La Mode illustrée, no. 20, 20 mai 1894, Paris. Toilette en crépon. Modèle de chez Mme Gradoz, rue de Provence, 67. Ville de Paris / Bibliothèque Forney

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La Mode illustrée, no. 20, 20 mai 1894, Paris. Toilette en crépon. Modèle de chez Mme Gradoz, rue de Provence, 67. Ville de Paris / Bibliothèque Forney
Entre-deux
L'entre-deux est mon domaine, loin des extrêmes qui m'effraient. Le radical me fait fuir, le monde est gris et les solutions rarement simples. Le milieu seul équilibre les plateaux.
Entre deux mondes, le subi et l'imaginé, en grand écart maladroit et précaire. La position est instable, parfois douloureuse, mais c'est la seule vivable.
Entre deux eaux, dans le tiède, le corps flottant entre trop et pas assez. Je méandre entre les rives binaires qui limitent et enferment.
Et toujours, toujours, entre deux moi.
(10/08/21)
Voix
Défi 30 jours pour écrire, sujet : Entre-deux/"Ce qui me manque le plus c'est la manière dont tu m'aimais"
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Elle est dans l'attente de son nouveau travail – ni embauchée, ni rejetée, un entre-deux qui la laisse perchée, hésitante, un pied en l'air, sans savoir où le poser. Parce que pour le moment, elle doit anticiper, elle. Planifier la suite, une direction ou une autre, un déménagement avec toute sa ribambelle de démarches, ou de nouvelles recherches d'emploi avec leurs heures interminables sur l'ordinateur. L'un et l'autre l'épuisent d'avance, on pourrait donc penser que c'est au final le plus reposant, cet entre-deux, ce ni-ni qui la sauve de pouvoir commencer quoi que ce soit. Et bien pas du tout. Ça la ronge, cet entre-deux. Ça la bouffe de stress au moment où elle aurait besoin de toutes ses forces. Ça lui martèle en permanence : "Tu n'aurais pas dû faire ça, tu n'as pas fait le bon choix, et maintenant regarde on t'ignore, tu voulais faire ta vie, être indépendante, tout ça pour qu'on te traite comme si tu n'existais pas."
On a tous des petites voix dans la tête, mais les siennes sont assez perfides. Méchantes, même. Toujours à ressasser, à appuyer là où ça fait mal. En temps normal, la routine suffit à les faire taire. Pas en ce moment. Les doutes, les regrets, les souvenirs un peu flous où on se demande si après tout, on n'aurait pas pu faire autrement, si ça n'aurait pas pu marcher, avec quelques efforts, quelques compromis, c'était peut-être un peu sa faute aussi…
Elle appelle son ex.
Très mauvaise idée, soit dit en passant. Echapper à ses voix internes pleines de reproches pour se raccrocher à une voix externe maître dans l'art du passif-agressif, ce n'est pas une bonne façon de prendre soin de soi. Mais il s'y connait en entretien d'embauche et elle se dit qu'elle pourra lui demander si c'est normal, ce long silence. Elle espère qu'il pourra la rassurer. Triomphe de l'espérance sur l'expérience, une fois de plus.
Ils parlent. Beaucoup. Au moins la question du travail est oubliée. Ils parlent du plein, un long voyage nostalgique au pays de leurs souvenirs communs. Il lui dit qu'elle lui manque. "Tu sais, ce qui me manque le plus c'est la manière dont tu m'aimais." Il a l'art de ce genre de formules. Une façon poétique de parler d'amour, toujours un peu inattendues, délicate, attentionnée. Qui dans sa bouche ne veut rien dire. Comment est-ce qu'elle l'aimait ? Comme elle pouvait, mais ce n'était jamais bon, à l'époque. Trop fort, pas assez, trop collante, trop distance, elle a entendu tout et son contraire.
