseos humanos. Sus intereses importan.
Le canard, cet animal heureux de se faire gaver puis tué pour son foie… Le gavage des canards est pourtant un acte de torture, perpétré pour notre simple plaisir gustatif. En quoi ces pratiques seraient-elles compatibles avec un canard heureux ? La formulation "canard à foie gras" est très significative de l'idéologie carniste qui nous entoure : les animaux seraient donc sur terre pour satisfaire les plaisirs gustatifs de l'espèce humaine, ce serait le but de leur existence, leur finalité... Il est temps de refuser cette domination violente : les animaux ont leur existence propre et leurs intérêts ont de l'importance, indépendamment des désirs humains.
The “well-raised ham” ; our pigs grew up without antibiotics.
Who/what are we talking about here? Is it the pig who is well-raised, or the ham?
The vagueness maintained by this advertisement is really significant of the way we perceive animals who are intended to be eaten: we only define them regarding the product they will become once they are dead and processed. The pig is only potential ham.
Another element is worth noticing : the use of the phrase “OUR pigs” which manifest the idea according to which pigs would be appropriated items, not actors neither owners of their own existence.
“The more the domination tends to total appropriation, without any limits, the more the idea of “nature” of the owned will be supported and obvious.”
“Be treated materially as a thing results in being considered as a thing in the mental domain too. Furthermore, a really utilitarian view (a view that considers the tool/instrument in you) is associated with appropriation: a thing is always in the right place and will always be useful to what it is used for. It is its “nature”.”
De qui/quoi parle-t-on ici ? Est ce le cochon qui est bien élevé, ou le jambon ? Le flou entretenu par cette publicité est très significatif de la façon dont nous percevons les animaux destinés à être mangés : nous les définissons uniquement par rapport au produit qu'ils deviendront une fois morts et transformés. Le cochon n'est qu'un jambon en puissance. Un autre aspect important est à souligner : l'emploi de l'expression "NOS cochons", qui témoigne de l'idée selon laquelle les cochons seraient des objets appropriables, et non des acteurs et propriétaires de leur propre existence. "Plus la domination tend à l'appropriation totale, sans limites, plus l'idée de « nature » de l'approprié sera appuyée et « évidente »" "Le fait d'être traité matériellement comme une chose fait que vous êtes aussi dans le domaine mental considérée comme une chose. De plus, une vue très utilitariste (une vue qui considère en vous l'outil) est associée à l'appropriation : un objet est toujours à sa place et ce à quoi il sert, il y servira toujours. C'est sa « nature »"
“Proudly Halal.”
Proud, really? How can an animal be proud about the way he/she is killed?
Thinking that animals are consenting, and even proud, of their exploitation is way more convenient to think than admitting that they are just suffering for what we forcibly impose to them. Advertising encourages and reinforces us in our refusal to see injustice.
Even if they don't express it through words, even if we refuse to see it, animals are resisting as much as they can against the oppression we force on them! Animals are afraid, try to escape, are looking for a way out, feel pain, wrestle, are depressed... We don't even concede them this reality, and advertising goes as far as pretending the opposite.
Farming is not a contract or a partnership! It is a situation chosen by the oppresor and endured by the oppressed.
“Orgullosamente Halal.”
¿Orgulloso, de verdad? ¿Cómo podría un animal sentirse orgulloso de la manera en que se lo mata?
Pensar que los animales aprueban, e incluso se enorgullecen de su propia explotación, es mucho más cómodo para nosotros que admitir que los forzamos a morir. La publicidad nos reconforta y nos anima a negar esta injusticia.
Aunque ellos no lo expresen con palabras, y a pesar de que nos neguemos a verlo, los animales rechazan la opresión a la que los sometemos. Sienten miedo, intentan huir, buscan salidas, sufren dolor, se deprimen. Al afirmar que los animales aceptan su propio sacrificio, no les concedemos siquiera el reconocimiento de esta realidad. La publicidad llega hasta el extremo absurdo de asegurar lo contrario.
La ganadería no es un contrato, no es una alianza. Es una situación elegida unilateralmente por el opresor y sufrida por el oprimido.
Fier, vraiment ? Comment un animal pourrait il être fier de la façon dont il est tué ? Penser que les animaux sont consentants, voire fiers de leur exploitation est bien plus confortable que d'admettre qu'ils ne font que subir ce que nous leur imposons de force. La publicité nous encourage et nous conforte dans ce refus de constater l'injustice. Même s'ils ne l'expriment pas par des mots, même si nous refusons de le voir, les animaux résistent comme ils peuvent à l'oppression que nous leur faisons subir ! Les animaux ont peur, tentent de fuir, cherchent une issue, ressentent la douleur, dépriment... Nous ne leur accordons même pas cette réalité, et la publicité va jusqu'à prétendre le contraire. L'élevage n'est pas un contrat, un partenariat ! C'est une situation choisie par l'oppresseur et subie par l'opprimé-e.
“Save a chicken, eat a burger”
When carnism is presented as an ethical choice !
This unashamedly speciesist advert expose us to a false alternative: should we eat chicken or should we rather eat beef?
It makes the potential customer believe that eating the meat of one of the animals could save the other animal. The strategy of this advert is to resort to false dilemmas and to establish ridiculous conclusions such as: to eat beef would be an permissible behaviour and even an ethical choice as it would save a chicken. This ad was clearly designed to free the potential customers of guilt and even to add value to the consumption of meat.
