Je viens de rentrer de Washington DC, alors j'ai plein de choses à vous dire. C'était notre dernier voyage organisé par le Rotary, avec les autres ES du District, venus, rappelons-le, de Tunisie, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Brésil et Japon. Une bonne clique.
Déjà, commençons par répondre à cette question que je me suis longuement posée : c'est quoi ce « DC » ? Déjà, c'est un moyen efficace de différencier Washington la capitale des USA, située sur la côte est, et Washington l'état, situé à l'extrême nord-ouest du pays. Donc pas du tout au même endroit. En fait, les lettres DC correspondent à « District of Columbia ». Pour pas faire de jaloux, Washington (la ville hein) n'appartient à aucun état, mais possède son propre « district » qui regroupe juste la ville et sa banlieue. Une zone neutre, en quelques sortes.
Cet mystère qui, je ne le doute pas, vous taraudait l'esprit étant levé, laissez-moi vous parler de touuuuut ce que j'ai fait en trois jours.
Nous sommes partis en avion à 9h de Boston, pour arriver à Baltimore (ville), Maryland (état) vers 10h. Pour des raisons logistiques, nous n'avons pas volé directement jusqu'à DC, mais loué des voitures à Baltimore. Le trajet, qui aurait du nous prendre une heure max, en a pris presque deux, à cause des bouchons. La floraison des cerisiers, le Cherry Blossom, est arrivée juste en même temps que nous, et comme des cerisiers en fleurs c'est joli, bah tout le monde a rappliqué à DC pour venir voir ça.
Cela nous a donc mis en retard pour notre visite du Capitol, qui est le Parlement des USA. Nous avions rendez-vous avec le bureau d'Elizabeth Warren, l'une des sénatrices du Massachusetts, pour que l'une de ses attachées nous fasse visiter. Et ouais, on est comme ça nous. Rose, l'attachée en question qui ne devait pas être bien plus vieille que moi, ne nous en a pas voulu pour le retard. Elle s'est même extasiée sur nos vestes du Rotary pleine de pins, de drapeaux et tout et tout.
Nous avons pris un mini-métro privé qui relie les bureaux des Sénateurs avec le Capitol, et nous avons commencé la visite, qui a duré trois bonnes heures. Pour résumé, le Capitol est rempli de statues de présidents ou de personnalités qui ont marqué l'histoire des USA. George (sans S y a qu'en français où on met des S partout) Washington est quasiment déifié, genre il est peint au centre de la coupole, entouré de 13 femmes qui représentent les 13 colonies d'origine, tel Jésus entouré de ses apôtres.
Après avoir visité l'ensemble du bâtiment, nous sommes allés au Sénat. Alors là ça rigole pas, faut pas parler ni rien. Faut quand même qu'ils s'entendent se disputer. Je m'attendais à un Sénat plein, avec les 100 sénateurs, mais non, la plupart n'étaient pas là.
Comme il s'est rien passé d'excitant pendant la demi-heure que nous avons passée au Sénat, je vais meubler un peu. Je vais vous expliquer comment marche le Parlement américain tiens, on va bien rigoler.
Comme en France, il y a deux parties : the Senate Sénat et The House of Representatives, ou the House, pour les intimes. Il a deux sénateurs par État, donc 100 en tout, élus pour six ans. Ils ont plein de pouvoirs cools, genre ils ratifient les lois tout ça, ils se marrent bien. Ah oui, et ils sont souvent vieux. Le chef du Sénat c'est Joe Biden, le vice-président des USA.
Il a 435 Representatives, élus pour 2 ans. Le nombre de Représentatives pour un État dépend directement de sa population. Plus un état est peuplé, plus il a de représentants. Par exemple la Californie a 53 représentants, et le Vermont, la Creuse des USA, seulement 1. C'est proportionnel quoi. Les Representatives, qui occupent un poste moins prestigieux que les Sénateurs, sont à l'origine de tous les projets de lois fédéraux (quand même).
Voilà, je constate que j'en sais plus sur le gouvernement américain que le gouvernement français, parce qu'on nous explique pas vraiment comment marche notre pays au lycée (Cher Monsieur Peillon, ah non pardon, Hamon, si vous me lisez, ce dont je ne doute pas, un quart d'heure d'éducation civique toutes les St Jamais n'est PAS suffisant pour comprendre le fonctionnement d'un pays).
Voilà, je pense avoir assez meublé. Nous sommes sortis du Capitol vers 4:30, pour nous rendre au Kennedy Center. Nous devions assister à un spectacle de danse urbaine. Hélas, les cerisiers en fleurs en ont décidé autrement. Le trafic était tellement dense que nous nous sommes directement dirigés vers le restaurant mexicain, que nous avons atteint, laborieusement, sur les coups de 6h, juste à temps pour notre réservation.
