Ah Lucien ! Je ne sais plus qui vous êtes.
Comment ais-je pu vous qualifier de doux, d'attentionné et pire, de chevaleresque ? Ces adjectifs qui avaient pourtant tant de sens à mes yeux... Vous êtes un merveilleux ingrat, et le plus inconscient de tous. Ne comprennez vous donc rien ? Comment pouvez vous être si innocent... Ah vous m'avez appelé et maintenant je pleurs. Mais que voulez vous ; ''Le coeur à ses raisons que la raison ne connaît point''.
Votre douceur me manque et je le regrette. Jamais je n'aurais dû effleurer votre peau, croiser votre regard, je m'en porterais bien. Vous me rendez faible et j'ai cru aimer cela. Votre présence me fait sentir petite, inoffensive, et vous êtes le seul qui n'ai jamais eu tel effet sur moi. Vous me procuriez un aspect de protection fort chaleureux, vous étiez digne d'un grand frère, mais puis-je encore vous considérez comme tel si vous ne me comprennez plus ? Vous ne m'avez, d'ailleurs peut-être, jamais comprise.
Tantôt vous êtes la meilleure personne au monde, vous me manifestez une considération importante, vous me faites croire en vous, en la pureté de votre coeur, en votre douceur à travers votre regard. Vous parecez avoir alors les vertues du plus fervent des chevaliers et avez l'air d'avoir pour moi de l'intérêt et un amour sincère, à tel point que l'envie me prenne de vous écrire le mien.
Tantôt vous êtes tout autre, le contraire même, celui que vous me montrez aujourd'hui. Un homme inconscient, brutal, violent, et qui pense pouvoir profiter de ce qu'il a séduit plus tôt. Et vous jouer les Don Juan ! Cherchez vous à me faire souffrir ou êtes-vous aveugle ? Plus les jours passent et plus les donzelles qui vous entourent sont nombreuses. Elles portent vos vestes, vous touchent les cheveux ; ces jolies boucles que moi seule effleurais autrefois, à l'issue de quelques feuilles piquées dedans dans le seul but de vous voir les en extraire en soufflant, ensuite. Vous les prennez même dans vos bras ; privilège que je n'ai jamais eu. Et pourtant j'ai toujours cru qu'il n'allait pas avec votre personne d'avoir ce genre de comportements ! Mais finalement que sais-je de votre personne ? Vous êtes bien surprenant et pas comme il est bon de l'être, cette part de vous m'écoeure un peu.
Je m'oblige encore à croire que vous êtes inconscient, que vous ne vous rendez pas compte de ce qui se trame autour de vous, c'est préférable pour l'estime que j'ai (eu) pour vous et pour ma propre conscience. Si ce n'est vraiment le cas, sachez que je ne serais pas seule à souffrir.
Voyez comme j'ai l'air faible à craindre de perdre l'attention que vous me portiez. Mais que valent mes précédents mots pour vous ? Qu'y avez vous compris ? Car je crois que vous vous méprenez sur le sens de beaucoup de choses.
Vous avez encore l'entière possession de mon âme et de mes désirs, et je m'en veux que ce soit le cas.
Une enfant, qui en plus d'être perdue avec elle-même, l'est avec vous
- 17/06/2017 - dans ma chambre