Critique : Jessica Jones, saison 3
C'est donc le 14 juin 2019 que la collaboration entre Netflix et Marvel s'arrĂȘte, avec la sortie de la saison 3 de Jessica Jones. Cette saison reprĂ©sente donc non seulement la fin d'une grande aventure depuis le dĂ©but de la sĂ©rie en 2015, mais aussi la fin de l'univers Marvel-Netflix, existant depuis la mĂȘme annĂ©e, et qui arrive presque en mĂȘme temps que la fin de la Saga de l'InfinitĂ© du MCU, nous forçant Ă dire adieu Ă beaucoup de choses en 2019.
Avant de m'avancer dans la critique Ă proprement parler, quelques prĂ©cisions : la sĂ©rie Jessica Jones peut s'avĂ©rer ĂȘtre trĂšs difficile et peut potentiellement rappeler des traumatismes Ă certain·es d'entre vous, Ă ce titre regardez-lĂ en prenant de grandes prĂ©cautions. Cette critique fera par ailleurs mention de ces Ă©lĂ©ments qui peuvent dĂ©ranger. Aussi, elle sera remplie de spoilers, donc lisez Ă vos risques et pĂ©rils.
Affiche de Jessica Jones saison 3 (2019)
Expand
Jessica Jones n'est pas une héroïne.
C'est le constat sur lequel on part dans cette derniĂšre saison, conclusion trĂšs intĂ©ressante pour un personnage toujours qualifiĂ©e de super-hĂ©roĂŻne, qui n'en est effectivement pas une, et n'a jamais eu l'ambition de l'ĂȘtre. Dans les comics comme dans la sĂ©rie, Jessica Jones n'est qu'une dĂ©tective privĂ©e, et ce malgrĂ© ses pouvoirs.Â
Le dĂ©veloppement des personnages est pour moi le meilleur point de la sĂ©rie. On sent que la crĂ©atrice, Melissa Rosenberg, ainsi que les scĂ©naristes, tenaient Ă donner une conclusion logique, aboutie et travaillĂ©e des personnages que l'on suit depuis la saison 1.Â
L'exploration du cĂŽtĂ© non-hĂ©roĂŻque de Jessica, dĂ©jĂ mentionnĂ© auparavant dans la sĂ©rie, mais de maniĂšre presque anecdotique et relevant plus de l'image froide que Jessica montre plutĂŽt que d'un rĂ©el trait, est trĂšs intĂ©ressante et bien exploitĂ©e ici, mĂȘme si on aurait pu aller plus loin.
Mais ce n'est pas le seul dĂ©veloppement intĂ©ressant, l'Ă©volution de certains personnages secondaires, comme celui de Malcolm, trĂšs lisse dans les saisons prĂ©cĂ©dentes et qui ici a finalement une vraie Ă©volution, et un peu plus de profondeur de caractĂšre, ou encore de Jeri dont le personnage change presque du tout au tout.Â
NĂ©anmoins, la plus grosse victoire, selon moi, sur ce point est Trish, aka Hellcat. J'attendais tout particuliĂšrement qu'elle dĂ©couvre ses pouvoirs depuis la fin de la saison 2, et je n'ai absolument pas Ă©tĂ© déçue.Â
Krysten Ritter en Jessica Jones
Trish se rapproche de plus en plus du premier plan dans cette saison, avec notamment deux Ă©pisodes en flashbacks qui lui sont entiĂšrement consacrĂ©s, dont le premier (Ă©pisode 2 : âAKA You're Welcomeâ) a d'ailleurs Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Krysten Ritter (Jessica Jones) elle-mĂȘme, qui se dĂ©brouille vraiment bien en la matiĂšre. Mais on peut aussi saluer la prestation de Rachael Taylor (Trish Walker) qui se dĂ©brouille trĂšs bien tout le long du dĂ©veloppement de son personnage.
Le personnage de Trish Walker se dĂ©veloppe ici en parfaite opposition avec le personnage de Jessica Jones : Trish a voulu ses pouvoirs, elle veut ĂȘtre une hĂ©roĂŻne, et est sĂ»re d'elle et de ses capacitĂ©s Ă distinguer le bien du mal, alors que comme l'Ă©pisode 11 (âAKA Hellcatâ) le prouve, elle a perdu cette facultĂ©. On y voit Trish progressivement s'habituer Ă tuer les personnes qu'elle juge mauvaises, alors que comme le montrent les flashbacks qui ponctuent l'Ă©pisode, en suivant sa logique, quelqu'un aurait dĂ» tuer Dorothy Walker, ne lui laissant ainsi jamais le temps de se racheter auprĂšs d'elle, ou d'aider plusieurs artistes Ă rĂ©aliser leurs rĂȘves comme on le voit lors de son enterrement dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent.