Nous nous sommes joyeusement goinfrés (Fajitas pour moi), avant d'aller à l'hôtel (Mariott, avec salle de muscu et piscine, et ouais l'ami) pour une nuit de sommeil bien méritée. Les cinq garçons, Lukas, Bart, Hermano, Masaya et moi, avons partagé une chambre, on était un peu serré mais on commence à avoir l'habitude avec tous les voyages qu'on a faits.
Le vendredi matin, Lukas, Bart et moi nous sommes levés à 6h30 pour profiter une petite heure de la salle de sport (au fait :se lever aux aurores pour faire du sport, jamais plus.), avant de rejoindre les autres pour un petit déjeuner monumental au resto de l'hôtel. Le personnel de service, d'origine sud-américaine, a pris notre groupe en affection, peut-être à cause de nos accents, aussi variés que les choix de fruits, viennoiseries, pancakes, confitures, omelettes ou muffins que nous avions. Je me suis empiffré une fois de plus, mais 0 culpabilité, je venais de faire du sport. Bim.
Nous avons pris le métro vers le centre de Washington, « le Mall », qui concentre le Capitol, les innombrables mémoriaux (gratuits!) et les musées (gratuits!) de la ville. Nous avons ouvert le feu avec le Musée d'Histoire Naturelle, qui m'a rappelé le Palais de la Découverte de Paris. Mais au lieu de toucher à toutes les sciences, celui-ci ne concernait « que » l'évolution de la Terre, de la vie et tout ça. On a pu toucher des gros insectes, genre des sauterelles grandes comme ma main, voir des représentations d'animaux préhistoriques. C'était très instructif.
Ensuite, vers midi, Betsy, notre responsable, nous a donné quartier libre jusqu'à 15h pour visiter les musées de notre choix dans le Mall, ou bien juste profiter du soleil. Lukas, Bart et moi avons visité la National Gallery of Art, pour retrouver des noms familiers, comme Rembrandt, Gauguin et tout ça.. Après une heure et demie dans le musée, qui était ma foi bien grand, nous sommes allés au centre du Mall, qui est en fait un grand parc avec d'un côté le Capitol, et de l'autre, le Washington Monument (un gigantesque obélisque).
Et là, grand moment. J'ai sorti une pancarte « Free Hugs » (câlins gratuits), préparée à l'avance, noué mon drapeau français autour du cou, tel une cape, et je me suis planté au milieu du parc. Après 10 minutes de solitude, et de rires pour Bart et Lukas qui me regardaient de loin, une famille canadienne s'est arrêtée pour récolter son lot de câlins. Et là, comme si les autres gens avaient attendu ce signal, ce fut l'affluence. Un groupe de collégiens est arrivé, et une grande partie d'entre eux, surtout des jeunes filles rougissantes aux rires suraigus, ont fait la queue pour recevoir eux aussi, l'accolade d'un parfait inconnu. Alors on ne s'enflamme pas, je n'ai pas inventé le concept, ça se fait beaucoup dans les grandes villes.
Après cette aventure, nous avons rejoint le reste du groupe pour nous diriger vers un autre resto, italien cette fois-ci. Mais nous n'avons pas trop mangé, car, à 18h, nous avions une visite guidée des différents mémoriaux du Mall... à vélo ! Malgré un petit peu de pluie, on a tous vraiment adoré. Le guide savait absolument tout sur les mémoriaux, que ce soit celui de Martin Luther King Jr, ou celui de Lincoln, ou celui de Roosevelt, ou celui de Jefferson, mais aussi sur ceux des Guerres mondiales, du Vietnam et de Corée (les Ricains adorent les monuments commémoratifs).
La balade a duré trois heures, qui sont passées à une vitesse folle. Le guide, habitué à des groupes de collégiens/lycéens blasés, d'après ses propres termes, a adoré donner le tour à des ES, parce qu'on a posé des milliers de questions. Nous sommes rentrés à l'hôtel à 22h, littéralement éreintés par cette énooooorme journée.
Pas de muscu samedi matin, faut pas abuser, on se serait JAMAIS levés à 6h30. On s'est quand même vengé sur le petit déj', parce qu'il fallait profiter. Nous avons commencé la journée avec le Spy Museum, le musée de l'espionnage. Malgré son thème alléchant, ce ne fut pas mon préféré. Nous avons appris des choses intéressantes sur des personnalités qui ont donné des infos ou bien trahi les US pendant les différentes guerres, et ensuite, nous avons participé à une animation où nous jouions le rôle d'espions (beurk).
