Zéro déchet et minimalisme, mon bilan personnel
Depuis le début de ce blog, j’ai posté de manière disparate sur les évolutions que j’ai faites pour tendre un peu plus vers le zero waste ou zéro déchet. Que ce soit en terme d’habitudes quotidiennes ou de choix ponctuels, d’achats ou de gestes, mon cheminement vers une existence moins génératrice de déchets et plus simple commence à devenir réellement significatif. Il est donc temps de faire un petit point dessus, avec notamment mes difficultés, progrès, mais aussi petites (et grandes) fiertés. Je parlerai de tout ceci par thématiques, notamment les domaines dans lesquels j’ai le plus ressenti cette évolution.
Manger en extérieur : Certains changements durables sont très, très vite adoptés (je ne sors jamais sans ma gourde Qwetch que j’aime fort !). Par exemple, j’ai toujours un tote bag supplémentaire dans mon sac pour éviter une poche pastique bien cracra quand j’ai des emplettes imprévues à faire. Idem quand j’emporte mon déjeuner au travail ou que je vais pique niquer : couverts en bois (de récup), serviette en tissu et boîte en inox sont mes précieux alliés. Le plus compliqué à mon sens en extérieur, ce sont les habitudes de consommation bien ancrés et les choix des autres. Par exemple, il y a quelques jours j’ai participé à un pique-nique type auberge espagnole : sur une douzaine de personne, j’étais la seule à m’être amené une assiette, des couverts et un gobelet réutilisables…tous les autres ont utilisé des assiettes en carton, gobelets et couverts en plastique que quelqu’un avait ramenés. Et le plus choquant - pour moi - c’est qu’une personne s’était amené un verre à vin en verre, mais c’est tout, pas le reste, elle a utilisé les objets jetables et polluants. Je trouve parfois ce décalage entre mes considérations et celles des autres tout simplement effarant, mais ensuite je me rappelle que je faisais pareil avant, et que j’ai beaucoup avancé.
Produits d’hygiène : Du gâteau, du gâteau… un savon 100% naturel, bio et fabriqué en France, quelques noix de lavage, du gel d’aloe vera bio et HOP j’ai tout ce qu’il faut ou presque. Minimaliste on vous dit ! Pour l’aloe vera, j’en avais marre de racheter tout le temps des flacons en plastique, même s’ils sont recyclables contrairement aux tubes. Du coup, ma dernière trouvaille c’est de commander carrément une bouteille d’un litre, de la stocker au frigo et d’en transvaser dans un flacon plus petit. Comme ça, moins de plastique, moins de transport, plus d’écologie. Pour les dents, j’utilise majoritairement du savon de Marseille, acheté en vrac et mis dans un petit pot. Et comme je ne mets plus que très rarement du maquillage, ma routine se résume en gros aux points mentionnés ci-dessus. Mention spéciale aux noix de lavage pour se laver les cheveux : elles ne sont pas locales, mais à part leur sachet plastique d’emballage je les trouve vraiment super sur tout le reste. Utilisées depuis trois mois elles rendent mes cheveux juste magnifiques… et niveau minimalisme difficile de faire mieux : il suffit de les faire bouillir dans de l’eau pour préparer la décoction lavante ! Plus d’infos dans ce billet, avec marche à suivre et bilan. Quand je suis en vadrouille, j’emporte un de mes shampooings solides faits maison, que je n’utilise plus sinon car ils m’assèchent les cheveux à la longue mais qui utilisés ponctuellement passent très bien.
Vêtements : Un point sur lequel j’ai pas mal progressé en assez peu de temps. Bon déjà j’ai trié ma garde-robe, qui n’était pas immense mais contenait tout de même des habits que je ne mettais pas. Mis en vente sur Vinted et LeBonCoin ou bien donné à Emmaüs, ils feront peut-être le bonheur d’autres personnes. Pour les achats, je n’achète plus (sauf exception car je ne trouve pas) que du biologique et/ou écologique et/ou d’occasion. Exemples : cet hiver j’ai déniché sur Vinted deux pulls très chauds à moins de 20€ chacun ; je remplace tous vieux mes sous-vêtements en synthétique par de la fibre de pin (DoYouGreen) et du coton recyclé (culottes cousues par une amie à partir de tissu récupéré). Un bon plan pour acheter en coton bio sans se ruiner ? J’ai commandé dernièrement trois t-shirts basiques (pour compléter ma garde-minimaliste) sur le site d’un grossiste, ça m’est revenu à environ 8€ chacun, frais de port compris. Moins cher que pas cher ! Un dressing minimaliste et écologique c’est à mon sens synonyme d’économies, de retour à l’essentiel, et surtout cela encourage à porter ce qu’on aime et aimer ce qu’on porte.