Jessica, elle, n'a pas choisi d'avoir ses capacitĂ©s, n'a jamais demandĂ© Ă ĂȘtre une hĂ©roĂŻne, et surtout, malgrĂ© le fait qu'elle apparaisse trĂšs sĂ»re d'elle, elle se retrouve souvent Ă hĂ©siter par rapport Ă ce qu'elle devrait faire, mais sait dĂ©jĂ que le meurtre n'est jamais une option. Trish ferait donc une antagoniste absolument parfaite Ă Jessica.
Trish essayant son costume de Hellcat comme celui des comics â petit clin dâĆil sympa Ă la saison 1 oĂč Jessica dĂ©teste le costume qu'elle porte dans les comics et son surnom de « Jewel »
C'est tout ce qui aura suffi Ă rendre la sĂ©rie plus que moyenne. Sallinger s'impose comme antagoniste de la saison et c'est un choix que je trouve trĂšs contestable. DĂ©jĂ , on ne ressent rien de particulier envers Sallinger. Il apparaĂźt juste comme un personnage lambda, qui a une obsession pour on ne sait quelle raison sur Jessica et sur la vĂ©ritĂ©, j'ai personnellement mis trĂšs longtemps avant de le mĂ©priser pour de bon.Â
J'ai Ă©galement du mal Ă comprendre oĂč le scĂ©nario Ă©tait censĂ© aller avec ce personnage. Ă l'origine je m'attendais Ă un personnage trĂšs intelligent, calculateur, le genre de personnage frustrant dans le bon sens du terme, parce qu'il oppose un vrai challenge aux personnages qui essaient de l'arrĂȘter, et surtout qu'il servirait d'un antagoniste masculin sexiste Ă la maniĂšre de Kilgrave, ce qui n'a au final pas tellement Ă©tĂ© le cas. Certes Sallinger s'en sort bien pendant une grande partie de la sĂ©rie, mais il ne fait rien de bien incroyable si on y rĂ©flĂ©chit bien.Â
Jeremy Bobb en Gregory Salinger, alias Foolkiller
« Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rÎle du méchant »
C'est lĂ que la sĂ©rie pour moi a fait sa plus grosse erreur. ArrivĂ© Ă la fin, on se rend compte que Sallinger n'Ă©tait pas vraiment l'antagoniste de la saison, mais que c'Ă©tait Trish. Le problĂšme est que cette rĂ©vĂ©lation arrive beaucoup trop tard dans la sĂ©rie, rĂ©sultat, on s'encombre pendant la majoritĂ© des Ă©pisodes d'un personnage masculin assez ennuyeux, et dont l'arc narratif aurait facilement pu se rĂ©sumer en quatre Ă©pisodes et uniquement servir au dĂ©veloppement de Trish depuis le personnage d'hĂ©roĂŻne qu'elle voulait ĂȘtre au personnage d'antagoniste face Ă Jessica, sa propre sĆur.
On aurait eu beaucoup plus de tension Ă voir Jessica se battre contre la seule famille qui lui reste et la seule personne qu'elle a toujours voulu protĂ©ger peu importe le coĂ»t, plutĂŽt qu'Ă la voir se battre contre un personnage finalement assez insignifiant. D'autant plus que le discours de « Jessica n'est pas une hĂ©roĂŻne » aurait trĂšs bien pu ĂȘtre servi par Trish, et aurait eu beaucoup plus de poids dans sa bouche.
Rachel Taylor (Trish Walker/Hellcat) et Krysten Ritter (Jessica Jones)
Je ne sais vraiment m'expliquer ce changement de ton qu'il y a eu entre la saison 1 et les saisons 2 et 3. Dans la premiĂšre saison, on a un discours trĂšs clair concernant le message et les idĂ©es que la sĂ©rie veut porter, ce qui pourrait se rĂ©sumer de maniĂšre trĂšs courte en un simple « men are trash ». Mais dans la saison 2, on passe sur du flou artistique, les personnages et les scĂšnes fortes se contredisent tellement entre elles qu'on ne sait plus vraiment oĂč on va, et pour la saison 3 c'est un peu pareil. On reste trĂšs indĂ©cis, on peut Ă©ventuellement justifier ça par le fait que tous les personnages principaux sont perdus dans cette saison finale, mais mĂȘme la conclusion des personnages ne permet pas d'Ă©tablir clairement un message.Â
Ce n'est pas nĂ©cessairement un trĂšs mauvais point pour autant, la crĂ©atrice a peut-ĂȘtre simplement voulu nous offrir une fin pour chaque personnage sans vouloir nĂ©cessairement nous dire quelque chose, et vu l'attachement de beaucoup de fans Marvel aux sĂ©ries produites par Netflix, c'est dĂ©jĂ trĂšs honorable de sa part.
