La psychophobie (aussi dit sanisme) banalisé
TW : psychophobie/sanisme, mentions d’institutions psychiatriques
Ok, so here we go !
Ça fait un moment que j’hésite à prendre la parole sur ce sujet qu’est la psychophobie. Je tiens d’ailleurs à remercier @piinkyswear et @koala-ronchon - même si on a jamais échangé; dont les prises de paroles m’ont permis d’avoir le déclic pour enfin rédiger ce post 💜
Qu’est-ce que la psychophobie ?
La psychophobie (aussi dit sanisme, principalement dans le milieu anglophone qui utilise également le terme mentalism) est un ensemble de discriminations et oppressions envers les personnes atteintes de Troubles Psychiques et/ou étant Neuroatypique.
La psychophobie est présente de façon générale dans la société et ses mœurs, dans les représentations littéraires (romans, bd, mangas, ect..) mais également visuelles (films, séries, publicités, reportages ect..). A tel point que cette oppression se retrouve même au sein des institutions psychiatriques mais également dans le comportement et la façon de penser des professionnels de la santé mentale ( Ironique n’est-ce pas ? Pourtant je dirais que la psychophobie se retrouve presque autant au sein de la société de “ tous les jours “ que dans l’univers psychiatrique.)
En clair, ça donne quoi ?
Parce-que ça reste des mots assez abstraits, des idées vagues; voici quelques exemples de situations et de comportements pouvant être perçu comme psychophobes par les concerné⸱e⸱s.
C’est une possibilité et non une vérité générale ni absolue, le ressenti et la sensibilité variant d’un⸱e concerné⸱e à un⸱e autre. C’est pourquoi il est important d’être à l’écoute du ressenti de chacun⸱e ! En tant que concernée, ce sont des attitudes que je trouve personnellement psychophobe.
DANS LE RPG :
Traiter son personnage ou celui d’autrui de fou⸱folle, c’est psychophobe
Dire que son personnage est bipolaire et/ou bordeline alors qu’iel est simplement lunatique, c’est psychophobe
La mention “ Schizo “ pour évoquer le fait d’avoir - ou non, des multicomptes, c’est psychophobe
Faire un personnage atteint de trouble psychique et/ou neuroatypique sans faire de recherches, en se basant seulement sur des préjugés souvent violents et dégradants, c’est psychophobe
Romantiser les troubles psychiques et/ou la neuroatypie pour en faire à la finale quelque chose d’ a e s t h e t i c ou de “ cool “, c’est psychophobe
Faire un personnage qui ne tourne qu’autour de son trouble psychique et/ou de sa neuroatypie, c’est psychophobe (on n’est pas qu’un diagnostique ni qu’un terme s’il vous plaît)
DANS LA VIE DE TOUS LES JOURS :
Traiter quelqu’un de fou⸱folle/taré⸱e, c’est psychophobe
Traiter quelqu’un de schizo, c’est psychophobe
Juger et/ou se méfier de quelqu’un pour la seule raison qu’iel est atteint⸱e d’un trouble psychique et/ou est neuroatypique, c’est psychophobe
Juger et/ou se méfier de quelqu’un car iel consulte un⸱e professionnel⸱lle de la santé mentale, c’est psychophobe (ça arrive encore beaucoup trop souvent)
Juger et/ou se méfier voir s’éloigner de quelqu’un lorsque vous apprenez qu’iel a déjà été en institut psychiatrique, c’est psychophobe (et récurant)
Résumer la schizophrénie à un dédoublement de la personnalité (d’ailleurs on parle plutôt de TDI - trouble dissociatif de l’identité) c’est une erreur en plus d’être psychophobe
Invalider le ressenti de quelqu’un neuroatypique et/ou atteint d’un trouble psychique en disant “ c’est dans ta tête, il faut que tu te bouges, c’est pas grave, tu choisis d’être ainsi à ne rien faire“ c’est violent et psychophobe (arrêtez avec ça s’il vous plait. c’est violent. vraiment.)
Ceci est une brève liste à titre d’exemple, il y a cependant encore bien d’autres situations et attitudes qui pourraient être citées tant c’est récurant et surtout banalisé.