Et elle, comment est-ce qu'il l'aimait ? Il lui donnait de la validation, parfois. De l'assurance, de la hargne, il l'armait contre le monde hostile. Puis elle le contrariait et il balayait tout ça d'une phrase, d'un mot, parfois d'un seul regard déçu avec long soupir. Elle bâtissait sous son regard approbateur, et elle bâtissait sur du sable.
A présent… non, elle n'est pas plus sûre d'elle, certainement pas. Un entre-deux l'affole, ce flou fait ressurgir le pire de ses angoisses. Mais elle avance. Elle bâtit, en prenant son temps, la peur au ventre souvent, mais c'est solide. Elle sait qu'elle peut s'appuyer dessus. Quoi qu'il arrive, elle a des options, des possibilités.
Il lui propose de prendre un café ensemble, un de ces jours. "Ne fait pas ça", lui souffle une voix intérieure. Ah, elle n'est pas hostile celle-là. On l'entend rarement, mais elle sait ce qu'elle fait et surtout ce qu'elle ne doit pas faire. La voix de l'expérience.
Elle lui demande des nouvelles de sa femme. Il répond "Oh, tu sais, les vieux couples… il n'y a plus la magie du début. Ce n'est pas comme nous. J'ai l'impression qu'on avait une alchimie, le genre de choses innée qui ne disparait jamais, tu vois ?"
Elle voit très bien.
Elle lui promet de rappeler pour le café et raccroche. Re-vérifie ses mails. S'allume une cigarette.
Une pause. Hors du temps. Pas de regard en arrière. Pas de regard en avant. Rien que le présent.
Elle peut le faire.
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Entre-Deux (2020) dir. Myriam Doumenq
“J'aurais pu tomber seule dans tes yeux fous, brûler l'instant par les deux bouts.
On aurait des plaisirs vulgaires et des amours imaginaires qu'on cacherait sous nos blousons.
Parce qu'on aurait peur de déplaire, ou seulement de tout foutre en l'air, d'embrasser nos vieux démons.
On n'éteindrait pas la lumière, on resterait les yeux ouverts, indécis on dirait non.
Et même si les autres accélèrent, on ralentirait solitaires. C'est comme ça, l'hésitation.
Quitte à finir six pieds sous terre, autant passer ma vie en l'air, laisser planer mes décisions.
Je préfère éviter l'imprévu fatal, vivre à l'horizontale, comme ça tu vois, j'offrirai mes allusions aux étoiles. ”
- L’Impératrice, Entre-deux (2018)
Photo : Toulouse, le Métronum.
Printemps 2018.
Éclectica.
Click for english trad:
A l'est du printemps
Les froides lampées de vent lavent les restes de l'hiver doucereux Saisis comme le bleu du ciel recolorié, nous avançons entre-deux
Tout est possible mais pas tout à fait encore ni plus jamais vraiment.
Le reflet est une image spectrale offerte le temps d'un instant et qui, aussitôt se dérobe. Il est un moyen de vérification et fait croire à la possibilité d'une identification alors qu'en réalité, il introduit toujours un écart au coeur de la ressemblance. Il fait voir le regardeur là où il n'est pas et le monde là où il n'existe pas. Il y a entre le réel et le reflet, un intervalle irréductible qui permet aux artistes de repenser l'espace d'une représentation approximative, hésitante, incertaine, en accord avec une pensée de l'entre-deux, faisant jouer les alternances et les ambiguïtés du visible et de l'invisible, de l'apparition et de la disparition, du réel et du virtuel
Lamy, D. (2011). Regards en l’oeuvre: Aperçu du rôle du miroir dans l’art contemporain. Dans E. Van Essche (dir.), Spéculations spéculaires. Le reflet du miroir dans l’image contemporain (p.77). Bruxelles, La Lettre volée.
Thanks to everybody who made this possible Hugo,Fran,Guillaume,Leo(le big chat),L 'Entre Deux,the Beard guy! And all the people present that day,even the dru...
Cinturon Negro visit Switzerland,and plays at L’Entre Deux,a full resume of his adventure in La Chaux-de-Fonds! pLAY!
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