Carrie-Anne Moss (Jeri Hogarth), Krysten Ritter (Jessica Jones), Rachel Taylor (Trish Walker) et Eka Darville (Malcolm Ducasse)
Oui, vous vous en doutiez, il fallait quand mĂȘme qu'on parle de reprĂ©sentation et de militantisme.Â
Personnellement, ce qui m'avait attirĂ©e dans la premiĂšre saison de Jessica Jones et qui en avait fait ma sĂ©rie Marvel prĂ©fĂ©rĂ©e, c'Ă©tait ce cĂŽtĂ© militant fĂ©ministe dans le fond comme dans la forme, malgrĂ© par-ci par-lĂ quelques maladresses.Â
Ici, si on dĂ©cide de parler de reprĂ©sentation dans des termes purement et simplement mathĂ©matiques, on est presque bon â il manque encore beaucoup de personnages racisĂ©s. On est pas vraiment dans une paritĂ© parfaite â ce qui est quand mĂȘme un peu bĂȘte pour une sĂ©rie centrĂ©e sur un personnage fĂ©minin â mais on est pas trop mal, et malgrĂ© l'infĂ©rioritĂ© numĂ©rique des personnages principaux fĂ©minins, elles occupent un temps d'Ă©cran plus long â ce qui paraĂźt logique.Â
Mais la sĂ©rie nous offre aussi des personnages LGBT+ (un peu plus consistants que Gay Joe Russo), tel que Jeri, jusqu'ici prĂ©sentĂ©e comme lesbienne, Kith, qui est apparemment bisexuelle ou pansexuelle, ou le dĂ©tective Costa qui a un mari (celui-ci est trĂšs anecdotique mais bon on va le lister quand mĂȘme). Et dernier dĂ©tail qui fait toujours plaisir, Jeri et Jessica se retrouvent toutes les deux handicapĂ©es/malades, ce qui est encore trĂšs rarement reprĂ©sentĂ©.
Carrie-Anne Moss (Jeri Hogarth) et Sarita Choudhury (Kith Lyonne)
Effectivement lĂ comme ça c'est bien beau, mais quand on voit la maniĂšre dont sont traitĂ©s ces personnages, c'est beaucoup moins sympa.Â
DĂ©jĂ , le peu de personnage racisĂ©s prĂ©sents dans la sĂ©rie sont toujours relayĂ©s Ă des personnages secondaires pas trĂšs importants : Malcolm est peu impliquĂ© dans le scĂ©nario, Kith et Zaya ne sont que des intĂ©rĂȘts amoureux, Oscar et Vido qui semblaient pourtant importants dans la saison 2 sont complĂštement absents de cette saison finale, et pour finir on a Gillian, relayĂ©e au rĂŽle d'assistante qui n'a aucune importance dans la saison, alors que Malcolm au mĂȘme rĂŽle avait bien plus d'importance. MalgrĂ© le fait que Gillian soit un personnage avec beaucoup de potentiel, et un des rares qui tient tĂȘte Ă Jessica, et la trĂšs bonne prestation d'Aneesh Sheth, actrice transgenre et de couleur, c'est la troisiĂšme fois que la collaboration Marvel-Netflix donne un rĂŽle insignifiant Ă de trĂšs bonnes actrices transgenres (avec par exemple MJ Rodriguez dans Luke Cage et Shakina Nayfack plus tĂŽt dans Jessica Jones)
Pour continuer sur le mauvais traitement, Jeri, qu'on sait malade depuis la saison 2, commence vraiment Ă ĂȘtre impactĂ©e sur sa maladie, et malgrĂ© quelques Ă©lĂ©ments discrets dans certaines scĂšnes (par exemple une oĂč elle porte une atĂšle au poignet), son handicap n'est montrĂ© que dans des situations de faiblesses ou d'infĂ©rioritĂ©, pour appuyer sur sa perte de pouvoir, ou que quand celui-ci est utile au scĂ©nario.Â
Ăgalement, on peut voir Ă de nombreuses reprises Jeri se lever et immĂ©diatement retomber, ce qui indiquerait donc qu'elle a besoin d'aides au dĂ©placement, mais Ă©videmment, quelqu'un Ă l'Ă©criture a dĂ» se dire que montrer Jeri en fauteuil roulant donnerait l'impression qu'elle n'est plus la femme forte et indĂ©pendante qu'elle est.Â
De la mĂȘme maniĂšre, le fait que Jessica a perdu sa rate est montrĂ© comme la seule faiblesse d'une femme forte, et il y a un plan qui est censĂ© nous faire comprendre que Jessica se « libĂšre » de son handicap en enlevant son bracelet indiquant de quoi elle Ă©tait atteinte, ce qui n'est pas super comme image.