Cependant, si certain⸱e⸱s en doutent encore de l’existence de la psychophobie, qui minimise et invalide le ressentis des concerné⸱e⸱s, pouvez-vous me donner une explication aux discriminations suivantes ?
Parce-que pour un⸱e concerné⸱e, la psychophobie c’est violent et c’est notre quotidien :
C’est se voir gentiment remercier (comprendre ici renvoyer) de notre école lorsque, par exemple, un⸱e élève fait des crises d’angoisse (ou est neuroatypique et/ou est atteint d’un trouble psychique visible et/ou qui sort du cadre de l’éducation nationale) et à qui on refuse donc par ce fait l’accès à une scolarité lambda, souvent sans proposer d’alternative (Ça a été mon vécu et je sais que je ne suis pas un cas isolé)
C’est taire un/des troubles psychiques et/ou le fait d’être neuroA dans un entretien pour une école ou un job - et donc possiblement mettre en danger notre santé mentale, car on sait que ça risque de nous coûter notre chance d’être pris⸱e
C’est avoir peur de parler de son ressenti car la personne en face peut l’invalider et c’est violent
C’est se voir refuser un emploi si jamais on porte des vestiges de comportements auto-destructeurs, ou alors si on est chanceux⸱se on nous demandera seulement d’y maquiller/cacher
C’est se voir presque constamment demander si on a bien pris nos traitements dés qu’on a un comportement qui ne plait pas à autrui
C’est avoir peur qu’on découvre qu’on est neuroA et/ou atteint d’un trouble psychique, car on sait qu’après on nous colle une étiquette
C’est devoir mentir sur des souvenirs ou éléments liés à notre neuroA et/ou notre trouble psychique car on sait qu’on peut être jugé⸱e et/ou discriminé⸱e sur la base de ces éléments
C’est devoir s’adapter à un système scolaire et/ou un emploi qui ne nous convient pas - voir est parfois violent pour nous, car il convient à la majorité
C’est parfois se mettre en péril soit et sa santé mentale pour masquer notre trouble psychique et/ou notre neuroA par peur d’être jugé⸱e et/ou catégorisé⸱e
C’est avoir honte de consulter un⸱e professionnel⸱lle de de santé et/ou d’avoir été en institut psychiatrique
C’est finir par nous-mêmes minimiser et invalider nos ressentis car la société le fait à longueur de temps
Ceci n’est qu’une liste non-exhaustive de ce à quoi nous pouvons être quotidiennement confrontés. Alors s’il vous plaît, écoutez les concerné⸱e⸱s si iels vous disent que quelque chose est violent, qu’une attitude est problématique pour elleux, ce n’est pas sans raison et c’est légitime !
Si jamais des concerné⸱e⸱s veulent rajouter quelque chose à la suite de ce poste, n’hésitez pas 💜
Je vous glisse ci-dessous quelques ressources évoquant la pychophobie si jamais ça vous intéresse : (tw général : psychophobie, dépression, opression)
Explication de la psychophobie et du sanisme, exemples de représentations dégradantes banalisés et influence du langage (tw spécifique : institution psychiatrique, violence sexuelle à la fin)
- https://www.terrafemina.com/article/psychophobie-pourquoi-la-folie-suscite-discriminations-et-prejuges_a354673/1
Article regroupant des témoignages vidéos de personnes neuroA et/ou atteint⸱e d’un trouble psychique, des exemples de psychophobie dans notre société et enfin une sensibilisation à l’emploi du vocabulaire lié à la santé mentale
- https://iresmo.jimdofree.com/2020/11/07/se-conscientiser-sur-la-psychophobie/
Compte instagram sur la psychophobie, regroupant des témoignages mais également du contenu “éducatif” sur divers sujets (TDI, Trouble de la personalité borderline et d’autres sujets)
- https://www.instagram.com/payetapsychophobie/?utm_source=ig_embed
Illustration de pensées dysfonctionnelles validistes et psychophobes (tw spécifique : validisme)
- https://igorthiriez.com/portfolio/la-psychophobie-pensees-dysfonctionnelles/

