Courses & cuisine : Vaste sujet. J’ai fait évoluer mes habitudes très progressivement, par petits gestes. Où en suis-je aujourd’hui ? J’achète beaucoup de vrac : fruits et légumes, oléagineux, farine, sucre, céréales,etc. Je prends quelques conserves (légumineuses) et le reste en pot en verre (purées d’oléagineux, à l’occasion une sauce toute prête). Je ne suis pas autant zéro déchet que je le voudrais, par exemple je fais parfois du lait végétal maison, d’avoine ou amande, mais le plus souvent j’en achète en brique en carton. C’est l’une de mes limites niveau motivation, tout comme cuire les pois chiches et haricots (la nuit de trempage puis la cuisson c’est long…). Sinon, je prépare quasiment tous mes repas à partir d’ingrédients bruts, je n’achète que très peu de choses toutes prêtes, pour privilégier le frais mais aussi les apports nutritionnels. La plupart de mes repas sont donc très simples mais frais. Je fais pas mal de plats one pot, car tout cuire en même temps permet d’assembler facilement des repas complets, mais aussi de gagner du temps. Je pratique aussi depuis quelques temps le meal prep, ou préparation des repas à l’avance : le week-end ou quand j’ai le temps, je fais cuire une grosse portion de céréale (riz semi-complet, sarrasin, pâtes) et de mélange de légumes, souvent au cuit-vapeur car on peut faire les deux en même temps avec peu d’eau. Cela me permet d’avoir une base de repas pour plusieurs jours, et de simplement varier les ajouts et sauces pour ne pas me lasser. Idem pour les gourmandises, je vais vers des recettes simples, nutritives et qui comblent mes envies sucrées, comme mes cruffes aux dattes & noisettes parfaites pour le goûter. Mon ustensile de cuisine préféré : un cuit-vapeur en acier inox avec deux paniers. En général je cuis des céréales dans l‘eau et de légumes dans les paniers vapeur, c’est du tout en un avec économie d’eau comparé à une cuisson à la casserole pour tous les aliments.
Les difficultés : Clairement, comme pour le fait de ne pas manger d’animaux (oui je cumule), c’est en extérieur que c’est compliqué. Refuser les pailles et poches plastiques c’est facile, mais éviter les emballages de produits neufs ou encore prévoir comment éviter les déchets non recyclables quand on mange à emporter n’est pas toujours évident. Je le sais et je pense pouvoir encore m’améliorer même si certains points me semblent insolubles. Par rapport aux courses, je suis frustrée que certains produits que j’aimerais prendre - genre boulettes végétariennes ou tofu rosso - soit noyés sous le plastique… de temps en temps je craque mais ça devient de plus en rare. Je me dis “tant pis, trop de plastique pour que ça en vaille le coup”. La difficulté qui n’est pas la plus grande mais qui reste la plus contrariante, ce sont les autres. Le regard des autres, forcément, compte pour moi, et quand les réflexions ironiques ou même désobligeantes se pointent je ressens un mélange de colère - parce que moi j’agis vraiment - et de déception devant le manque de maturité et surtout d’éveil des personnes concernées. Il me semble qu’on vit sur la même planète, avec les mêmes problèmes de pollution et de surconsommation, mais non apparemment être “écolo” ça en fait rire certains au lieu de leur donner honte de ne pas l’être eux-mêmes. Je trouve vraiment dommage de constater tant de manque d’implication voire de dédain chez certains.
Ce dont je suis fière : Tendre vers le minimalisme et un mode de vie zéro déchet, c’est avant tout prendre soin de moi. Physiquement, je privilégie une alimentation plus saine, et des soins du corps bruts et riches. Mentalement, je prends de bonnes habitudes, je me désencombre (physiquement aussi hein) et c’est un cercle vertueux. De plus, même si je suis parfois tiraillée, je trouve que j’arrive plutôt bien à définir mon point d’équilibre. De même, appliquer ces convictions à plein de domaines différents est très gratifiant : je fabrique même mon lave parebrise maison, avec de l’eau, du vinaigre blanc et du produit vaisselle ! Et surtout, je suis contente de parfois insuffler un peu d’inspiration aux gens que je croise, de leur donner des idées ou une impulsion pour être plus éco-respectueux(se).
Mes conseils : Savoir s’affirmer et faire passer ses convictions personnelles avant le regard des autres + savoir dire “NON” + progresser à son rythme propre + accepter d'avoir des limites, de faire compromis et exceptions.