Il y a Ă©galement une scĂšne trĂšs violente dĂšs le dĂ©but de la sĂ©rie oĂč Jeri aborde le sujet trĂšs tabou du suicide assistĂ©, et tout son dialogue avec Jessica Ă ce sujet est extrĂȘmement violent et indĂ©licat, j'ai vraiment Ă©tĂ© trĂšs choquĂ©e par l'irrespect total que montrait cette scĂšne. Tout ce qui concerne la maladie ou le handicap est trĂšs mal gĂ©rĂ©, et parfois trĂšs blessant.Â
Le traitement des personnages LGBT+ n'est pas brillant non plus, avec Jeri dont la seule identitĂ© depuis la saison 1 est d'avoir des histoires d'amours/sexuelles compliquĂ©es avec des femmes, on pouvait s'attendre Ă ce qu'elle ait finalement une happy ending, mĂȘme si ce n'Ă©tait pas trop le concept de cette saison, mais bon, c'est quand mĂȘme la troisiĂšme fois qu'ils donnent un intĂ©rĂȘt amoureux Ă Jeri et qu'elle finit par partir sans se retourner.
On oublie pas aussi le petit queerbaiting habituel avec Dorothy Walker qui dit espĂ©rer que Trish se mette en couple avec une femme, et qui plus tard dans la sĂ©rie pense mĂȘme que Trish et Jessica sont ensemble alors qu'elle sont sĆurs, rĂ©sultant en une scĂšne trĂšs gĂȘnante.
Aneesh Sheth dans le rĂŽle de Gillian
Un coche féministe raté.
Depuis la crĂ©ation de la sĂ©rie, celle-ci a clairement des ambitions fĂ©ministes et la volontĂ© de montrer des femmes de pouvoirs. On a pas mal de rĂ©fĂ©rences Ă cela dans la forme, dans les dialogues, avec par exemple Sallinger qui qualifie Jessica de « fĂ©ministe extrĂ©miste » pendant que Jessica dit qu'elle comprend qu'il a peur d'elle, que sa force mettait en danger sa masculinitĂ© fragile. Et c'est vrai que ça fait du bien de voir des personnages fĂ©minins qui ne mĂ©nagent pas les hommes, mais ça fait pas tout non plus, surtout que dans le contexte de sortie on s'attendait vraiment Ă mieux.Â
Avec en une annĂ©e la sortie de Captain Marvel, X-Men: Dark Phoenix et la saison 3 de Jessica Jones, 2019 Ă©tait vraiment censĂ©e ĂȘtre la premiĂšre d'une longue suite d'annĂ©es de rĂ©ussites des femmes de chez Marvel, au final, ça a rendu les problĂšmes de fond de Jessica Jones beaucoup plus voyants.Â
DĂ©jĂ , on a le problĂšme habituel de la prĂ©sence parfois peu ou pas justifiĂ©e des personnages masculins tels que Erik, Salinger, Malcolm, Costa, et mĂȘme carrĂ©ment Luke Cage qui, certes, n'est lĂ que pour un camĂ©o final, mais qui aide Jessica Ă prendre une dĂ©cision concernant Trish, ce qu'elle aurait parfaitement pu faire seule.Â
Aussi, on retrouve pas mal de clichĂ©s de personnages fĂ©minins un peu nuls, comme celui de la prostituĂ©e un peu bĂȘte qu'il faut protĂ©ger dans le personnage de Brianna, qui n'existe que pour ĂȘtre la sĆur d'Erik et le nouvel intĂ©rĂȘt sexuel/amoureux de Malcolm, et qui Ă©videmment ne passe pas Ă cĂŽtĂ© de la couche de slutshaming habituel.Â
On ne s'arrĂȘte pas en si bon chemin avec le clichĂ© des femmes ambitieuses qui sont montrĂ©es comme de mauvaises personnes, par exemple Jeri ou Zaya. Pour Jeri en l'occurence c'est plus compliquĂ© Ă dĂ©montrer clairement dans la mesure oĂč le personnage a dĂ©jĂ une grande histoire dans la sĂ©rie qui peut justifier qu'on ne l'aime pas. Zaya, en revanche, est tout de suite prĂ©sentĂ©e comme Ă©tant dure avec Malcolm pour ne pas laisser ses ambitions au profit de son couple. Il est vu comme nĂ©gatif que ses valeurs Ă elle (Ă savoir : chaque accusĂ© Ă le droit d'ĂȘtre dĂ©fendu), soient en contradiction avec les valeurs de Malcolm qui refuse de dĂ©fendre des criminels.