What if we ate neither one nor the other? Maybe we should stop eating meat and demand its abolition, full stop. This option is hardly ever mentioned in public debates; it’s as if it was not even worth considering. Yet it is the least we can do, it’s about justice and equality.
“Salva un pollo, comete una hamburguesa”
Cuando el carnismo es presentado como la opción éticamente correcta !
Este anuncio descaradamente especista nos enfrenta a un dilema falaz: ¿Deberíamos comer carne de pollo, o sería preferible consumir carne vacuna?
Se intenta convencer al lector de que comiendo carne de uno de los animales se puede salvar la vida del otro. La estrategia del anuncio es recurrir a un falso dilema para establecer conclusiones ridículas tales como: Comer carne de vaca sería un comportamiento permisible, e incluso una elección éticamente correcta, ya que serviría para salvar la vida de un pollo. Claramente, el anuncio fue creado para adjudicar valor moral al consumo de carne vacuna, liberando de culpa al lector.
Pero ¿qué ocurriría si no comiéramos ni lo uno ni lo otro? Quizás deberíamos dejar de comer carne y reclamar la abolición de su consumo; punto final. Esta opción es raramente mencionada, como si no mereciera considerarse. Sin embargo, es lo mínimo que podemos hacer; se trata de justicia y de igualdad.
Le carnisme présenté comme un choix éthique ! Cette pub ouvertement spéciste nous confronte à une fausse alternative : consommer du poulet ou consommer du bœuf. Choisir de consommer l'un permettrait ainsi de sauver l'autre... La publicité, en ayant recours à de faux dilemmes, en vient à établir des conclusions grotesques : consommer du bœuf serait un acte acceptable, voire éthique puisqu'il permettrait de sauver une poule... Le processus de déculpabilisation est très clair, la consommation de viande se retrouve même valorisée. Et si on ne consommait ni l'un ni l'autre ? La solution ne serait elle pas plutôt d'arrêter la viande tout court, d'exiger son abolition pure et simple ? Cette option n'est que très rarement évoquée dans les discours, comme si elle n'était même pas envisageable ! C'est pourtant la moindre des choses ; c'est une question d’égalité et de justice.
Les animaux non-humains, ces produits de consommation...
Cette photo suscite l'indignation, car le format catalogue ne permet aucune ambiguïté sur le statut de marchandise des autres animaux. Considérer les autres animaux comme des objets appropriables c'est nier que leur vie leur appartient, qu'elle a de l'importance en soi indépendamment des bénéfices économiques ou affectifs que l'on pourrait en tirer.
Payer pour acquérir un animal de compagnie est d'autant plus indécent que chaque année, 45 000 chats et chiens attendent d'être adoptés dans les refuges de la SPA !
► Selon Gary Francione, c'est le statut de propriétés des animaux qui est à l'origine de l'absence de prise en compte de leurs intérêts : "Lorsqu'il s'agit des intérêts des animaux, nous souffrons d'une forme de « schizophrénie morale ». Nous disons prendre les intérêts des animaux au sérieux, mais nous ne le faisons pas. Je soutiens que notre schizophrénie morale est largement liée au statut de propriétés des animaux. Même si nous prétendons accorder de la valeur morale aux intérêts des animaux, la réalité est que les animaux ne sont pour nous rien d'autre que des marchandises n'ayant qu'une valeur extrinsèque, et nous les considérons donc comme de simples moyens d'atteindre nos propres fins. Parce que les animaux sont des propriétés, nous ne nous demandons même pas s'il est nécessaire de les utiliser ; nous nous focalisons uniquement sur la façon de les traiter, prétendant chercher un « équilibre » entre leurs intérêts et les nôtres pour déterminer si on les traite « humainement ». Le statut de propriétés des animaux, pourtant, nous empêche de peser équitablement les intérêts en présence, puisque même les plus triviaux des intérêts d'un propriétaire l'emporteront toujours face aux intérêts des animaux. L'interdiction d'infliger une souffrance non nécessaire se limite donc à interdire d'infliger plus de souffrance qu'il est nécessaire pour utiliser les animaux de manière économiquement avantageuse, à des fins qui pour la plupart ne peuvent être justifiées par autre chose que le plaisir, l'amusement ou la convenance. Voilà qui, en pratique, signifie généralement que nous ignorons les intérêts des animaux dès lors que nous en tirons un avantage économique."
► Dans cette vidéo, des militant-es interviennent durant une vente aux enchères de vaches laitières, pour dénoncer le statut de marchandises de ces individus sensibles. Comment ne pas faire un parallèle avec les marchés aux esclaves humains des siècles antérieurs ?
L'amalgame est frappant : cette publicité fait en sorte que "liberté" et "élevage en plein air" se confondent dans notre esprit.
Malgré un début prometteur où la voix off s'excuse d'avoir relégué la poule au second plan derrière les chats et les licornes.... le spécisme réapparaît de plus belle : "Je te le jure aujourd'hui c'est fini, car toi seule me pond des œufs tous les jours sans rien me demander en échange, alors il est temps de te dire tout mon amour pour toi."
Remercier la poule implique nécessairement l'idée que cette dernière a rendu service de son plein gré. Ne soyons pas dupes ! Liberté et élevage ne peuvent être qu'antinomiques.