Le musée nous ayant pris la matinée, nous avons pris un en-cas aux alentours de notre hôtel. Betsy, notre responsable, voulait nous emmener au Cimetière d'Arlington, le plus célèbre des USA, mais avait peur que nous soyons courts au niveau du temps. Notre avion devait décoller à 18h30 à Baltimore, et avec les bouchons, on était pas sûr-sûrs t'as vu. Mais, comme par magie, Besty a reçu un sms de la compagnie aérienne (Southwest) pour annoncer que notre vol était retardé à 19H30. Retenez bien. 19H30.
Alors, on s'est dirigé vers le cimetière d'Arlington, situé non loin du Mall. D'après ce que j'ai compris, c'est un cimetière militaire où reposent des soldats qui ont combattu pour les USA pendant toutes les guerres internationales, mais aussi la guerre de Sécession (appelée ici la Guerre Civile, ce qui, admettons-le, est nettement plus simple à dire). Tout y est beau, net, ordonné, avec des cerisiers en fleurs. La tombe du soldat inconnu est gardée 7j/7 24h/24, et toutes les demi-heures, une cérémonie de relève a lieu. Un sergent arrive avec un soldat, qui après une rapide parade, relaye le militaire en faction. La tombe de Kennedy se trouve également à Arlington, avec celle de sa femme et de sa fille.
Après deux petites heures passées au cimetière, nous avons pris la route de Baltimore. Entre les bouchons, et le retour des voitures de location, nous sommes arrivés à l'aéroport à 18h50. Mais là, STUPEUR. Les panneaux affichaient 19H10 pour le décollage de notre avion, pas 19H30. 20 petites minutes pour checker les bagages, passer la douane et trouver la porte. Alors on a couru. Et finalement, on était plutôt large, puisqu'on est arrivé à la porte d'embarquement juste quand elle s'est ouverte. Bien sûr, nous étions les derniers, et puisque c'était un vol court, nos places n'étaient pas attribuées. J'ai donc atterri (atterrir, avion, voilà voilà) à côté d'une jeune femme Afro-Américaine et de son fils, ou petit frère (la demoiselle avait entre 20 et 25, et le petit n'enfant pas plus de 2, alors j'en sais rien). On a tous entendu dire qu'avoir un bébé près de soi dans un avion, c'est un cauchemar. Et je peux comprendre le cheminement de pensée. Un bébé ça crie, ça chiale, ça bave, ça mange salement, et surtout, surtout, ça fait peut faire caca à tout moment. Le danger est imprévisible. J'étais donc anxieux. MAIS ! Un bébé c'est aussi extrêmement chou, et mon petit black baby c'était un champion pour être adorable. Pas un pleur, pas un cri. Il a passé le vol à enfourner ses doigts dans sa bouche, pour ensuite tripoter allègrement mon bras qui s'est bientôt retrouvé plein de bave. Je ne sais pas si le plus drôle était les excuses gênées de sa grande sœur ou jeune maman, ou bien les yeux émerveillés/étonnés/subjugués du petit garçon quand l'avion a décollé. Donc, à ceux qui redoutent les bébés en avion, donnez-leur leur chance, souriez-leurs et ils vous amuseront mieux que tous les jeux sur votre Iphone.
Nous sommes arrivés à Boston vers 9H30, et une mauvaise surprise nous attendait. Apparemment, les valises courent moins vite que les humains, si bien qu'elles avaient raté l'avion. Mais rien de dramatique puisqu'elle sont arrivées avec le prochain vol, seulement trois quarts d'heure plus tard (et en plus j'ai même pas attendu, je suis reparti direct à la maison avec Ellen, ma mère d'accueil, et Betsy, qui vit non loin, m'a apporté ma valoche dimanche matin. Tranquille).
Voilà, c'est tout pour Washington, et c'est déjà pas mal. Sinon, j'ai joué au tennis la semaine dernière, vous savez, contre le meilleur de ligue. J'ai dû rentrer en vélo, mais c'est pas grave, ça fait les mollets. Et puis l'équipe a gagné 4-1, c'est ce qui compte !
Les Kenyons m'emmènent Samedi prochain à New York City pour la journée. Ce sera la troisième fois cette année alors je suis un peu blasé... HA ! J'ai vu vos yeux s’agrandir. Je plaisante, bien sûr, j'ai hâte d'y retourner, ça va être énoooooooooooooorme. (DC et New York en moins d'une semaine, le mec verni tu sais.)
Bisous à tous, merci de me suivre sans vous lasser. D'autres articles sont à venir ! Du love ♥