Tiffany Mack (Zaya Okonjo)
Pour finir sur le point qui m'a le plus fait rĂ©agir, je vais m'autoriser une comparaison avec le film Captain Marvel, parce que oui je n'ai pas parlĂ© du film plus tĂŽt pour rien. En effet ici la mise en contexte me semble assez importante. (Je vais finir sur un petit spoil de la fin de Captain Marvel, si vous ne l'avez pas encore vu foncez-y et vous pouvez sauter la fin de ce paragraphe). Donc, ici le public non-cis-masculin a unanimement adorĂ© cette scĂšne finale oĂč Carol Danvers refuse de s'abaisser au niveau de son antagoniste masculin avec cette ligne de dialogue iconique et au sous-texte important : « I have nothing to prove to you ». Alors c'est bĂȘte, mais il arrive exactement l'inverse de cette situation dans Jessica Jones.
Alors que Jessica enquĂȘte sur Sallinger, elle le rencontre dans un gymnase oĂč il apprend la lutte Ă des enfants. Quand Sallinger la voit, il lui propose un combat « juste », oĂč Jessica ne pourra pas « tricher » en Ă©tant qui elle est. Il veut lui proposer un combat de lutte, avec donc les rĂšgles de ce sport que lui semble maĂźtriser parfaitement, mais qui nie entiĂšrement le personnage de Jessica (par exemple l'interdiction de frapper, ou encore de jurer). Ici l'antagoniste masculin demande Ă nouveau au personnage fĂ©minin de se rabaisser Ă son niveau, jouer par ses rĂšgles Ă lui, pour qu'il ait une chance de gagner, sachant pertinemment la supĂ©rioritĂ© de son opposante s'il ne la restreint pas... et Jessica accepte.Â
Sur le principe on se retrouve effectivement avec une scĂšne plutĂŽt sympa oĂč Jessica bat Salinger Ă son propre jeu, et on a une belle remontĂ©e de son personnage que les enfants autour se mettent Ă encourager, mais remis en contexte oĂč tout le monde a encore en tĂȘte le message de Carol de ne pas s'abaisser Ă leur niveau... ça fait un peu bĂȘte.
Jessica Jones et Carol Danvers (Captain Marvel), dessinées par Michael Gaydos, sont meilleures amies dans les comics, ce qui est d'ailleurs la raison pour laquelle Trish essaie une tenue de Captain Marvel en cherchant un costume.
Bref, j'espĂšre ne pas avoir Ă©tĂ© trop longue mais avoir tout de mĂȘme dit tout ce que j'avais Ă dire Ă ce sujet ! MalgrĂ© la maniĂšre assez nĂ©gative dont j'ai terminĂ© cette critique, je conseille quand mĂȘme de regarder cette derniĂšre saison, elle offre une excellente conclusion Ă la sĂ©rie, Ă l'univers Marvel-Netflix, et elle contribue aussi Ă cette conclusion gĂ©nĂ©rale qu'on a cette annĂ©e avec la fin de la Saga de l'InfinitĂ© et de l'univers X-Men de la Fox. Le scĂ©nario reste sympa, la rĂ©alisation aussi, on a droit Ă pas mal de petits easter eggs toujours drĂŽle Ă trouver, bref, si vous ĂȘtes fan de Marvel, foncez.Â
Si jamais vous ĂȘtre trop tristes d'avoir perdu Jessica et Trish, rappelez vous que ce ne sera peut-ĂȘtre pas dĂ©finitif, et que vous pouvez toujours vous rattraper sur les comics prĂ©sentant Jessica et Hellcat !