Pendant hyper longtemps, je tombais trĂšs trĂšs facilement malade (grippe etc) et je ressentais Ă©normĂ©ment de culpabilitĂ© dĂšs que je tombais malade. Jâen avais dĂ©veloppĂ© une sorte de phobie. Il y avait pas vraiment de causes physiques apparentes, mais jâattrapais tout et nâimporte quoi. Et puis un jour jâai dĂ©cortiquĂ© tout ça. Et pendant une sĂ©ance en thĂ©rapie, je me suis rappelĂ©e dâune fois en Ă©tĂ© Ă la plage, jâĂ©tais petite, il avait fait trĂšs chaud toute la journĂ©e, et lâorage a commencĂ© Ă taper. Ca a rafraichi toute lâatmosphĂšre, et le soir mes parents voulaient quâon aille diner avec des amis. Je devais me prĂ©parer, mais aprĂšs la douche, je courais dans lâappartement comme un jeu pour que mes parents ne puissent pas me sĂ©cher les cheveux. Et au lieu de mâexpliquer que câĂ©tait important que je les sĂšche car il faisait plus froid que dâhabitude dehors, ils mâont dit âsi câest comme ça, tant pis pour toiâ. Nous sommes sortis, jâavais froid, jâai commencĂ© Ă avoir trĂšs mal Ă la tĂȘte, jâavais toujours autant froid, et mon pĂšre arrĂȘtait pas de rĂ©pĂ©ter que câĂ©tait bien fait. Et puis le lendemain jâavais une grosse grippe, et jâai du passer la fin de mes vacances dans ma chambre, et mes parents continuaient Ă me rĂ©pĂ©ter que si jâavais sĂ©chĂ© mes cheveux je serais pas tombĂ©e malade. Il y a eu beaucoup dâĂ©pisodes culpabilisant comme cela sur ma santĂ©, et la maltraitance passe aussi par la nĂ©gligence de la santĂ© dâun enfant. Il faut rajouter à ça quâun enfant autiste a trĂšs peu conscience de son corps et de ce quâil est censĂ© faire avec ou des consĂ©quences de lâextĂ©rieur sur son corps. Aujourdâhui, je tombe jamais malade (peut-ĂȘtre une fois par annĂ©e). Avant jâavais quasiment tous les mois quelque chose, mais mes parents ignoraient mes maux. Câest en dĂ©construisant cette nĂ©gligence et cette culpabilitĂ© que jâai aussi pu petit Ă petit guĂ©rir mon corps physique et mon systĂšme immunitaire Ă travers mon passĂ©, car tout est liĂ©.